Exercice commentaire composé Tle A4

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Je n’ai pas attendu longtemps ! Moubarak, au mépris de cette tradition qui veut que le jeune marié se fasse reconduire chez lui par ses amis très tard dans la nuit, quand toute la maisonnée dort, et qu’il soit le plus discret possible, ne tarde pas à rejoindre la chambre, laissant les autres festoyer devant la cour, assis sur des tapis, sirotant thé et café, bavardant bruyamment. 
Les femmes, qui m’ont accompagnée dorment dans mon appartement, construit, en même temps que celui de Moubarak à l’angle droit de la concession. Une odeur de peinture fraîche imprègne les lieux, masquant tant bien que mal un relent de bouse de vaches car, avant qu’oncle Moussa décide d’y bâtir quatre appartements en prévision de deux mariages, dont le mien, l’endroit a longtemps servi de parc à bétail. On a simplement déversé du sable provenant du cours d’eau voisin pour disperser l’odeur et rendre l’espace propre à la construction.
Dès qu’il entre dans la chambre, sans même un regard vers moi, Moubarak met de la musique. Assise sur le tapis, dans le coin le plus obscur, je me recroqueville le plus possible. Ma crise de larmes m’a fatiguée et complètement abattue. Je sens ma gorge, étranglée par l’angoisse.
« Tiens, tiens ! Voilà ma cousine et épouse chérie ! Tu viens ? On va consommer le mariage vite fait. Je t’avais bien dit que cette journée arriverait rapidement.
— S’il te plaît…
— Arrête tes niaiseries et déshabille-toi vite ! Je déteste les femmes pudiques. »
Au comble de la terreur, je sais que rien ne se passe normalement. Moubarak n’a pas seulement bu. Il a aussi avalé des comprimés de Tramadol associés à du Viagra. Un cocktail qui lui est familier, comme chez beaucoup de jeunes ici. On en trouve à tous les coins de rue, aussi bien chez l’épicier du quartier que chez les vendeurs ambulants. Les soirs de noces, les hommes n’hésitent pas à avaler des drogues pour se revigorer, s’assurer une certaine endurance et une virilité à la mesure de leur ardeur requinquée.
      Djaïli Amadou Amal, Munyal, les larmes de la patience, « Hindou », Chapitre 2, 2017. 
 
Sans dissocier le fond de la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. En vous appuyant sur l’énonciation, le texte narratif, les champs lexicaux, la modalité injonctive et les figures de style, entre autres, vous pourrez montrer comment s’exprime le contraste entre Hindou et son époux Moubarak.

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