Anicet Ekane : la mort naturelle ?
Anicet Ekane, président du parti d’opposition camerounais MANIDEM, est décédé le 1ᵉʳ décembre 2025 alors qu’il était en détention au Secrétariat d’État à la Défense à Yaoundé.
Trois mois après le décès, le ministère de la Défense camerounais a publié un communiqué affirmant qu’une autopsie médico-légale avait été réalisée par une équipe de spécialistes et complétée par des examens au Centre Universitaire Romand de Médecine Légale en Suisse.
Selon ce rapport, il n’y aurait aucune lésion traumatique et la mort serait attribuée à de graves pathologies aggravées par des antécédents médicaux, ce qui, d’après les autorités, conclut à une mort naturelle.
Sur la base de ces conclusions, les autorités ont ordonné la levée des scellés et restitué la dépouille à la famille.
La famille d’Anicet Ekane a formellement rejeté ces conclusions. Elle affirme que l’autopsie a été menée de façon unilatérale, sans son accord ni la présence de médecins légistes choisis par elle ou ses représentants légaux.
Dès les premières phases de l’affaire, la famille et des avocats ont exprimé leur opposition à cette procédure, dénonçant une autopsie « forcée » et non contradictoire, ce qui, selon eux, viole ses droits et remet en question la transparence de la démarche.
Le gouvernement a affirmé que des organismes internationaux auraient corroboré le rapport médico-légal, mais aucun exemplaire de ces rapports externes n’a été rendu public à la famille ou à l’opinion. Cette absence de transparence alimente les soupçons et incombe à l’État la nécessité d’une plus grande lisibilité.
Plusieurs éléments expliquent pourquoi le motif de mort naturelle soulève des doutes. La mort est survenue en détention, dans un contexte politique tendu après une élection présidentielle contestée. En plus, la famille dénonce la confiscation du corps pendant des semaines, ce qui a empêché une autopsie indépendante immédiate. Les proches enfin soulignent que le défunt souffrait de maladies chroniques, mais que son traitement et son transfert dans un établissement adapté avaient été refusés.





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