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Contexte de naissance de la Ligue Associative Africaine 

L'Afrique noire ne souffre pas d’un manque de richesses. Elle souffre d’un système politique imposé de l’extérieur. Après les indépendances formelles, notre continent n’a pas accédé à la souveraineté réelle. Il a basculé dans le néocolonialisme, avec des régimes politiques fabriqués, soutenus ou contrôlés par des puissances étrangères. Ces régimes ne gouvernent pas pour les peuples africains, mais pour des intérêts extérieurs. Ils gèrent la dépendance, organisent la pauvreté et répriment toute contestation profonde. Le résultat est visible partout : chômage massif, absence d’industrialisation, pillage des ressources, misère sociale. Face à cette impasse, beaucoup d' Africains fuient. Ils traversent le désert, la Méditerranée, l’Atlantique. Ils meurent par milliers pour chercher ailleurs ce que leur propre continent devrait leur offrir : du travail, de la dignité, un avenir.

Cette tragédie n’est pas une fatalité. Elle est la conséquence directe de la division politique de l’Afrique. C’est pourquoi le panafricanisme n’est pas une nostalgie, mais une urgence historique.

Pourquoi la Ligue Associative Africaine ?

La Ligue Associative Africaine (LAA) est née de cette lucidité. Elle est créée en février 2013 à Maroua, au Cameroun, par de jeunes étudiants africains convaincus que l’unité africaine est la condition de la survie et de la dignité des peuples noirs. Le mouvement est officiellement lancé en 2015 à Dschang, marquant son passage à une organisation panafricaniste structurée et assumée.

Dès le départ, la LAA fait un constat simple mais fondamental : le panafricanisme a échoué parce qu’il a été confisqué par les élites et coupé des masses populaires. Sans peuple formé, conscient et organisé, il n’y a pas de libération possible. 

Un panafricanisme de construction, pas de slogans

La Ligue Associative Africaine refuse le panafricanisme émotionnel et instantané. Elle défend un panafricanisme :

-politique, orienté vers la prise réelle du pouvoir ;

-économique, fondé sur l’autonomie productive ;

-intellectuel, structuré par la théorie et l’analyse ;

-populaire, enraciné dans les masses.

Son action repose sur trois piliers :

1- Former le peuple africain

À travers les études panafricaines, la production d’articles, la vulgarisation des grands ouvrages, la LAA travaille à élever le niveau de conscience politique et historique du peuple africain. 

2- Construire une base économique africaine

Avec la SOPAGRI (Société Panafricaine d’Agriculture), la Ligue pose les bases d’une autonomie économique, convaincue qu’il n’y a pas de liberté sans production.

3- Organiser la conquête politique

La stratégie est claire : créer des partis panafricanistes dans chaque pays africain, capables de conquérir le pouvoir et de s’allier pour construire progressivement un État africain uni. À ce jour, la LAA dispose d’un parti politique : la LIMARA (Ligue des Masses pour la Renaissance Africaine), un parti politique camerounais.

Un bilan militant réel

En douze ans d’existence, malgré des moyens financiers extrêmement limités, la Ligue Associative Africaine a à son actif :

-plus d’une dizaine de conférences publiques ;

-des centaines d’articles politiques et intellectuels ;

-une dizaine de résumés de grands ouvrages sur l’Afrique et le monde ;

-des dizaines d’interventions télévisées et radiophoniques ;

-un site intellectuel panafricaniste ;

-un journal militant ;

-une présence active sur les réseaux sociaux. Ce travail n’est pas spectaculaire. Il est patient, profond et structurant.

Une direction intellectuelle claire

Depuis sa création, la Ligue Associative Africaine est dirigée par Yemele Fometio, jeune intellectuel africain, engagé dans le combat panafricaniste. Il incarne une génération qui refuse la soumission politique, le panafricanisme folklorique, la colère sans stratégie. Sous sa direction, la LAA assume une ligne claire : former, organiser, construire.

Notre message

Les Africains ne doivent pas fuir leur continent. Ils doivent le reprendre. Le panafricanisme n’est pas un rêve abstrait. Il est la seule réponse cohérente au néocolonialisme, à la migration forcée, à l’humiliation collective. La Ligue Associative Africaine travaille à faire du panafricanisme une force politique réelle, capable de transformer la colère en organisation et l’espoir en pouvoir. L’Afrique ne sera libre que lorsqu’elle sera unie.

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