Correction d'exercices, les sciences humaines peuvent-elles prétendre à l'objectivité?
Les sciences humaines peuvent-elles prétendre à l’objectivité ?
Vous ferez une dissertation philosophique dont les grandes lignes reposent sur les articulations suivantes : Une introduction, un développement et une conclusion.
I- Travail préliminaire
1- Définition des mots clés
- Science : Connaissance des lois qui régissent les phénomènes naturels.
- Sciences humaines : Ce sont les sciences qui ont pour objet d'étude l'homme
- Objectivité : Ce qui est conforme à la réalité, sans un jugement personnel. Ce qui est vrai
2- Reformulation du sujet : (Reformuler le sujet n’est pas remplacer les mots du sujet par les mots que vous avez définis. Reformuler le sujet c’est dire le sujet en vos propres termes. Autrement dit, si votre petit frère ou votre petite sœur vient vous demander ce que veut dire le sujet, que lui répondrez-vous ? C’est cela reformuler le sujet. C’est en quelque sorte donner le synonyme du sujet.)
Reformulation de notre sujet : Peut-on faire confiance aux résultats des sciences humaines ? Les sciences humaines sont-elles crédibles ? Les sciences humaines peuvent-elles atteindre la vérité ?
3- Le problème philosophique. (Après avoir reformulé le sujet, vous trouvez le problème. Le sujet n’est qu’un prétexte pour découvrir un problème philosophique et le traiter. Le problème est la question centrale du sujet. Autrement dit, c’est de quoi parle le sujet. Si je dis que: « Sali est le meilleur footballeur du monde » (mon point de vue), et que mon ami dise que Sali est un apprenti footballeur (son point de vue), tous les deux nous répondons à un problème, et ce problème c’est la performance de Sali. En disant qu’il est le meilleur, j’affirme qu’il est performant. Et quand mon ami affirme qu’il est apprenti, il estime que Sali n’est pas performant. Le problème se donne de manière déclarative. Il ne se donne pas sous forme de question.)
Problème philosophique de notre sujet. La valeur des sciences humaines, ou l’objectivité des sciences humaines.
4- Le plan global du sujet. Ici, l’élève trouve les parties du devoir. Il s’agit des réponses possibles au problème. En cas d’un sujet citation, la première partie est la thèse. C’est le point de vue de l’auteur par rapport au problème. On la résume en une petite phrase. En cas d’un sujet question, il est conseillé de commencer par un point de vue négatif, c’est-à-dire un point de vue qui répond négativement au problème. Mais ceci n’est pas important. L’élève peut commencer par n’importe quelle partie. Ici, il s’agit surtout de trouver la thèse, l’antithèse et la synthèse.
- La thèse de notre sujet : Les sciences humaines sont objectives
- L’antithèse. Ce sont les limites de la thèse. Vous devez montrer que d’autres personnes n’ont pas pensé de la même manière que l’auteur. C’est la position contraire à celle de l’auteur.
Antithèse de notre sujet : Les sciences humaines sont subjectives
- La synthèse. Il s’agit de montrer que la thèse et l’antithèse ne sont pas aussi opposées que cela laisse paraitre, et qu’il peut avoir un lien ou une complémentarité entre elles. Je prends un exemple. A la rentrée, papa a dit qu’on allume plus la télévision. Maman a dit que c’est plutôt le moment de laisser la télévision allumée pour cultiver les enfants. Les deux points de vue sont opposés. La synthèse est qu’on peut allumer la télévision mais réduire les heures de visionnage. A la synthèse, on peut plutôt d’explorer d’autres manières de résoudre le problème à part la thèse et l’antithèse. Si vous n’arrivez pas à faire un lien entre la thèse et l’antithèse, tentez aussi de solutionner le côté négatif. Autrement, que faut-il pour solutionner le côté négatif (thèse ou antithèse). En faisant cela on trouve facilement la synthèse. Rappelez-vous que la thèse, l’antithèse et la synthèse sont les réponses possibles au problème philosophique.
Synthèse de notre sujet : Refonder les sciences humaines
N.B. : Pour les sujets qui mettent en relation deux termes, ne traitez pas un terme, puis un second. Dans une première partie, il est sage de montrer les points de ressemblance entre les deux termes. Dans une seconde partie, montrez les points de divergence et dans une troisième partie.
5- La problématique : ensemble de questions qui tournent autour du problème pour mieux l’éclairer. Il est préférable de transformer les parties du plan en questions. En faisant la problématique, vous n’annoncez plus le plan. D’ailleurs, on n’annonce pas le plan lors d’une dissertation philosophique. La problématique annonce déjà le plan de votre devoir. Il y a plusieurs manières de faire la problématique. La première méthode consiste à faire deux questions. La première annonçant la thèse et l’antithèse, et la seconde annonçant la synthèse. La seconde méthode est de faire que chaque partie corresponde à une question. Certains enseignants n’aiment pas cette méthode. Mais elle est plus facile.
Problématique de notre devoir.
Si nous admettons que les sciences humaines sont objectives, ne peuvent-elles pas aussi s'avérer subjectives? Comment refonder les sciences humaines ?
6- Plan détaillé
Thèse : Les sciences humaines sont objectives
Argument: elles reposent sur une méthode
Citation. Marcien Towa: « La philosophie ne commence qu'avec la décision de soumettre l'héritage philosophique et culturel à une critique sans complaisance »
Antithèse : Les sciences humaines sont subjectives
Argument : Le chercheur et son objet d'étude sont de même nature.
Citation : Alain Delcaux : « L’objectivité de l’historien n’existe pas.»
Synthèse : Refonder les sciences sociales
Argument : En les rendant expérimentales
Citation. John Locke : « L'expérience : c'est là le fondement de toutes nos connaissances
II- La rédaction du devoir proprement dit
Il est conseillé de rédiger l’introduction et la conclusion au brouillon avant de les mettre au propre. Pour le développement, l’élève peut aller directement s’il le souhaite. En allant au brouillon il peut être confronté au problème de temps et ne pas pouvoir relire son devoir à la fin.
1- L’introduction
Il s’agit de présenter le problème philosophique que soulève le sujet en soulevant quelques interrogations (les réponses à ces interrogations vont faire l’objet du développement). L’introduction comporte 3 principales parties :
- Amener le sujet. Il s’agit de présenter le sujet dans un contexte philosophique. On peut le faire de plusieurs manières : généralités (partir du général pour aboutir au sujet), contraste (partir d’une idée contraire à celle développée par le sujet), définition (en définissant la ou les notion(s) clé du sujet), par analogie (partir d’une idée similaire à celle défendue par le sujet pour aboutir au sujet). La méthode la plus conseillée en philosophie est de le faire par contraste. Cela témoigne une grande culture philosophique de l’élève. A défaut de le faire par contraste, il est conseillé de le faire par similitude pour la même raison que la première. C’est si on ne peut pas le faire par contraste et opposition qu’on peut le faire par définition. Certains enseignants n’apprécient pas l’amène du sujet par définition des mots clés.
Introduction de notre sujet :
Michel Foucault écrit : « Les sciences humaines d'aujourd'hui sont plus que du domaine du savoir : déjà des pratiques, déjà des institutions ». Foucault ici montre que les sciences humaines en plus d'établir des vérités scientifiques, les appliquent également. Elles interviennent aussi dans les administrations politiques. Claude Bernard ne partage pas cet enthousiasme de Foucault et pense que le seul critère de la science est l'expérience, or les sciences humaines ne sont pas expérimentales. Elles ne peuvent donc pas établir une vérité scientifique. Parlant de l'homme, il écrit : « Il comprit que pour arriver à la vérité, il doit au contraire étudier les lois naturelles et soumettre ses idées sinon sa raison à l'expérience ». Cette contradiction d'idées soulève le problème de la valeur des sciences humaines. Si nous admettons que les sciences humaines sont objectives, ne peuvent-elles pas aussi s'avérer subjectives? Comment refonder les sciences humaines ?
N.B. Quand vous donnez une citation, expliquez-la en une petite phrase pour la rendre compréhensible, et pour montrer comment elle va avec le sujet. En cas de sujet citation, la citation de l’auteur vient toujours en deuxième position. Autrement dit, on n’ouvre pas la dissertation par la citation de l’auteur du sujet.
2- Le développement
Comme vous le savez déjà, elle a trois parties : la thèse, l’antithèse et la synthèse. Il y a plusieurs manières de rédiger une partie. Nous vous conseillons de faire une petite introduction partielle où vous précisez l’idée à défendre et l’argument utilisée pour défendre cette idée. Vous allez à la ligne vous développez l’idée et vous soutenez par une citation ou un exemple. Votre devoir doit avoir au moins trois citations. Toute votre dissertation est notée sur 9 points. Donc un seul argument est suffisant. Après une partie, vous devez rédiger la transition pour passer à l’autre partie. La transition résume une partie et annonce une autre partie. Des enseignants vous diront de finir une partie, aller à la ligne, rédiger la transition et sauter une ligne pour rédiger la partie suivante. Nous vous conseillons de sauter deux lignes pour passer de l’introduction au développement et du développement à la conclusion. Au développement quand vous finissez la thèse, sautez une ligne pour faire la transition, et puis sauter une autre ligne pour commencer l’antithèse. Faites pareil pour aller à la synthèse. Ceci est dans le but d’aérer votre copie et ne pas laisser le correcteur chercher seul les parties.
Développement de notre devoir
Les sciences humaines sont objectives puisqu'elles reposent sur une méthode et ont un objet.
En fait, deux éléments fondamentaux caractérisent la science. Il s'agit d'un objet et d'une méthode. Les sciences humaines pour arriver à la vérité utilisent la méthode quantitative ou qualitative. Elles mettent un accent particulier sur la critique et la confrontation avec les autres penseurs, ce qui leur permet d'avoir des résultats crédibles. La critique retire toutes les marques de subjectivité et permet aux sciences humaines d'être objectives. Marcien Towa fait d'ailleurs de la critique le fondement même de la philosophie. Il écrit : « La philosophie ne commence qu'avec la décision de soumettre l'héritage philosophique et culturel à une critique sans complaisance ».
Grâce à leurs méthodes, les sciences humaines peuvent donc être objectives. Mais ne peuvent-elles pas être aussi subjectives?
Les sciences humaines sont subjectives parce-que le chercheur et son objet d'étude sont de même nature.
En fait, l'objet d'étude des sciences humaines est l'homme. Or le chercheur est aussi un homme. Il met toujours son point de vue personnel dans ses recherches. En étudiant son semblable, il s'étudie lui-même. L'historien qui étudie une guerre où son pays ou sa religion a été impliqué a tendance à vanter les mérites des siens et à minimiser les succès des autres pays. Il ne peut pas faire un détachement total, ce qui rend les résultats des sciences humaines subjectives. Alain Delcaux précise d'ailleurs : « L'objectivité de l'historien n'existe pas ».
Nous avons vu que les sciences humaines peuvent être en même temps subjectives et objectives. Comment les refonder pour garantir leur objectivité ?
Nous pouvons refonder les sciences humaines en les rendant expérimentales.
En effet, la méthode expérimentale est une méthode qui part des hypothèses pour aboutir aux conclusions en passant par l'expérience. Cette méthode est applicable en sciences humaines. En prenant les faits humains comme des choses comme nous le suggère Émile Durkheim, on peut mieux les expérimenter. Car si on se situe dans la logique de John Locke, une vérité qui n'est pas passée par l'expérience n'en est pas une. Il écrit : « L'expérience : c'est là le fondement de toutes les connaissances ».
3- La conclusion
Elle a quatre parties : Rappel du problème, bilan, ouverture de débat et votre position par rapport au débat. Mais la plupart de vos enseignants vous conseillent de faire trois parties, puisque en voulant ouvrir le débat vous remettez en cause tout le travail que vous avez fait. On va donc considérer une conclusion en trois parties. Au bilan, il est préférable de rappeler les trois parties du devoir, chaque partie avec son argument. Rappelez-vous qu’un enseignant peut lire juste votre introduction et votre conclusion et bien vous noter. A l’introduction vous lui dites ce que vous voulez faire dans la problématique. A la conclusion, vous lui rappelez ce que vous devez faire et comment vous avez fait.
Conclusion de notre devoir
En conclusion, notre devoir était centré sur la valeur des sciences humaines. Nous avons vu dans une première partie que les sciences humaines sont objectives car elles reposent sur une méthode. Dans une seconde partie, nous avons vu que les sciences humaines sont aussi subjectives à cause du fait que le chercheur et son objet d'étude sont de même nature. Cette contradiction d'idées nous a amené à envisager en troisième partie de refonder les sciences humaines en les rendant expérimentales. Nous pensons en définitive que l'objectivité des sciences humaines est garantie par sa méthode.
III- Le devoir sans les explications
Michel Foucault écrit : « Les sciences humaines d'aujourd'hui sont plus que du domaine du savoir : déjà des pratiques, déjà des institutions ». Foucault ici montre que les sciences humaines en plus d'établir des vérités scientifiques, les appliquent également. Elles interviennent aussi dans les administrations politiques. Claude Bernard ne partage pas cet enthousiasme de Foucault et pense que le seul critère de la science est l'expérience, or les sciences humaines ne sont pas expérimentales. Elles ne peuvent donc pas établir une vérité scientifique. Parlant de l'homme, il écrit : « Il comprit que pour arriver à la vérité, il doit au contraire étudier les lois naturelles et soumettre ses idées sinon sa raison à l'expérience ». Cette contradiction d'idées soulève le problème de la valeur des sciences humaines. Si nous admettons que les sciences humaines sont objectives, ne peuvent-elles pas aussi s'avérer subjectives? Comment refonder les sciences humaines ?
Les sciences humaines sont objectives puisqu'elles reposent sur une méthode et ont un objet.
En fait, deux éléments fondamentaux caractérisent la science. Il s'agit d'un objet et d'une méthode. Les sciences humaines pour arriver à la vérité utilisent la méthode quantitative ou qualitative. Elles mettent un accent particulier sur la critique et la confrontation avec les autres penseurs, ce qui leur permet d'avoir des résultats crédibles. La critique retire toutes les marques de subjectivité et permet aux sciences humaines d'être objectives. Marcien Towa fait d'ailleurs de la critique le fondement même de la philosophie. Il écrit : « La philosophie ne commence qu'avec la décision de soumettre l'héritage philosophique et culturel à une critique sans complaisance ».
Grâce à leurs méthodes, les sciences humaines peuvent donc être objectives. Mais ne peuvent-elles pas être aussi subjectives?
Les sciences humaines sont subjectives parce-que le chercheur et son objet d'étude sont de même nature.
En fait, l'objet d'étude des sciences humaines est l'homme. Or le chercheur est aussi un homme. Il met toujours son point de vue personnel dans ses recherches. En étudiant son semblable, il s'étudie lui-même. L'historien qui étudie une guerre où son pays ou sa religion a été impliqué a tendance à vanter les mérites des siens et à minimiser les succès des autres pays. Il ne peut pas faire un détachement total, ce qui rend les résultats des sciences humaines subjectives. Alain Delcaux précise d'ailleurs : « L'objectivité de l'historien n'existe pas ».
Nous avons vu que les sciences humaines peuvent être en même temps subjectives et objectives. Comment les refonder pour garantir leur objectivité ?
Nous pouvons refonder les sciences humaines en les rendant expérimentales.
En effet, la méthode expérimentale est une méthode qui part des hypothèses pour aboutir aux conclusions en passant par l'expérience. Cette méthode est applicable en sciences humaines. En prenant les faits humains comme des choses comme nous le suggère Émile Durkheim, on peut mieux les expérimenter. Car si on se situe dans la logique de John Locke, une vérité qui n'est pas passée par l'expérience n'en est pas une. Il écrit : « L'expérience : c'est là le fondement de toutes les connaissances».
En conclusion, notre devoir était centré sur la valeur des sciences humaines. Nous avons vu dans une première partie que les sciences humaines sont objectives car elles reposent sur une méthode. Dans une seconde partie, nous avons vu que les sciences humaines sont aussi subjectives à cause du fait que le chercheur et son objet d'étude sont de même nature. Cette contradiction d'idées nous a amené à envisager en troisième partie de refonder les sciences humaines en les rendant expérimentales. Nous pensons en définitive que l'objectivité des sciences humaines est garantie par sa méthode.


