La vision économico-sociale de la Ligue Associative Africaine

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Dans un excellent article rédigé sur la nécessité de la Révolution camerounaise, notre camarade Djoumene Mopi Kemet précisait que si la pauvreté est l’élément qui nourrit le déclenchement de la Révolution, cette pauvreté ne peut se maintenir pendant et après la Révolution. Quand un peuple est confronté aux problèmes graves de son existence comme le peuple africain actuel, il a deux options : soit se résigner et mourir, soit avec courage et abnégation, affronter ses dangers et les vaincre. Cette seconde option est liée à une seule chose : la capacité des militants à réveiller le peuple, à susciter auprès de lui l'espoir et à le mettre en mouvement. C'est le travail le plus difficile de la Révolution. Si le militant politique européen, asiatique et américain profite des victoires passées de son peuple pour le remettre facilement en mouvement, les victoires africaines récentes sont rares et sa gloire passée est inconnue de son peuple.

Le peuple africain manque de repères, de victoire pour relancer la lutte. Partout sur le continent, la même logique règne : « Pourquoi lutter si c’est pour échouer comme les autres ? » Le militant révolutionnaire européen peut facilement présenter à son peuple les victoires de l'Europe de l'Est et le rappeler à l'action. Pareil pour le militant asiatique (Chine, Corée, Vietnam…. et le militant latino-américain (Venezuela, Cuba, Bolivie, Nicaragua …) Le peuple africain sort d’une très  longue période d’oppression : 400 ans de razzias négrières suivi d’un siècle de colonisation plus d’un demi-siècle de néo-colonialisme. Tout ceci ne laisse pas indifféremment la conscience d'un peuple. Doublé de la trahison des dirigeants africains tant au pouvoir que dans l’opposition. Quand il se lève pour chasser un tyran, il se rend compte que celui qui arrive n’est pas très différent de son prédécesseur. Le peuple africain refuse de se battre et il faut le comprendre. En même temps il faut le réveiller et l'amener à se battre si l'on ne veut courir le risque de le voir tout simplement disparaître. Le révolutionnaire africain doit se battre pour détruire tous les préjugés que son peuple s’est construit pour fuir l'action, parmi lesquelles la religion. Devant le découragement général, le peuple africain s'est enfui dans la religion où il prie des jours durant, attendant le messie qui viendrait lutter à sa place et le libérer. Il s'est tellement agrippé à la religion que peut-être c'est avec cela qu'il faille l'appeler à l'action comme le font actuellement les militants latino-américain avec la théologie de la Libération. Mais cette logique ne produira pas de grands résultats pour plusieurs raisons que nous développerons dans le document « Le cahier du révolutionnaire panafricain ».

En plus de ce travail titanesque qu'il doit abattre pour réveiller son peuple, le révolutionnaire africain ne se bat pas contre des régimes démocratiques qui respectent les droits de l’homme ou la liberté politique. Il se bat contre des dictatures pilotées de l'extérieur. Ces dictatures restreignent au maximum son action. A la moindre action politique, il peut être arrêté, emprisonné sans jugement ou même éliminé tout simplement. Le militant révolutionnaire africain est un sacrifié au sens simple du terme. Au Cameroun de Paul Biya par exemple, certains partis d’opposition sont interdits de tenir des meetings politiques. Même ceux à qui on autorise les meetings politiques ne doivent pas toucher des questions qui mettent en mal le régime. Certains partis n’ont pas de statut légal leur permettant de mener leurs activités politiques. Notre parti politique la LIMARA (Ligue des Masses pour la Renaissance Africaine) entre à sa troisième d’année d’existence sans son récépissé qui devait s’obtenir en trois mois après le dépôt des dossiers de législation. Au Cameroun, rares sont les marches pacifiques de l’opposition qui ne s'achèvent pas par des arrestations.

Dans ce contexte difficile, le militant doit pouvoir travailler. Il doit montrer au peuple découragé muselé,  privé de leaders, qu'il y a un espoir et qu'ensemble on peut façonner une grande nation. Le régime l'empêche de communiquer avec le peuple par la voie légale est normale, il doit adopter la voix illégale pour communiquer avec le peuple qui constitue la seule force de la Révolution. Il doit découvrir et inventer des stratégies nouvelles pour réussir le combat qu’il mène. Il doit lui-même se réinventer.  Avec tous ces problèmes, le révolutionnaire africain n'est pas au bout de ses peines. Il doit affronter chaque jour les divisions au sein de son peuple : rapatriement des ressortissants de tel pays dans un autre,  pillage des biens des ressortissants de tel pays dans un autre, avivement de la haine noir-arabe. Dans son pays, il doit affronter le tribalisme. Comment organiser des gens qui s'affrontent ? Le révolutionnaire africain doit répondre à cette question. Il doit affronter chaque jour les discriminations faites aux Africains dans d’autres continents. Il n'a pas le choix, il doit théoriser un plan  global de lutte intégrant tous ces éléments. Et sa situation financière ?

Sur ce point la difficulté est criarde. Dans l’article « Panafricanistes questions de stratégie ! », j’insiste déjà sur le manque de soutien des entrepreneurs africains à la lutte politique de leurs pays. Ils préfèrent construire des églises et des mosquées. Le mouvement révolutionnaire rompant avec la logique capitaliste néocoloniale,  le militant ne peut donc pas attendre un soutien des grandes structures de soutien international. Dans l’article « Le préalable : libérer le peuple africain de l’extrême misère », je reprécisais les conditions de vie de la plupart des militants révolutionnaires africains. Le militant révolutionnaire est presque toujours l'étudiant issu d'une famille particulièrement pauvre. Il peine pour se nourrir et payer son loyer et sa scolarité. Il doit en plus intégrer le parti qui lui demande de puiser dans ses ressources déjà insignifiantes ou tout simplement inexistante pour construire un grand mouvement. Dans le cadre de la LIMARA au Cameroun, il doit assister à l'école des cadres du Parti trois fois par semaine, parfois à une très longue distance de son lieu de résidence. Il doit payer ses fournitures pour l'école des cadres, ses cotisations dans le parti, organiser des meetings... La difficulté se ravive quand il se fait arrêter par la police dans l’exercice de ses activités. La famille lui rappelle de rester tranquille et de quitter le parti pour construire sa vie. Dans la misère qui règne sur le continent, il est la plupart du temps l'espoir de toute une famille. On compte sur lui pour payer la scolarité de ses frères et ses neveux, payer son concours et celui de ses frères (dans presque tous les pays africains, les concours se vendent. Le mérite ne sert à rien). La famille lui fait pression de se marier et fonder une famille. On convoque des réunions de famille pour le conseiller de quitter la politique et se concentrer sur sa petite vie. On l’amène voir le pasteur, le marabout ou l’imam qui le délivrent du démon de la politique. C'est ce qui justifie le vide politique actuel du continent. La plupart des partis politiques ont juste quelques militants.

 Il faut donc concevoir un plan global pour remédier à ces problèmes qu’affrontent les révolutionnaires et militants africains. Cette solution concerne les partis politiques et organisations membres de la Ligue associative africaine, ainsi qu’à ses sympathisants. Nous avons opté pour la lutte conjointe politique-économique-sociale. Il s'agit de mener des actions politiques en créant des activités économiques capables de lever le niveau de vie des militants et de supporter financièrement les charges des mouvements membres de la Ligue associative africaine. Devant les difficultés sus-évoquées, certaines organisations et partis politiques ont préféré suspendre leurs activités, chercher des moyens financiers et relancer le combat ensuite. Cette logique qui nous été fortement conseillée est suicidaire. Ces organisations  ne trouvent pas assez de moyens financiers pour lancer la lutte politique après des années, voir des décennies.  Le pays et le continent ne s’arrêtent pas pour les attendre. Des événements se multiplient et modifient la scène politique. Quand ils reviennent, ils doivent tout recommencer, tout réapprendre. Au cas où ils trouvent les moyens, les militants ne sont plus prêts pour une politique ou ont déjà été enrôlés dans d'autres partis politiques. A leur retour, ils doivent relancer la lutte. Il leur faut imposer leurs idées qui sont une nouveauté pour le peuple. Il faut beaucoup d'années pour que le peuple leur fasse confiance au bout desquelles les moyens financiers qu’ils ont mis du temps pour chercher peuvent finir et le Parti s'arrête une fois de plus. Le fonctionnement d'un parti coûte énormément cher.

Dans l’introduction du programme de l’école des cadres de la LIMARA, nous précisions que le parti politique est l’embryon de la nation. Elle est la nation en devenir. Elle est la nation à un niveau réduit. Les difficultés que nous y rencontrons se retrouveront au niveau national. Si nous ne sommes pas capables de les surmonter dans le parti, ce n’est pas à la prise de pouvoir que nous le ferons. Notre logique est simple. Pour tout progrès, il faut un important capital issue d’une accumulation primitive. Les pays capitalistes ont accumulé ce capital en réduisant les noirs en esclavage et tirant profit de la gratuité de leur main d’œuvre. Les pays socialistes quant à eux ont utilisé le patriotisme pour appeler le peuple au travail. Ils ont assuré les besoins vitaux du peuple (éducation gratuite, santé gratuite, éducation gratuite…) Ces services étaient assurées par les entreprises d’Etat. Donc l’argent ne se perdait pas. En offrant ces services au peuple, ils réduisaient son salaire. Dans cette logique, le peuple est content et l’Etat peut accumuler facilement le capital nécessaire à son développement. Ce point est mieux explicité dans notre article « comment allons-nous construire la Fusion Africaine » et dans le mémorandum sur le projet de société de la LIMARA. C’est cette logique que nous utilisons dans la vision économico-sociale de la Ligue Associative Africaine.  

Notre logique consiste à créer nous-mêmes les moyens de fonctionnement de nos organisations et les moyens d’existence de nos militants révolutionnaires. Il s’agit de créer des entreprises appartenant conjointement aux membres et à la Ligue Associative Africaine ou ses organisations. Ces entreprises sont organisées en coopératives. Chaque membre ou sympathisant paie des actions dans une des coopératives et reçoit un bénéfice au prorata de son investissement. Les membres et sympathisants qui n’ont pas de moyens financiers le paient par le travail. Plusieurs coopératives sont déjà en fonctionnement. Les membres et sympathisants désireux d’investir peuvent appeler le numéro à la fin de ce document pour payer leurs parts. Notre logique excelle sur plusieurs points.

Nos partis politiques et organisations sont fondés sur des idées que nous luttons pour faire triompher. Ceux qui y viennent ne sont pas intéressés par les moyens financiers plus qu'au début ces moyens n’existent pas. Les partis grandissent donc de manière sûre en fonction de l'évolution des moyens économiques. Le rythme peut ne pas être rapide, mais il est soutenu et chaque pas avancé ne peut plus facilement reculer.

La solidarité sans faille se renforce entre les membres des partis politiques et organisations qui ne sont plus seulement liés par les idées et les objectifs communs, mais aussi moyens d'existence. Les membres sont plus méticuleux dans le choix des dirigeants puisqu’un mauvais choix n'affecte pas seulement le combat politique qu’ils mènent ensemble, mais aussi leurs moyens d'existence.

La Ligue Associative Africaine et ses organisations ont les moyens nécessaires pour non seulement mener le combat pour la révolution africaine, mais aussi offrir à leurs militants des moyens de vivre dignement, puisqu’un pourcentage des bénéfices revient à la Ligue Associative Africaine et ses organisations.

Notre logique nous évite la mendicité, de vivre des subventions des organisations internationales.

Elle nous permet d’employer nos membres et leur permettre de vivre dignement et de mieux mener le combat. Une parfaite coordination des coopérative assurent les besoins vitaux des membres qui constituent déjà un excellent marché. La société panafricaine de stylisme et modélisme offre une quantité définie de vêtements aux membres par an en fonction de son implication dans les activités de la ligue et ses organisations. Tous ses autres achats en vêtements sont faits à la société panafricaine de stylisme et modélisme. La société panafricaine d'agriculture assure aux membres la nourriture pour leur existence en fonction du nombre de personnes dans la famille du membre. La société panafricaine d'éducation et de la science, par ses écoles, collège, universités forment gratuitement les familles des membres de la Ligue Associative Africaine et de ses organisations alliées. La société panafricaine de chaussures chausse les membres. La société panafricaine de BTP construit un standard défini de logements pour loger les membres. Bref nous assurons à nos membres les moyens d’existence nécessaire. En retour, ils travaillent en recevant de bas salaires. Une quantité de moyens est définie pour les étudiants.

Ces mesures ne touchent pas les bénéfices des investisseurs non membres puisque la Ligue Associative Africaine échange les services qu’elle offre à ses membres par la baisse de leur salaire et des actions de promotion. Ils sont les consommateurs exclusifs de nos produits, et une erreur peut leur faire perdre leurs avantages. Au contraire les bénéfices augmentent.

La structuration de la Ligue Associative Africaine à travers le continent ouvre une infinité de marchés pour nos produits, puisque les membres deviennent les marketistes et distributeurs de nos produits.

Notre force est de posséder plusieurs entreprises, des plus faciles à créer aux plus difficiles. Les  investissements commencent à 10 euros et 5000 Frs CFA et vont à plusieurs centaines de millions en fonction de vos ressources. Nous sommes l’organisation du présent et du futur. Ne trainez plus. Investissez !

En cas d'arrestation de membres ou de problèmes juridiques, le cabinet d'avocat panafricain les assiste dans la procédure et les protège.