L’impérialisme étasunien sans limites : du Venezuela au Groenland, l’hégémonie en crise
L’impérialisme n’est pas une abstraction : c’est la forme moderne du capitalisme monopoliste, qui pousse les États-Unis à étendre leur domination politique, économique et militaire partout où les intérêts du grand capital sont en jeu. Aujourd’hui, alors que le capitalisme mondial s’enfonce dans la crise, cette logique impérialiste se manifeste avec une brutalité accrue, allant du bombardement du Venezuela à la relance agressive des ambitions sur le Groenland.
Vers l’intervention violente au Venezuela
Les États-Unis ont récemment mené une opération militaire au Venezuela qui s’est traduite par l’arrestation du président Nicolás Maduro. Cette intervention spectaculaire n’est pas un acte isolé : elle s’inscrit dans une longue tradition d’ingérences étasuniennes en Amérique latine, visant à assurer le contrôle des ressources énergétiques et à écraser les gouvernements qui osent résister à l’hégémonie de Washington. Cette offensive s’accompagne d’un discours qui prétend vouloir « rétablir la démocratie » et « protéger les intérêts nationaux », mais l’opération sert avant tout la stratégie des monopoles états-uniens qui convoitent les pétroles vénézuéliens.
Le Groenland : un autre théâtre de rapacité impérialiste
À peine la poussière retombe-t-elle sur ce théâtre vénézuélien que les projecteurs se tournent vers l’Arctique. Le président étasunien Donald Trump a répété son intention de faire du Groenland un territoire associé aux États-Unis, jusqu’à évoquer ouvertement l’idée que cette acquisition devait intervenir « par des voies pacifiques ou autrement ».
Ce territoire, relique d’une époque coloniale et actuellement autonome mais rattaché au Danemark, possède d’immenses ressources naturelles encore inexploitées (pétrole, gaz, terres rares, minerais stratégiques) ainsi qu’une position géostratégique majeure dans l’Arctique. Comme toujours dans l’histoire de l’impérialisme, l’argument de la « défense nationale » sert à masquer des intérêts économiques et géopolitiques réels. Cette rhétorique a même suscité la condamnation d’alliés européens, du Danemark à la Suède, qui dénoncent l’idée qu’un membre de l’OTAN puisse être menacé par un autre, car le Groenland est un membre de l' OTAN.
De telles déclarations rappellent les épisodes historiques où les grandes puissances, sans vergogne, revendiquaient des territoires au nom de la sécurité ou du « progrès » (pensons à la doctrine Monroe ou aux diverses acquisitions coloniales). Si le Groenland venait à être annexé unilatéralement, ce serait une violation flagrante du droit international et une éclatante démonstration du fait qu’aucune institution bourgeoise (pas même l’OTAN) ne peut contenir les appétits du capital financier américain lorsqu’il est en crise.
L’Union européenne hésite — malgré les critiques
Face à ces provocations, l’Union européenne exprime une condamnation verbale, mais reste sans stratégie autonome véritable. Certains gouvernements insistent sur la souveraineté du Groenland et sur le respect du droit international, mais ces déclarations restent essentiellement symboliques tant que l’UE ne dispose pas d’une force diplomatique et militaire indépendante des États-Unis.
Cette hésitation n’est pas surprenante : les classes dirigeantes européennes sont elles-mêmes intégrées à un ordre impérialiste global, partageant des intérêts économiques étroits avec Washington, même lorsqu’elles critiquent les méthodes. Dans les moments de crise, ces contradictions internes deviennent flagrantes : l’Europe occidentale refuse d’affronter réellement l’hégémon étasunien et réserve ses réactions à des protestations timides et des engagements symboliques.
L’Afrique doit comprendre sa condition de classe mondiale
Dans ce monde de rivalités impérialistes, il est illusoire de croire que des puissances impérialistes antagonistes protégeront les libertés ou les souverainetés des peuples périphériques. Tous les grands États industriels, qu’ils soient américains, européens, russes ou chinois poursuivent la même logique : sécuriser des ressources, étendre des marchés, et concentrer davantage de pouvoir entre les mains de leurs élites capitalistes.
Pour les peuples d’Afrique, qui subissent déjà des décennies de pillage néocolonial et d’ingérence, cette évidence est fondamentale : la liberté ne sera pas garantie par d’autres puissances impérialistes. La communauté internationale est un leurre. C'est cette communauté internationale qui agresse et condamne des libertés. L’histoire nous montre que ces puissances se devorent entre elles, absorbant ou exploitant les axes faibles pour renforcer les axes forts.
Face à l’impérialisme : renforcer une avant-garde consciente
Seule une avant-garde politique consciente, organisée et déterminée peut préparer les peuples africains à défendre leurs droits, leurs ressources et leurs libertés. Cela implique un renforcement des structures continentales, telle que la Ligue Associative Africaine, portée par une stratégie claire d’émancipation, d’unité et de résistance populaire. C’est par une telle organisation que les masses pourront être instruites, élevées politiquement, et préparées non seulement à défendre leurs territoires mais à construire une alternative au capitalisme impérialiste.
Dans la lutte contre l’impérialisme, il ne s’agit pas d’attendre un sauveur extérieur, mais de forger une force indépendante, internationaliste et anti-impérialiste, qui place les intérêts des peuples au-dessus de ceux des classes dominantes mondiales.