Le Cameroun s’enfonce-t-il dans les travers du tribalisme ?

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Lorsqu’au 16ème siècle Willy Lynch démontrait aux autres esclavagistes sa théorie sur l’exploitation des différences entre les esclaves pour dominer ceux-ci, il était loin de croire que des noirs utiliseraient cela 5 siècles après lui, plus d’un siècle après que leurs frère aient mis fin à l’esclavage et 50 ans après les « indépendances ». 

Au moment où on parle de plus en plus de panafricanisme, de méritocratie et d’unité nationale, d’où vient-il que les méthodes coloniales soient encore appliquées avec une acuité qui laisse pantois tout observateur de bonne foi ? Il ne se passe plus une année depuis 2009 sans qu’un recensement des personnels de l’Etat soit annoncé et fait. Il revient toujours des rubriques du genre : ethnie, tribu, coutume, religion. On se demande bien souvent à quoi servent ces informations ? Aussi stupide pourrait paraître cette question, mais le degré de stupidité dépendra de l’adresse et de la sérénité avec lesquelles un haut commis de l’Etat répondrait à cette question sur les antennes de télévision. En effet, voilà des choses qui tombent sur la tête de chaque citoyen qui vient au monde. Personne n’a jamais choisi sa tribu ou son ethnie, deux notions relevant du pur et dur colonialisme. A quoi servent les coutumes et la religion dans un pays laïc ?

L’autre forme de néocolonialisme dont notre pays est en passe d’avoir tout un brevet, c’est celui qui consiste à exiger des agents de l’Etat leur région d’origine, département d’origine  et arrondissement d’origine. C’est ce qui se passe actuellement avec le fichier solde de l’Etat établi par région et par département ministériel. Qui a besoin de connaître les origines des agents de l’Etat ? Et pourquoi faire ? Pour mener à bien la fameuse politique ‘’d’équilibre régional’’ peut-être. Ah, oui. Quelle belle thérapie ! La « verbalothérapie » consiste à résoudre les problèmes qui se posent en utilisant des mots justes pour les évoquer sans agir. Y a-t-il pire somnifert  que de parler d’équilibre régional à un jeune compatriote en quête d’emploi ? Ou bien à un parent dont les enfants sont tous en chômage ? Si depuis 1960 il y a dans notre pays des tribus qui étaient en avance et que l’on prétendait aider les autres à les rattraper par l’équilibre régional, mais qui ont toujours besoin de soutien jusqu’à nos jours, c’est la preuve par neuf que cette politique est boiteuse. Il est vrai qu’il s’agit en fait de freiner certains auxquels on colle un stéréotype : très forts en ceci, très bons en cela. La politique de division instituée par le gouvernement camerounais n’a pour rôle que de diviser les camerounais pour se maintenir au pouvoir. C’est la politique coloniale du « Diviser pour mieux régner ». Là tout revient dans l’ordre.