Le principe de l’écho-inverse : une grille infaillible de lecture de l’actualité africaine
Aux Universités d’Action Sociale, le président d’Action Sociale Africaine Charles Sielenou insistait encore sur ce principe. Il est infaillible dans le combat que la LIMARA et la Ligue Associative Africaine ont engagé pour une Cameroun et une Afrique forts, prospères et respectés dans le monde. Pour mieux comprendre ce principe, il faudra revoir la situation de l'Afrique qui est un continent dominé par les impérialistes occidentaux. Ces impérialistes se battent pour maintenir l'Afrique sous leur dépendance. Ils freinent au maximum toute initiative de réveil du continent. Ils infiltrent et contrôlent toute organisation qui peut contester leur autorité (partis politiques, syndicats, associations, industries, entreprises...) Ils choisissent minutieusement les dirigeants du continent et s’assurent de leur loyauté. Par ce fait, ils contrôlent nos ressources du sol et du sous-sol et les use à leur volonté. Par l'éducation et le cinéma, ils contrôlent notre système de pensée et s'assurent que nous pensions exactement comme ils veulent. Par la misère, ils contraignent toute notre pensée à se concentrer sur la survie et de ne pas pouvoir penser globalement la société. Ne dit-on pas souvent que c’est le ventre qui porte la tête. Sous le chômage, la famine, la misère, toute notre pensée est concentrée à la résolution des problèmes immédiats de survie. Nous ne pouvons pas penser grand et planifier notre société sur 50 ans ou un siècle. Nous sommes condamnés à vivre au jour le jour. Par la religion, l’occident impérialiste s’assure de notre calme. Nous promettant une vie meilleure au paradis, les religions messianiques (christianisme et islam) nous empêchent de contester l’ordre néocolonial établi. Notre peuple s’endort dans l’attente d’une vie meilleure qui les attend au paradis s’ils font exactement ce que les impérialistes lui demandent de faire. En condamnant le meurtre sous toutes ses formes, ces religions nous empêchent d'utiliser la force nécessaire pour notre libération et nous condamnent au statuquo. Mais malgré ces mesures, il y a des leaders africains qui s’avèrent incontrôlables et échappent au contrôle. Ces leaders sont rares et, malgré leur rareté, ils sont capables et parviennent souvent à lever leur peuple pour contester l’asservissement étranger. En politique, le peuple est l’élément essentiel. Il est le début et la fin de la politique. Puisque les leaders africains tentent de réveiller leur peuple pour contester l’oppression étrangère, c’est au sein de ce peuple que l’impérialisme va aussi organiser son combat.
Priver le leader africain de son peuple c’est le condamner au suicide, et le remettre au pas. L’impérialisme commence par la religion. Les subventions étrangères aux églises augmentent au pays. Les églises se restructurent et multiplient des messages de paix pour briser la combativité du peuple et isoler le leader et ses camarades, ou bien lui offrir un peuple morbide qui ne peut pas se battre. Si cela réussit, le leader soit se range et accepte de servir l’étranger dominateur, soit décide de lutter et est rapidement tué ou renversé. Dans quelques années, le peuple lui fera des commémorations et organisera des conférences en son nom. Si les messages de paix échouent et que le peuple apporte son soutien au leader, l’église passe à une vitesse supérieure. Elle prend position contre les communistes athées ou les terroristes et appelle les fidèles à ne pas le suivre. En 1955, dans le combat que la France coloniale menait contre le peuple camerounais sous l’égide de l'Union des Population du Cameroun (UPC), la lettre épiscopale a été lue dans toutes les églises catholiques du pays, mettant en garde les fidèles contre les communistes athées de l’UPC. L’église dans un territoire dominé est le prolongement de la domination et son fondement. Nous avons rédigé plusieurs articles sur le rôle de l’église dans le processus de domination, à lire dans le site web www.ligueaa.org. En même temps que l'Église agit, le processus de division se déclenche. L’impérialisme renforce les divisions sociales. Elle dresse les tribus entre elles pour empêcher au leader progressiste ou révolutionnaire de constituer un front national. Les anciens conflits ethniques sont réveillés. On contraint le leader à son groupe ethnique pour l’isoler et l’étouffer. Si le tribalisme échoue, on divise la société selon la géographie. On oppose un grand Nord à un grand Sud sur des bases qui n’existent pas. Et si cela échoue, le conflit des religions est utilisé. Généralement, le christianisme est opposé à l’Islam. Et pour couronner tout, les médias prennent position. Les médias constituent d'ailleurs la raison d'être de cet article. Les leaders progressistes et révolutionnaires africains n’ont pas souvent les moyens de mettre sur pied des grandes chaînes de télévision comme France 24, TV5 monde, CNN ou BBC, ni de mettre sur pied des grandes chaînes de radio diffusion comme Radio France Internationale. L’audience de ces chaines est assez large. Les africains sont informés presque exclusivement par ces medias sur leur propre actualité. Ces chaines sont au service de l’impérialisme. Plus de 95% des médias africains font juste le copier-coller des informations de ces chaines. Autrement dit, ce sont les chaînes qui informent les africains sur leur actualité. Puisqu’elles ne sont pas là pour le progrès de l'Afrique, elles condamnent énergiquement les leaders progressistes et révolutionnaires africains, et font l'apologie de ceux qui sont contre le continent, ou plus simplement ceux qui trahissent l’Afrique. Dans la crise ivoirienne qui opposait le progressiste Laurent Gbagbo à leur homme de main Alassane Ouattara, Gbagbo a été présenté dans ces médias comme le mal, le jusqu'au-boutiste, tandis que Ouattara bénéficiait du qualificatif de « président ». Pareil pour la crise libyenne entre le gouvernement de la Jamayihira arabe libyenne et les rebelles du Conseil National de la Transition sous leur contrôle. Le Révolutionnaire Mouammar Al Kadhafi a été présenté comme le dictateur, tandis que les terroristes du CNT étaient vantés et glorifiés. Devant l’incapacité militaire du CNT à vaincre le gouvernement révolutionnaire, les impérialistes de l’OTAN eux-mêmes ont engagé une guerre coloniale contre le révolutionnaire Mouammar Al Kadhafi. Tous les leaders progressistes et révolutionnaires africains, que ce soit Modibo Keïta, Patrice Lumumba, Thomas Sankara… ont été présentés par ces chaines comme des diables en personne, tandis que les traitres du continent comme Léopold Sédar Senghor, Houphouët-Boigny, Ahmadou Ahidjo étaient présentés comme des héros, des visionnaires. Le même système se matérialise dans la pensée. Ceux qui publient pour épouser la philosophie et la pensée européenne sont glorifiés, tandis que ceux qui écrivent vraiment pour la grandeur de l’Afrique sont ignorés par ces médias. Ceci va jusqu’aux prix. Presque tous les Africains ayant reçu des grands prix internationaux occidentaux sont ceux qui, soient ont écrit pour critiquer un pan de la culture africaine, soit ont écrit pour épouser la pensée et la philosophie occidentale. En dehors de ce cadre de soumission, il est presqu’impossible pour un africain d’avoir un prix international décerné par un pays occidental ou un groupe de pays occidentaux. Le système d’écho-inverse permet aux Africains d'avoir des informations vraies, ou le plus proche de la réalité par les médias impérialistes, en attendant que la chaine de télévision continentale Puissante Afrique TV ne commence à diffuser.
L’écho-inverse consiste à prendre pour vrai le contraire de ce que disent les chaines occidentales. Si elles font l’apologie d’un leader ou d’un penseur africain, alors ce leader ou penseur est un traitre pour le continent. Il sert plutôt leurs intérêts. Mais si ces médias critiquent, diabolisent et s’opposent à un leader ou penseur africain, le peuple africain doit accorder toute sa confiance à ce leader ou penseur. Il défend les intérêts du continent et empêche aux impérialistes occidentaux de piller les ressources du continent. Ce leader refuse qu’on nous condamne à la misère. Il se bat pour nous. Ce principe est infaillible.
L’exception est faite des organisations terroristes comme Boko Haram, Al-Qaïda au Maghreb islamique que les impérialistes créent eux-mêmes pour contrôler militairement les pays africains et assoir leur autorité. Ils sont parfois obligés de critiquer eux-mêmes ces organisations pour faire bonne impression. Mais la critique n’est pas souvent très rude. Toujours est-il, le principe de l'écho inverse est la voie royale et incontournable pour connaître la vraie information à base des médias impérialistes.

