Le rapport de force et comment le mettre à notre avantage
Dans le cours sur la conscience de soi, la conscience nationale et la conscience africaine, nous avons précisé que tout dans la vie est rapport de force. Toute rencontre de conscience est un choc de consciences. Deux consciences qui se rencontrent pour la première fois cherchent à s'affronter. Il y a une phase de mesure des forces, que ce soit par le regard, le ton de parole ou la salutation. Par le regard, une personne cherche à dominer l'autre. L'autre soit cède, soit répond. Parfois pour éviter ce conflit, les deux évitent de faire croiser leurs regards. Au cas où les regards se croisent, celui qui fait fuir son regard cède au rapport de force de son adversaire. Par le ton, l’un cherche à marquer sa supériorité sur l'autre. Si les jeunes se musclent sans cesse et portent souvent des vêtements qui montrent leurs muscles, c'est pour mettre le rapport de force de leur côté et mieux intimider les autres. Ce rapport de force est plus accentué chez les enfants et se manifeste généralement pas l'affrontement physique et plus précisément les luttes. Le but est le même que dans la guerre : soumettre l'autre et profiter de sa position de supériorité pour le voler ses ressources. A l'école primaire, l'enfant qui parvient à opprimer son camarade arrache sa nourriture et lui exige le silence. Ceci se passe souvent jusqu'à ce que le faible, par un geste héroïque, exige son respect. Parfois il frappe son bourreau avec l’ardoise et ce dernier pleure. Ce geste héroïque impose son respect en classe. Parfois le faible se plaint à l'administration ou chez son grand frère et le bourreau est châtié. Cette intervention équilibre le rapport des forces.
Au secondaire, une révolution s'impose sur les rapports de force. Il n'est plus seulement physique, mais matériel et intellectuel. Les plus intelligents sont respectés parce qu'on peut avoir besoin d’eux lors des évaluations. Les plus nantis matériellement sont aussi très respectés parce qu'on pourrait avoir besoin d’eux à la pause. Les enfants des enseignants sont très respectés. Une telle logique existait au primaire, mais elle prend tout son sens au secondaire.
Pour mettre sur le rapport de force de leur côté, ceux qui se sentent soit s’unisse, soit se mettent sous la garde d’un plus fort pour avoir leur protection. Mais la protection a aussi un prix, et ils doivent payer. Que ce prix soit directement demandé ou pas, il existe et doit être payé par le faible. Parfois les faibles profitent de cette protection du fort pour opprimer les autres faibles comme eux et voler leurs ressources. Dans une dictature profitant de la protection de l'armée sous le contrôle du dictateur à qui ils font allégeance, certains fonctionnaires et soldats violent, volent, oppriment le peuple parce que la force est de leur côté. Le rapport de force revient toujours à se demander de quel côté est la force et comment la mettre de notre côté. Dans force nous mettons influence. Il s’agit de savoir les jeux d'influence. Qui a la force ? Qui influence qui ? Pourquoi ? Comment ?
Dans les familles souvent, le rapport de force revient au plus riches. Ils influencent toute la famille et c’est à eux qu'on donne généralement la dernière parole. Dans une situation de survie et d'extrême misère comme celle du Cameroun actuellement, ils peuvent donner du travail à quelques membres de la famille, acheter des cahiers. Les enfants de la famille se bousculent pour aller en congés chez eux. La force est de leur côté et ils influencent la famille. Il y a toujours des rebelles qui ne servent pas à ce rapport de force, qui résistent. Ils dénoncent l'influence de l'influence des riches. Les riches dans cette situation sont comme le gouvernement. Soit ils composent avec les résistants, soit par orgueil de leur richesse et du rapport de force que cette richesse confère, ils cherchent à isoler ceux qui les résistent ou les combat ouvertement.
Au niveau des Nations, le même processus se joue au niveau des forces politiques. Au Cameroun par exemple, celui qui a le rapport de force c'est la France. Elle exerce sa force à travers le gouvernement de Paul Biya qui a institué l'une des plus grandes et cyniques dictature de l'histoire de l'humanité. La France a la force au Cameroun. Plusieurs forces politiques ont préféré joindre sa machine infernale mise sur pied au Cameroun pour former le G20 avec le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), le parti au pouvoir. Il s’agit des 20 partis politiques ayant rejoint le RDPC lors des élections présidentielles de 2018. Le gouvernement de Paul Biya exerce sa force à travers la répression de toutes les manifestations populaires, la restriction des droits des Camerounais, les arrestations arbitraires, les brimades, le Parlement qu'il contrôle, la justice qui contrôle, la chaîne nationale qu'il contrôle, l'éducation… il est tout-puissant. La France est donc toute puissante au Cameroun.
En face de cette force, il y a des partis qui contestent cette toute puissance et souhaite jouer au Cameroun le rôle que joue le RDPC : le MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun), le SDF (Social Democratic Front), le CPP (Cameroon People’s Party)…Presque tous les party politiques au Cameroun sont dans ce groupe. Ils contestent le rapport de force gouvernemental, sa manière de gérer le pays, sans indexer son tuteur qui est la France. Presque tous appellent même la France pour les mettre au pouvoir. Et s’il n’ ya pas encore de transition au Cameroun depuis, c’est parce que la Frtance n’épprouve pas encore le besoin de changer un gouvernement qui lui donne tout. Ce groupe a le rapport de force dans l’opposition. Il dispose de deux partis qui ont exercé la primauté dans l’opposition : le SDF et le MRC. Ils secouent le plus le régime en place. Au cas où la transition se fait actuellement et que le pouvoir bascule à l’opposition, ils sont les mieux placés présentement pour l’exercer. Dans ce cas le Cameroun demeurera une néo colonie française.
Il y a un troisième camp, le nôtre. Nous contestons en même temps le rapport de force de la France au Cameroun et celui du gouvernement qu’il a mis en place. Nous savons que changer le gouvernement et le remplacer par un autre ne remet pas en question le rapport de force de la France. Il faut un gouvernement qui soit autonome, qui ne soit aux ordres d’aucune puissance étrangère, et qui soit capable de réorganiser le pays et le hisser au sommet des grandes puissances mondiales. Blâmés, humiliés, nous luttons sans relâche depuis des décennies pour cela. Notre parti la LIMARA est venu redynamiser notre groupe. Nous sommes les upécistes. Nous continuons le combat commencé il y a longtemps par nos héros, un combat pour une véritable indépendance du Cameroun. Pour le moment notre camp est celui qui se fait le moins entendre. Parmi nous, nous pouvons citer la LIMARA, l’UPC-MANIDEM, l’UPA, l’Alliance Patriotique… A côté de ces forces politiques, il y a des centaines d'autres qui soit ne prennent pas position, soit ne font pas assez connaître leur position, et également les organisations de la société civile.
Au niveau de continental, la force est détenue par les puissances impérialistes étrangères. Ils exercent ce pouvoir de la même manière que la France le fait au Cameroun. Le cas du Cameroun est assez rude parce qu'il y a un régime cynique et incapable. Les puissances impérialistes exercent leur force à travers leur présence militaire, le contrôle de nos ressources, la division du continent en zone d'influence, l'imposition des présidents à la tête des Etats, la limitation des naissances, l’assassinat des présidents qui résistent, la création des guerres civiles, la création des rebellions, leurs sociétés… Bref, ils font tout pour retarder au maximum l’unité et le réveil du continent pour continuer de profiter de ses richesses. Ils créent une situation de chaos qui nous oblige à toujours leur tendre la main. Si l’Afrique ne se libère pas, elle ne connaitra jamais la paix.
Pour mettre le rapport de force entre les mains des Africains, il faut plusieurs éléments convergents. Il faut surtout une organisation qui concentre toutes les aspirations du peuple africain. Cette organisation c’est la Ligue Associative Africaine. Nous devons réussir plusieurs défis.
Le premier est de se respecter, de respecter les Africains et de les défendre en cas de difficultés. Ceci obligera d’autres peuples à nous respecter et limiteront notre martyrisation. Quand on se respecte, on force le respect des autres.
Le deuxième est de constituer un front de lutte uni. Plusieurs organisations luttent pour un avenir meilleur pour le continent. Ceci ne peut pas porter les fruits escomptés. Il faut une coordination des actions, une fédération de toutes les forces engagées dans le progrès du continent. Nous pourrons faire une plus grande planification de la lutte. La Ligue Associative africaine remplit tous les critères pour jouer ce rôle.
Le troisième est le façonnement d'une culture proprement africaine à partir des éléments épars des groupes. Ceci ne peut qu’être fait par une organisation fédératrice où tous nous décidons de jouer notre destinée. Les égoïsmes ne nous aideront pas.
Le quatrième est l’émergence de l’Amonisme, une religion purement africaine qui émerge sur le continent, se sépare du pouvoir politique et se développe.
Le cinquième est la prise de pouvoir dans les pays africains, ceci passe par la création dans les pays africains des partis politiques pilote de la Ligue Associative Africaine afin de contester l’hégémonie étrangère partout sur le continent.
Le sixième est le lancement des activités économiques basées sur les liens de solidarité, afin de nous autonomiser financièrement et de mieux nous appéter à autonomiser financièrement le continent.
Le septième est la lecture des documents de la Ligue Associative Africaine et l’inscription aux Etudes Panafricaines afin d’avoir une vue globale du combat que nous menons et ses principaux enjeux.
Le huitième est la vulgarisation des symboles de la Ligue Associative Africaine pour là renforcer, la rendre plus populaire et apte à engager et réussir notre lutte pour l'unification de l'Afrique et la construction de l'Afrique meilleure.
Le neuvième est l’adhésion massive des Africains aux partis politiques membres de la Ligue Associative Africaine afin de constituer, en un temps réduit, une force capable de porter la lutte pour le progrès du continent.
