Le système éducatif camerounais en crise
La baisse des performances au Cameroun, tout le monde en parle. Ses manifestations ainsi que ses causes sont souvent ignorées. Une étudiante partage avec vous un autre fléau du système éducatif. La baisse des performances ne se pose plus chez nous comme un mythe. C’est une réalité que démontrent très bien les résultats et les moyennes de base des délibérations dans les différents examens de l’OBC et du GCE. Quelles sont les causes de ce phénomène ?
Certaines causes de la baisse des performances sont liées à la politique éducative qui comporte quelques problèmes. Par exemple la promotion collective qui est le fait de faire passer tous les élèves d’une promotion dans la classe supérieure sans tenir compte des performances académiques réelles de ceux-ci. La conséquence immédiate est le nombre de plus en plus grand d’élèves sans niveau. On retrouvera ainsi en classe de 6e des élèves incapables d’écrire correctement leurs noms. Cette formation de masse engendre des effectifs pléthoriques de nuls. Les salles de classe conçues pour contenir un maximum de 50 élèves, contiennent parfois une centaine. Les enseignants se trouvant par conséquent submergés par le travail à la fois en classe et à domicile. De là, il devient difficile de suivre normalement les élèves. L’application des évaluations séquentielles, inquarts dans une formation de masse. Comment imaginer un enseignant d’une classes de 100 élèves (et parfois dans plusieurs niveaux d’enseignement) réalisant les évaluations toutes les 6 semaines avec le sérieux exigé.
Un autre point non moins important est le contenu des programmes d’enseignement. Dans les classes de "Secondes", "Première" et "Terminale" par exemple, les élèves ne savent pas qui est Félix Moumié ou Martin Paul Samba, mais ils maitrisent à la lettre les causes lointaines et immédiates de la première et de la deuxième guerre mondiale. Ils récitent souvent avec perfection l’appel à la résistance française de Charles De Gaule, mais ignorent les pays limitrophes de leur propre pays. De même, certains élèves du "Cours moyens I" dans les écoles primaires composent le CEP et vont directement en classe de 6e, ils font de même avec le BEPC en "Quatrième" et c’est ainsi que leur parcours scolaire reste "décoratif".
On note aussi la corruption dans les écoles de formation qui sont devenues des pourvoyeuses de matricules et non plus d’enseignants. Un enseignant à peine sorti d’une ENS (Ecole Normale Supérieure) et n’ayant pas enseigné une année entière se trouve nommé Surveillant Général, Censeur, Directeur de CES (Collège d’Enseignement Général) ou proviseur de lycée. Cet enseignant ignorant a corrompu pour se trouver dans l’école de formation. En corrompant une seconde fois pour être nommé, il chercher à voiler ses incapacités devant les élèves. Derriere le bureau qu’il ne mérite pas, il méprise les vrais enseignants, vient au bureau quand il veut. On est souvent effrayé du fait que certains enseignants de français n’arrivent pas à construire une phrase correcte en francais, ou encore certains enseignants d’Histoire qui se contentent de prendre des anciens cahiers et de les lire devant les élèves. Quand ils tentent une explication, ce sont des hésitations. La baisse de niveau des élèves est aussi liée à l’incompétence de certains de leurs enseignants.
Les élèves eux-mêmes se désintéressent de plus en plus de l’école. Ils regardent ceux qui ont eu des grands diplomes et qui sont au chômage et se disent que s’ils lancent leurs affaires, ils pourront gagner en temps. Ils trouvent certaines matières comme les mathématiques et l’Anglais difficile et affirment que "c’est Dieu qui les donne". Les concours d’eentrée aux grandes écoles du pays découragent aussi. Parfois on retrouve sur la liste des admis ceux qui n’ont pas pris part au concours.
Les parents chez qui l’éducation des enfants devrait commencer ne font plus leur travail. Ils n’ont plus le temps de vérifier les cahiers des enfants pour se rassurer qu’il était réellement à l’école. Ils sont tellement occupés à chercher de quoi nourrir la famille. Ils srtent de la maison quand les enfants dorment encore et ne rentrent que quand ceux-ci se sont endormis. Chaque enfant le matin découvre son argent des beignets, le prends et fait de cela ce qu’il veut. Les parents croient pouvoir combler le vide de leur présence par les jeux vidéo.
Nous nous arrêtons ici, seul un ouvrage peut nous permettre de traiter ce sujet sous tous les axes. Mais une chose est sûre, ce système éducatif nous conduit tout droit dans le gouffre.
