Les IC entre le piège des nominations et de l’intégration à la Fonction publique de l’Etat
Pendant que les Instituteurs dits Contractuels (IC) sont en train d’avoir pour leitmotiv l’intégration à la Fonction publique de l’Etat, on constate que depuis un an, beaucoup d’entre eux sont passés du côté de l’administration scolaire. Simple fait de hasard ou main cachée diabolique ?
En un temps record, de nombreux IC sont devenus Directeurs d’école primaire ou Maternelle. Certains se retrouvant même agents financiers au secondaire ou en service aux Inspections et Délégations Départementales ou Régionales. Tout cela aurait été très beau si ceux-ci n’étaient pas cités parmi les enseignants qui maugréent les plus et à raison puisque la promotion est une suite logique dans la carrière de tout travailleur. Mais cette subite sollicitude envers un personnel essentiel mécontent est suspecte.
Voici donc un personnel qui en plus de la revendication de l’intégration à la fonction publique, revendique les avancements qui sont difficiles, les affectations qui sont presque impossibles, divisant ainsi des familles pour ne pas dire déstabilisant tout simplement. Imaginez le drame d’une famille où la dame est à Meiganga ou Yokadouma et le mari à Yaoundé, Douala ou Maroua. Il y a plein de couples qui vivent cette tragédie, provoquée par la baisse des revenus des citoyens camerounais. Si les revenus étaient consistants, aucun couple n’accepterait cette dislocation. 80% des couples ainsi concernés ont les deux conjoints qui travaillent. A toutes ces revendications spécifiques s’ajoutent celles que leurs collègues fonctionnaires exigent depuis bientôt deux décennies. Que cachent donc ces nominations ?
Ces nominations permettent de leur changer de camp, ils sont désormais en face des enseignants et non plus du même côté. Ce qui change complètement la perception des problèmes. Le responsable ainsi fabriqué n’a plus désormais toutes les ressources morales pour poser son problème qui reste entier sinon grandissant. Il n’y a pas d’exclusion entre la nomination et l’intégration à notre sens. Cette stratégie de l’employeur si cela en était une, cache aussi mal le fait que les enseignants qualifiés qui étaient Directeurs d’école hier vont en retraite sans être numériquement remplacés. Même si ces nominations sont monnayées et donc émanant d’une volonté exprimée des bénéficiaires, il ne reste pas moins vrai qu’elles permettent de diviser les IC pour mieux faire traîner leur revendication pourtant légitime. Dans tous les cas, la seule solution viable et durable pour les IC est l’adhésion aux syndicats, qu’on soit en classe ou au bureau car ils sont toujours à la case départ en termes de revenus ou de précarité aussi bien après l’intégration que la nomination.
