Première lettre aux militants de la LIMARA

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Nous amorçons notre troisième année d'existence en tant que parti politique. Il est urgent de mesurer le chemin parcouru et d'entrevoir de nouvelles issues.

Étant encore majoritairement des étudiants, nous avons mis toute notre énergie pour construire un parti révolutionnaire. Nous avons décidé, en voyant les conditions de vie de notre peuple, de transformer fondamentalement notre pays afin que ses fils et filles puissent vivre dignement. Dans ce long chemin, nous avons eu beaucoup de succès, mais aussi des déboires et ce sont surtout les déboires qui me poussent à vous adresser cette lettre collective. Notre enthousiasme de début nous a amené à nous ouvrir aux autres organisations du pays. D'ailleurs, un grand principe de notre parti est la mutualisation des forces pour venir à bout de la dictature néocoloniale installée à Etoudi. Cette dictature qui a conduit notre pays à la catastrophe où il se trouve présentement. Il fallait donc joindre notre force, certes encore petite, aux autres forces nationales. Rappelons-nous qu’à la création de notre parti, un grand débat avait eu lieu entre adhérer ensemble à un parti politique existant ou créer un parti autonome qui collabore avec les autres organisations. Pour être plus efficace et mieux préserver nos idées, nous avons décidé de créer un parti politique autonome, mais qui collabore avec d’autres forces. Camarade Youssef a fait de cette ouverture son principal cheval de bataille. Il ne reflétait que la pensée que nous avions tous de joindre notre force à celle des autres pour hâter le changement du pays. Les camarades Youssef et Ngouloure auxquels se sont joints d’autres compatriotes hors du parti ont initié une tournée en 2018 pour construire une coalition de l'opposition contre le régime aux élections présidentielles de la même année. Le parti, mesurant ses finances, la méthode et sa force, s'était abstenu de porter un tel projet, mais avait laissé carte-blanche à ses deux dirigeants de mener cette initiative qui entre dans sa politique d'ouverture. La coalition a été un échec. Individuellement, les partis politiques sont allés affronter le régime et ont échoué. Camarade Youssef ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Il a tenté une ouverture avec le PURS (Peuple Uni pour la Rénovation Sociale). Les discussions ont commencé avec le représentant régional du PURS à l’ouest. Une délégation de notre parti s’est rendue au siège social du PURS à Douala pour définir les termes de la coalition. Mais la direction du PURS nous a pris avec mépris et a estimé qu'elle ne pouvait pas faire une coalition avec nous.

Nous ne nous sommes pas découragés. Nous avons adhéré à la plate-forme Stand Up For Cameroon, qui revendique la transition politique au Cameroun. Elle compte unir toutes les forces vives et les personnalités de l'opposition pour imposer la transition politique au Cameroun. Mais nous avons eu une nouvelle déception. Nous avons préféré nous retirer de cette plateforme, en restant certes son sympathisant, puisque l’idée de transition et d’union des forces qu’elle prône épouse notre logique.

Pourquoi je vous fais savoir tous ces déboires ? Parce que tant de déceptions ne laissent pas indifférente la conscience d'une organisation. A tout ceci, il faut ajouter le gouvernement qui nous a pris pour cible et refuse depuis 3 ans de délivrer notre récépissé que nous étions censé avoir en 3 mois, telle que le définit la loi sur les partis politiques. Il espère que nous ferons une erreur qui va lui permettre de refuser de nous donner notre récépissé. Mais il attendra très longtemps parce que nous sommes des révolutionnaires et chaque action que nous menons est pensée. Nous mesurons la portée de toute action que nous initions. A ces difficultés, il faut ajouter un sérieux problème financier, et aussi les problèmes  que nous éprouvons actuellement dans la plateforme Alliance Patriotique où nous sommes présentement. Tout ceci ne peut manquer de provoquer un sentiment d'impuissance qui à son tour peut conduire au découragement. Il faut faire une étude objective du fait que tant de forces qui clament haut et forts vouloir le changement ne soient pas prêts à nous faciliter la tâche.

Mao Zedong précisait que la politique est une guerre sans effusion de sang, et la guerre une politique avec effusion de sang. En politique, on est donc en guerre, et c’est une guerre fermée. L’enjeu de cette guerre reste le pouvoir politique que toutes les forces recherchent. Si elles collaborent, c’est parce qu’elles réalisent que seules elles ne peuvent pas réussir. Elles sont donc obligées de faire des alliances. Dans ces alliances, il y a une certaine rivalité intérieure. Chaque force compte mieux se préparer et être celle qui aura le pouvoir le moment venu. Notre vision, notre jeunesse, notre formation et notre détermination ne peuvent cesser d’inquiéter d’autres forces avec lesquelles nous nous confrontons. Nous sommes le futur et aucune force ne nous résistera, avec la préparation que nous faisons actuellement. Aucune organisation ne veut nous faciliter la tâche pour nous imposer aux devants de la scène, même comme nous combattons ensemble une même force. La logique des organisations où nous adhérons est d’utiliser nos cadres, en faisant table-rase du parti. Mais nous imposons comme seule critère de collaboration avec une force la prise en compte de notre parti politique. Ce fait rend difficile notre présence et notre action dans les différentes plateformes où nous adhérons. La haine du régime contre nous a la même raison. Le régime sait qu'il ne tiendra pas longtemps contre nous. En trainant pour nous donner notre récépissé, il compte désespérément  nous faire basculer dans le découragement.

En restant dans la logique de Mao Zedong, dans une guerre on évalue chaque force en fonction de sa contribution immédiate : capacité financière et capacité de mobilisation. La capacité financière nous fait cruellement défaut et nous empêche de réaliser la seconde capacité. Dans les plateformes où nous avons adhéré, nous avons brillé négativement avec les cotisations. L’essentiel n’est pas de s’unir aux autres forces, il faut aussi apporter la contribution financière nécessaire pour faire grandir la plateforme. Dans l’Alliance Patriotique où nous nous trouvons, nos cotisations sont insignifiantes, et cela a été le cas dans la plateforme Stand Up For Cameroon. Nous avons beaucoup de branches qui sont créés, mais que nous ne parvenons pas à nous déplacer pour aller les installer, débuter leur formation et les organiser sur le terrain politique. Nous devons absolument résoudre cette question si nous voulons figurer comme une grande force politique nationale et réussir nos objectifs.

Devant cette situation que faut-il faire ? Camarades, dans notre école des cadres, il y a une leçon de philosophie appelée : conscience de classe, conscience nationale et conscience révolutionnaire. Dans cette leçon, le parti vous fait comprendre qu'une conscience a toujours une infinité d'options puisqu’elle pense. notre parti a une infinité de possibilités. Rares sont les organisations capables de résister à tous les obstacles que nous avons traversés. Notre principal atout c'est notre formation qui nous permet d’être forts malgré les difficultés que nous traversons. Nous devons photocopier les manuels de formation, cotiser pour la survie du Parti malgré le fait que nous ne puissions pas vivre dignement. Je connais vos difficultés, nos difficultés. Ma condition n'est pas meilleure que la vôtre, au contraire elle est plus grave. C'est du fond du gouffre, de la souffrance et de la misère que nous allons libérer la République et l'Afrique. Nous devons être conscients de ce fait. Seuls le pays et le parti sont les plus grands, et nous devons y converger toutes nos forces. Il faut aussi soulever le cas des camarades qui ont la possibilité financière de contribuer au parti, mais ne le font pas. Nous avons des entrepreneurs et des fonctionnaires qui, parfois, ne cotisent pas. Ces attitudes sont contre-révolutionnaires et ne peuvent pas permettre la construction d’un parti fort, d’un parti de masse. L’engagement d’un membre se juge d’abord à ses cotisations. Il est très facile de faire des discours politiques, de critiquer le régime. Ces critiques, nous les faisons depuis des décennies, et le régime demeure. Pour changer le pays, il faut une puissante organisation d’avant-garde, qui est la LIMARA. Pour que la LIMARA puisse jouer son rôle, nous devons cotiser. Ce n’est pas une option. C’est une obligation partisane. Dans les mois à venir, je soumettrai à la Coordination Nationale la possibilité de commencer à exclure du parti les membres qui, depuis sa création, n’ont pas encore fait de cotisations. Seule la construction d'une organisation solide sera salutaire pour notre pays et l’Afrique, et c'est nous qui construisons cette organisation.

Notre situation financière difficile ne nous dispense pas de cotiser et contribuer à la construction d'une organisation solide et puissante capable de provoquer le changement que nous attendons, et dans lequel nous sommes des soldats. Au lancement de la Ligue associative africaine, j'avais insisté que chaque membre devait constamment rédiger des articles, nous soumettre des comptes rendus de lecture et les résumés d’ouvrage. Nous continuons dans la même lancée dans le parti. La Ligue associative africaine est l'organisation continentale qui construit l’État africain uni que nous appellerons la République de Fusion Africaine. Notre parti est national et n'est qu'une branche de la Ligue associative africaine. Le parti est engagé quant à lui dans la construction d’un Cameroun uni, fort et prospère qui s’impose au rang des grandes puissances mondiales. Dans ces deux grands rêves,  chacun de nous doit imprimer sa touche personnelle, sa propre conception. Ceci ne peut être possible que par des articles sur notre lutte. Camarades Djoumene, Tsasse, Nkohgue Balog et moi sommes actuellement les principaux théoriciens de notre lutte. Vos réflexions permettront de mieux orienter notre combat commun. Si vous avez des difficultés, rédigez des articles et la Coordination Nationale s’occupera des corrections.

Camarades, nous ne sommes pas comme les autres. Nous sommes les sacrifiés de la République. Nous sommes les premiers à courir les risques et les derniers à jouir du confort. Telle est notre nature. Nous avons pris position pour le peuple et c’est pour lui que nous nous battons, c’est pour lui que nous allons donner nos vies s’il le faut. Si les autres ont 10 heures de distraction par jour, nous devons avoir 2 heures. C'est seulement à ce prix que nous réussirons à prendre le pouvoir et hisser notre pays au rang des grandes puissances mondiales.

Nous avons dans le cadre de la Ligue Associative Africaine mis sur pied des structures économiques. Vous devez acheter vos actions pour que nous puissions bâtir le financement de notre lutte. En achetant des actions, vous avez un bénéfice au prorata de vos actions. Vous êtes présents au comité des actionnaires et êtes au courant de toute l’actualité du projet économique. Vous êtes intégrés dans la prise de décisions de la structure où vous avez investi. Jusqu'ici nous n'avons reçu aucun soutien financier externe. Ce qui nous oblige à multiplier les structures économiques pour surmonter le problème économique. Comme on vous a expliqué en économie à l’école des cadres, les entreprises sont le moyens le plus fiable pour surmonter une situation économique difficile. Le parti est l’embryon de la Nation. C’est la Nation en devenir. Les problèmes que nous y trouvons, nous les trouverons une fois au pouvoir. Nous devons donc être capables de les surmonter. Les actions commencent à 5, c'est-à-dire une somme de 5000 francs CFA. C’est une obligation pour chaque membre d'acheter au moins 5 actions.

Jusqu'ici nous nous sommes organisés pour toujours soutenir un de nos membres qui célèbre un événement heureux ou malheureux. Nous avons été présents au mariage des camarades Sali et Djoumene, aux obsèques de notre sympathisant Narmer Fongang, à l’accueil du nouveau-né du camarade Ngouloure… Quand un des nôtres est dans une situation critique, il trouve toujours un petit soutien des membres du parti. Mais ceci n'est pas suffisant. Beaucoup d'entre nous sont encore restés insensibles. Presque les mêmes assistent à tout moment. Les nouvelles dans les branches font le même constat. Nous devons tous nous y mettre. Si nous parvenons à faire du problème d’un celui de tous, de la joie de l’une celle de tous, nous aurons fait un grand pas en avant. Nous aurons corrigé les erreurs de nos aînés de l'UPC, où certains sont des multimillionnaires tandis que d'autres croupissent dans l’extrême misère, pourtant ils mènent le même combat, font tous des sacrifices extrêmes.

Alors que plusieurs partis politiques du pays ne parviennent pas à échapper à la logique tribale, nous avons construit un parti au-dessus de la tribu, un parti national. Dans la LIMARA, il n'existe pas de tribu. Il est strictement interdit de demander la tribu d’un membre. Nous devons continuer dans la même lancée. On juge un membre exclusivement en fonction de sa contribution au combat. Même si tous les cadres sont d'une famille, pourvu qu'ils méritent. Seul le mérite compte, c'est notre principe.

Très chers camarades révolutionnaires, nous avons foi en notre combat et à la victoire qui n'est plus qu'une question de temps. Nous avons beaucoup de sympathie sur la scène nationale. Nous pouvons agir avec notre plateforme l'Alliance Patriotique, avec nos camarades de l’UPC-MANIDEM, la plateforme Stand-Up For Cameroun… Demain sera à nous, réduisons nos heures de sommeil, travaillons sans relâche. Nous devons sentir la sueur couler, le cœur battre très rapidement, la tête nous faire mal. Nous devons aller au-delà de nos capacités pour forger une grande Nation et l’imposer au rang des grandes puissances mondiales. C’est la seule issue. La LIMARA est l’organisation où nous devons converger toutes nos énergies. Achetons nos actions dans les entreprises de la Ligue Associative Africaine, payons nos cotisations, menons des activités pour renforcer notre parti.

Le combat continue

Camarade Yemele Fometio