Épreuve langue française Tle A4
Texte :
(Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, l’interdiction de l’utilisation de tout objet connecté dans les écoles ont été adoptée le 7 juin à l’Assemblée Nationale. Cette loi suscite un débat quant à son utilité.)
Je comprends qu’il y ait de très bonnes raisons d’interdire les téléphones portables en classe, comme vient de le faire adopter par une loi le populaire ministre français de l’éducation nationale Jean Michel Blanquer (elle doit encore être étudiée par le sénat).
J’imagine la difficulté et même l’énervement aujourd’hui de l’enseignant qui voit ses élèves pianoter en pouffant de temps à autre. Je sais que ça déconcentre le prof et le jeune écolier. Après avoir reposé son portable, il faudrait même neuf minutes pour que le cerveau soit à nouveau complètement focalisé sur ce qui se passe en dehors du monde virtuel. En Suisse aussi, la tentation d’une telle interdiction grimpe, elle est de compétence cantonale, et de nombreuses écoles ou collèges la pratiquent déjà.
Mais sachant que 99 % des 12-19 ans ont un téléphone portable, en Suisse, et y passent entre trois et quatre heures par jour, interdire son usage relève de la prestidigitation. Les profs devront-ils se transformer en police du Smartphone chaque matin pour les collecter, les confisquer, fouiller les sacs ?
J’aurais détesté qu’on m’interdise le portable à l’école ! J’aurais alors passé mon temps à braver cela, à le cacher, à prétendre que je n’en avais pas, à envoyer des messages sous la table, à essayer de tricher avec, à rigoler avec les copines en passant par WhatsApp, à regarder les vidéo pendant les cours ennuyeux, à faire des photos.
Je plaide donc pour la stratégie inverse : tous les portables sur les pupitres, comme des instruments de travail. Bien sûr, ce n’est pas toujours aussi simple. Mais je crois plus à un enseignement avec le portable que contre lui, même si j’aime Pagnol et l’odeur de la craie.
Aïna Skjellaug, Le Temps Lausanne, publié le 13 juin.
COMMUNICATION. 5pts
1° a- Qui est l’émetteur ici ? Sa présence est-elle explicite ou implicite ? Justifiez votre réponse à l'aide d'un relevé d’indices textuels dont vous indiquerez la nature et les occurrences. 3pts
2° Identifiez le principal référent de ce texte à partir des indices textuels pertinents. 2pts
MORPHOSYNTAXE. 5pts
1° Relevez dans le dernier paragraphe deux connecteurs logiques. Indiquez leur nature et leur valeur d’emploi respectives. 3pts
2° a- Relevez dans le texte une phrase interrogative. 0,5pt
b- De quelle interrogation s’agit-il ? Donnez sa valeur d’emploi. 1,5pt
SÉMANTIQUE. 5pts
1° Quel est le sens lexical du mot « prestidigitation ». Dans quelle intention l’énonciateur utilise-t-il ce mot ? 2pts
2° Relevez, dans l’avant dernier paragraphe, le vocabulaire de l’utilisation du téléphone portable et caractérisez le (péjoratif ou mélioratif). Que traduit ce vocabulaire ? 3pts
RHÉTORIQUE. 5pts
1° Identifiez la figure de style utilisée dans l’énoncé souligné et interprétez-la. 2pts
2° a- Quelle est la thèse soutenue par l’émetteur ? Contre quelle thèse s’oppose-t-il ainsi ? 2pts
b- En déduire le type de ce texte. 1pt