L’Impérialisme réchauffé : Quand Washington rejoue son théâtre de guerre au Nigeria

Blog Single
L’histoire des empires a ceci de particulier : lorsqu’ils déclinent, ils deviennent plus agressifs, plus nerveux, plus brutaux. Les États-Unis, autrefois maîtres incontestés du jeu mondial, ne font pas exception. Aujourd’hui, sous la houlette de Donald Trump, Washington tente de rallumer les vieilles méthodes impérialistes qu’il croyait éternelles : fabriquer des prétextes moraux, mobiliser la presse occidentale comme caisse de résonance, puis envoyer les bombes pour « libérer » un pays tout en pillant ses ressources.

Et voici que le Nigeria, géant africain, pays stratégique, puissance pétrolière et gazière, devient la nouvelle cible.
Ils parlent de « défendre les chrétiens », comme hier ils parlaient de « défendre la démocratie ». Les mots changent, la mécanique reste la même. Les prétextes moraux sont l’instrument préféré de l’impérialisme. Ce n’est pas la première fois que l’empire américain invente une noble cause pour justifier ses appétits. L’impérialisme ne vit pas de justice, mais d’intérêts économiques sous couvert d’histoires morales.

Regardons l’histoire récente. En Irak, le prétexte d'invasion était les armes de destruction massive que détiendrait le pays. Pour attaquer l’Irak, Washington avait juré au monde entier que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive.
Des mensonges répétés avec aplomb, relayés par des médias complices. Le résultat a été un pays dévasté, des centaines de milliers de morts, et un butin gigantesque : le contrôle du pétrole irakien. Les armes de destruction massive n' ont jamais été trouvées.
Dans le cas de l' Afghanistan, Ben Laden avait été utilisé comme prétexte. Les États-Unis  ont affirmé que le pays cachait Ben Laden. Vingt ans de guerre plus tard, aucun tribunal international n’a présenté la moindre preuve formelle de sa présence en Afghanistan au moment de l’invasion.
Mais les multinationales de la reconstruction, des minerais rares, elles, ont effectivement trouvé leur bonheur.

En Libye, ils avaient instrumentalisés quelques morts pour détruire une nation. Ils ont accusé Kadhafi d’avoir tiré sur quelques manifestants. Pour « sauver » ces quelques personnes, l’OTAN a lancé une guerre qui a détruit tout un pays, fait des milliers de morts, semé le chaos, ouvert les marchés énergétiques libyens aux entreprises étrangères, et installé une anarchie dont l’Afrique souffre encore aujourd’hui.
Voilà la signature de l’impérialisme : un prétexte moral minuscule pour une intervention destructrice gigantesque.

L’axe du Mal : la vieille chanson de Washington

Dans les années 1990 et 2000, les États-Unis avaient inventé l’expression « l’Axe du Mal ». Ce n’était pas une catégorie politique, ni morale. C’était une liste de pays riches en ressources naturelles ou stratégiques, et qui refusaient l’obéissance totale à Washington. Les États-Unis ont classé ces pays dans l'axe du mal et a décidé de mener contre eux des guerres préventives. Parmis ces pays se trouvait l’Iran pour son pétrole et sa révolution qui dérangeait les États-Unis, l' Irak pour son pétrole, la Corée du Nord pour son emplacement stratégique, Cuba pour son insoumission. Chaque fois, l’impérialisme construis un récit pour légitimer ses visées économiques.
Aujourd’hui, le même scénario se répète. Rien n’a changé. Washington menace désormais d’annexer le Venezuela au nom de la lutte contre les narcotrafiquants, alors que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole du monde. Ils menacent de frapper le Nigeria au nom de la protection des chrétiens, alors que le Nigeria est le premier producteur de pétrole en Afrique, une puissance démographique et un géant dont le contrôle donnerait aux États-Unis un accès stratégique à toute l’Afrique de l’Ouest.

Ce n’est pas un hasard.
Ce n’est jamais un hasard. L’impérialisme ne suit pas la morale. Il suit les pipelines, les gisements, les routes commerciales, les points stratégiques. 

Le Nigeria dans le viseur : une tentative de recolonisation déguisée

Dans le tiers monde, les pays riches en ressources naturelles ont deux solutions : brader leurs ressources aux puissances occidentales et être en paix ou vouloir utiliser leurs ressources pour leurs développement et risquer la colère des puissances impérialistes qui cherchent à faire main basse sur ces ressources. Quand Trump menace d’intervenir militairement au Nigeria, il ne parle pas aux Africains. Il parle à son électorat, à ses multinationales, à ses partenaires financiers. Il sait que celui qui contrôle le Nigeria, contrôle une partie essentielle du pétrole mondial, l’accès stratégique au Golfe de Guinée, 230 millions d’habitants constituant le marché le plus dynamique d’Afrique. Le sort des Africains ne l' intéresse pas, et seuls les naïfs aujourd'hui croient que les États-Unis peuvent sauver qui que ce soit. Ils sauvent uniquement leurs intérêts. Ce n’est pas la défense des chrétiens qui l’intéresse.
C’est la défense des intérêts américains.

Face à ce danger : le devoir de l’Afrique

Il est temps que l’Afrique comprenne ce que chaque agression impérialiste est d’abord une guerre économique. Les puissances industrielles ont besoin des sources d' énergies et matières premières pour leurs industries, des marchés pour vendre leurs produits. Ce sont ces besoins industriels qui avaient poussé l' Europe à la colonisation, et aujourd'hui rien n' a changé. Les guerres coloniales d'hier aujourd'hui sont des guerres avec des prétextes moraux.

Le Nigeria n’a pas besoin de soldats américains.

Il a besoin de la coopération africaine, de coordination régionale, de sortir du piège de la dépendance militaire, de renforcer ses propres capacités de sécurité, de protéger son espace politique et économique. Parce que ce qui est en jeu n’est pas seulement le Nigeria. C’est la souveraineté du continent. C’est le droit des peuples africains de disposer d’eux-mêmes.

Conclusion : la vigilance révolutionnaire

Les États-Unis répètent leurs vieux schémas :
créer un ennemi moral, sonner les trompettes de la vertu, puis envoyer leurs soldats défendre non pas la liberté, mais leurs intérêts. Pour contrer celà, il y a urgence d'une organisation continentale d'avant-garde qui est la Ligue Associative Africaine. Il faut renforcer très vite cette organisation capable de protéger le continent parce que le cas du Nigeria n' est que le début. La reconquête du continent est certes effectif avec le néocolonialisme, mais la répression occidentale va se faire plus forte bientôt, et le goût de liberté du peuple entrera très bientôt en conflit avec les visées impérialistes et les présidents imposés de l' extérieur. Dans cette épreuve qui s'annonce rude, le peuple africain doit être préparé et organisé par la Ligue Associative Africaine qui est son avant-garde.
L' Afrique n’est plus silencieuse. Les peuples voient. Les mensonges sont démasqués, et le peuple exprime sa volonté de se battre, de changer ses conditions, de chasser les présidents qui font front avec les impérialistes pour détruire leur destinée. 
Le Nigeria n’a pas vocation à devenir un nouveau laboratoire de l’expansion impérialiste. Et l’Afrique n’a plus vocation à être un terrain de chasse des empires. La souveraineté n’est pas négociable. L’ingérence n’est pas tolérable. Et la résistance, elle, est historique.