Leçon : Ce que nous sommes pour le capital financier mondial

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Introduction
Le capital financier mondial, moteur de l'économie globalisée, repose sur une dynamique inégalitaire entre les nations du monde. Ce modèle montre une division structurelle : les centres concentrent la production de biens à haute valeur ajoutée et le contrôle des flux financiers, tandis que les périphéries se cantonnent à l'extraction des matières premières et fournissent une main-d'œuvre bon marché. Ce déséquilibre alimente une domination économique, sociale et politique qui asservit les périphéries, tout en renforçant le pouvoir des centres.

I- Le capital financier mondial et son fonctionnement

1- Définition et logique du capital financier mondial
Le capital financier mondial désigne l’ensemble des institutions bancaires, des marchés financiers et des grandes entreprises transnationales qui dominent l’économie mondiale. Son objectif principal est de maximiser les profits en investissant là où les coûts sont les plus faibles et les gains les plus élevés.

2- Le système centre-périphérie
Les centres (pays industrialisés) : Ces nations, principalement situées en Amérique du Nord, Europe et Asie de l’Est, concentrent les industries à haute technologie, les banques et les sièges sociaux des multinationales.
Les périphéries (pays en développement) : Elles se spécialisent dans l’extraction de matières premières et servent de réservoir de main-d'œuvre à faible coût, souvent sous-employée pour maintenir une armée de réserve de chômeurs prête à servir à tout moment le capital financier mondial.

II- Exploitation des périphéries par le capital financier mondial

1- Immigration sélective et drainage des talents
Les programmes d’immigration mis en place par les centres visent à sélectionner les esprits les plus brillants des périphéries. Ce processus, souvent appelé "brain drain", prive les périphéries de leurs ressources humaines les plus qualifiées pour alimenter les besoins des centres.

2- Déploiement du capital dans les périphéries
Le capital financier mondial investit parfois dans les périphéries pour profiter de la main-d’œuvre locale à faible coût, et exploiter les ressources naturelles. Cependant, ces investissements ne profitent pas réellement aux pays hôtes. Les profits générés sont massivement transférés aux centres, laissant les périphéries dépendantes et appauvries.

3- L’illusion de développement
Lorsque le capital se déploie dans les périphéries, il donne l’illusion d’un développement à travers la création d’infrastructures (routes, ports, aéroports) et d’emplois. Mais en réalité, ces infrastructures servent principalement à acheminer les produits vers les centres. Les économies locales ne contrôlent pas cette production. Ce déploiement perpétue une relation de dépendance et maintient les périphéries dans un rôle subalterne.

4- Contrôle politique par le capital financier mondial
Pour protéger ses investissements, le capital financier mondial s’ingère dans les affaires politiques des périphéries. Il soutient des dirigeants dociles qui favorisent ses intérêts. Il s’oppose violemment à toute tentative d’autonomie ou de résistance. Jean Ziegler résume cette emprise : « Une nation africaine achevée n' existe que le jour où les déterminismes du marché capitaliste mondial et son système de violence symbolique n' auront plus prise sur elle. »

III- Résister au capital financier mondial

1- Un modèle auto-centré et nationaliste
Pour rompre ce cycle, certains dirigeants des périphéries ont tenté de développer des entreprises nationales et de concevoir des politiques économiques autonomes. Cependant, le capital financier mondial, hostile à tout nationalisme économique, déploie des moyens économiques et militaires pour neutraliser ces initiatives.

2- Le rôle du panafricanisme
Pour les pays africains, le panafricanisme représente une voie potentielle de résistance. En unissant leurs forces, ces nations pourraient développer des marchés communs et mutualiser leurs ressources pour résister à la domination extérieure.

3- Conscientisation ou résistance ?
Il est vain d’espérer un changement éthique de la part du capital financier mondial. Seule une résistance organisée et une stratégie de développement auto-centré peuvent permettre aux périphéries de s’affranchir de cette domination.

Conclusion
Le capital financier mondial organise une exploitation systématique des périphéries pour servir les intérêts des centres. Cette domination économique se double d’un contrôle politique et culturel, réduisant les périphéries à un rôle d’exécutants dociles. Pourtant, des voies de résistance existent, notamment par la promotion de modèles économiques autonomes et par le panafricanisme. Ces efforts doivent s’accompagner d’une vigilance constante, car le capital financier mondial ne tolère aucune remise en cause de sa domination.