Imani (foi) : septième principe de la Kwanzaa
Introduction
Imani, septième principe de la Kwanzaa, signifie « foi ». Ce principe appelle à croire avec ferveur en soi-même, en sa communauté, en l' organisation d'avant-garde et ses dirigeants, aux organisations agissantes et en la justice de la cause. Imani représente un appel puissant à la libération totale et à l’affirmation de la race noire dans le monde.
I- La foi en soi-même : Clé des grandes réalisations
1- Définition et portée
La foi en soi est la conviction intérieure de pouvoir accomplir de grandes œuvres malgré les défis. C'est le fait de se sentir capable de faire tout se qu'on veut, et ne voir aucune limite en nos possibilités. Elle guide nos choix, éclaire nos efforts et nous soutient face aux difficultés. Nelson Mandela disait : « J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre. » Et c'est par la foi qu'on parvient à vaincre la peur.
2- Exemples historiques
En Égypte antique, les pharaons croyaient en leur rôle divin, ce qui les motivait à bâtir des monuments éternels comme les pyramides, symboles de grandeur et d'immortalité. Les anciens Egyptiens savaient que la race noire qu'ils avaient étaient celle du Dieu suprême Atoum Rê, et comme Dieu a créé tout ce qui existaient, ils se savaient aussi capables de toute créativité. Ils savaient qu'il n' y avait pas de limites à leur créativité.
L'Éthiopie antique reflète cette foi, ayant résisté aux invasions et marqué l’histoire comme un puissant empire invaincu. La reine Candace symbolise cette invincibilité. Ayant réussi après plus d'un millénaire à soumettre l' Égypte pharaonique, les indo-européens ont voulu pénétrer dans le reste du monde noir, et ont été arrêtés par L'Éthiopie dirigée par la reine Candace. La perte d'un œil au combat, loin de ralentir la reine, a davantage ravivé sa combativité. Elle savait que son pays était plus puissant que les hordes indo-européennes, et elle savait que son pays était à cette époque le bouclier qui protégeait le reste du berceau des civilisations noires. C'est par le foi que la reine a contenu les agressions indo-européennes en Égypte pharaonique. Mais la foi seule ne suffit pas. Il faut des actions.
3- Impact sur l’individu
La foi en soi permet de surmonter les barrières mentales et sociales. C’est cette foi qui a permis à des figures comme Kwame Nkrumah de croire en une Afrique unie et indépendante, inspirant ainsi des générations entières.
II. La foi en sa communauté : Pilier de la renaissance africaine
1- Importance de la foi collective
Croire en sa communauté, en sa race, c’est reconnaître et valoriser son potentiel. Les Noirs doivent croire en leur capacité collective à transformer leur destin, à atteindre les plus hauts sommets. Il ne doivent pas se concentrer sur les problèmes qu'ils affrontent, mais sur des possibilités multiples qui s'offrent à eux, sur des leaders exceptionnels qui émergent, sur des contextes internationaux particuliers, sur des possibilités immenses de création qui se présentent constamment et qu'ils ne parviennent pas à saisir. Marcus Garvey insistait sur cette idée : « Lève-toi, peuple puissant. Tu peux accomplir ce que tu veux. » La race noire peut tout accomplir, à condition de croire en ses possibilités et de briser le messianisme qui lui fait croire à tort et naïvement que quelqu'un d'autre pourra agir à sa place. A condition d'implémenter un autre cinéma qui n' appelle plus les Africains aux pleurs comme c'est le cas du cinéma africain actuellement, qui ne lui rappelle plus incessamment ses faiblesses, mais qui le pousse à croire en lui. Pour celà la force du mouvement d'avant-garde est capital.
2- Rôle dans l’unité et la résilience
Dans les sociétés traditionnelles africaines, la solidarité communautaire est un fondement. Les rites initiatiques, par exemple, transmettent la confiance en la capacité collective à affronter l’avenir. Ces rites pour la plupart forment l'adolescent à avoir foi en lui et en ses frères. Les adolescents sont mis en épreuve, pour leur faire comprendre que la vie d'homme où ils s'apprêtent à entrer nécessite la foi en sou et aux autres. Pour surmonter les épreuves où les initiateurs le soumettent, l' adolescent à besoin de croire en lui, et aussi en ses frères.
L’Ubuntu, concept bantou, souligne l’interconnexion des individus : « Je suis parce que nous sommes. » Il appelle aussi non seulement à croire en soi, mais aussi à croire aux autres.
3- Exemples historiques et culturels
Les grandes civilisations du Mali et du Ghana ont prospéré grâce à la foi collective en des leaders visionnaires comme Kaya Maghan Cissé ou Soundiata Keïta qui ont façonné la destinée de leurs peuples et forgé de puissants États qui se sont imposés dans le monde. Actuellement la foi en des leaders du monde noir et en leur capacité à forger de nouvelles civilisations est de rigueur. Sans cette foi et un soutient indéfectible en ces leaders, les changements tant attendus ne viendront pas.
III- La foi : Moteur de libération et d’affirmation
1- Croire en la libération totale de la race noire
La foi en la capacité de surmonter l’oppression est un prérequis à la libération. En s’appuyant sur des figures comme Rosa Parks ou Patrice Lumumba, on voit que la foi en la justice de leur cause leur a donné la force d’agir à tout leur peuple. Sans la foi en cet objectif commun de la race noire qui est sa libération totale et son affirmation dans le monde, nous continuerons d'être à la merci des autres peuples. Martin Luther King Jr. proclamait : « La foi fait faire le premier pas, même quand on ne voit pas tout l’escalier. »
2- Affirmation de la grandeur noire
Les Noirs doivent reconnaître leur capacité à atteindre les plus hauts sommets. L’Égypte pharaonique, berceau de la civilisation, illustre cette grandeur. Les grandes œuvres comme le Sphinx et les temples de Karnak témoignent d’une foi indéfectible en leur vision collective. Ils avaient voulu montrer au monde le symbole puissant de leur grandeur. Ils ont cru en cet objectif et ont légué à l' humanité des œuvres impressionnantes.
IV- La foi comme guide des actions
La foi structure nos décisions. Croire en un idéal motive à agir avec persévérance et discipline. La diaspora africaine de l' Amérique, à travers le mouvement Rastafari, illustre comment la foi peut inspirer une résistance culturelle et spirituelle face à l'oppression. Les autres diasporas noires ont fait pareil, que ce soit en Asie, en Océanie ou en Europe.
Conclusion
Imani enseigne que la foi est le socle de toute transformation personnelle et collective. En croyant en leur potentiel, les Noirs peuvent surmonter tous les obstacles pour atteindre une libération totale et affirmer leur place dans le monde. La foi, comme moteur de nos actions, guide nos pas vers des sommets inexplorés. Comme le disait Marcus Garvey : « Avec la foi, tout est possible. » La foi en soi, en sa communauté et en la justice de sa cause reste un pilier incontournable pour l’avènement d’un avenir meilleur pour l’Afrique et sa diaspora.

