Ujamaa (coopération économique) : Quatrième principe de la Kwanzaa
Introduction
Le terme Ujamaa, qui signifie "famille élargie" ou "coopération économique" en swahili, constitue le quatrième principe de la Kwanzaa. Il incarne l'esprit de solidarité économique et de prospérité collective au sein des communautés noires. La faiblesse économique est au cœur des défis majeurs de l'Afrique et des populations noires à travers le monde. Sans puissance économique, les rêves d'autodétermination, de libération et de respect sur la scène internationale ne resteront que des projets inachevés. Comme le disait Marcus Garvey : « Un peuple sans pouvoir économique est un peuple condamné à l'oppression perpétuelle. »
I- Ujamaa et l'Importance de l'Économie dans l'Autodétermination
1- L'économie, pilier du politique et du social
L'histoire montre que toute puissance politique ou sociale repose sur une base économique solide. Les nations qui dominent le monde aujourd'hui sont celles qui ont su bâtir des systèmes économiques robustes. Les Noirs ne pourront réellement se libérer ou être respectés tant qu’ils ne feront pas des avancées significatives sur le plan économique. La Renaissance africaine prônée par Cheikh Anta Diop repose sur la maîtrise des ressources économiques pour garantir une indépendance réelle, parce que sans une économie solide, le peuple noir restera dominé.
2- La faiblesse économique de l'Afrique
Malgré ses ressources naturelles abondantes, l'Afrique demeure marginalisée dans l'économie mondiale. Ce retard économique est une entrave majeure à l'émancipation du continent et de ses diasporas. Pour combler ce retard, il est impératif de valoriser des stratégies communautaires comme celles prônées par Ujamaa. Les pratiques de solidarité dans les sociétés traditionnelles, comme les tontines en Afrique de l’Ouest et centrale, montrent l’efficacité de la coopération économique. Beaucoup de projets économiques individuels sont engagés grâce aux tontines.
II. La Vision de Marcus Garvey et l'Ujamaa
1- Marcus Garvey et l'économie communautaire
Marcus Garvey, figure emblématique du panafricanisme, avait compris que l'indépendance politique ne pouvait être atteinte sans une base économique. Ses projets, tels que la Black Star Line (compagnie maritime) et l’African Communities League, visaient à renforcer la prospérité économique des Noirs pour soutenir leur autonomie. Il précisait d'ailleurs : « L’homme qui manque de moyens économiques est aussi impuissant qu’un esclave. » La Black Star Line cherchait à établir des échanges commerciaux entre les Africains de la diaspora et le continent, en s'affranchissant des intermédiaires coloniaux.
2- Le rôle du Ghana de Kwame Nkrumah
Le panafricanisme a émergé grâce au soutien de pays comme le Ghana, qui, sous Kwame Nkrumah, offrait des bases logistiques et économiques aux leaders panafricains. Sans ce soutien financier du Ghana, le panafricanisme serait resté au niveau des rencontres entre les leaders Noirs. La Conférence panafricaine de 1958 par exemple, tenue à Accra, n’aurait pas été possible sans les ressources économiques du Ghana indépendant. La question financière est capitale partout.
III. Ujamaa : Une Vision d’Entraide et de Prospérité Collective
1- La création et le maintien des entreprises collectives
Ujamaa valorise la création d’entreprises collectives pour renforcer l’autonomie économique des communautés noires. Ces entreprises permettent de générer des fonds pour soutenir des initiatives culturelles, éducatives et sociales. Dans l'Égypte pharaonique, les communautés se mobilisaient pour construire des infrastructures comme les pyramides, illustrant la coopération économique à grande échelle. Ils mettaient leurs ressources économiques dans la construction de grands projets. Les coopératives agricoles en Tanzanie, sous Julius Nyerere, ont été inspirées par Ujamaa pour promouvoir l’autosuffisance alimentaire et le développement rural.
2- Les défis actuels et l'urgence d'agir
Les dirigeants africains actuels, presque tous dépendants des anciennes puissances coloniales, ne peuvent pas financer des projets de libération et de grandeur du monde Noir. C’est donc au peuple noir, à travers ses organisations et initiatives économiques, de prendre en main son destin, en posant les bases économiques de son combat. Plusieurs initiatives économiques communautaires sont lancées par des organisations comme la Ligue Associative Africaine. Kwame Nkrumah, très visionnaire, martelait : « Nous devons bâtir nos propres institutions économiques pour garantir notre liberté. »
Les fonds générés par les entreprises communautaires pourraient financer des écoles, des hôpitaux et des infrastructures dans les communautés noires du monde entier. Celles des structures économiques de la Ligue Associative Africaine soutiennent des projets éducatifs comme celui-ci, et l' entraide entre les membres et organisations du mouvement.
Conclusion
Ujamaa, en tant que principe de coopération économique, offre une vision claire pour surmonter les obstacles économiques qui freinent la libération du peuple noir. Il met l’accent sur la création et le maintien d’entreprises collectives comme levier pour l’autodétermination et le respect sur la scène mondiale. En s’inspirant des enseignements de Marcus Garvey et des pratiques africaines traditionnelles, les Noirs peuvent bâtir une prospérité collective qui soutiendra leurs rêves culturels, politiques et sociaux. Comme le disait Julius Nyerere : « Sans coopération économique, l’indépendance n’est qu’un mot. »
Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux questions suivantes.
1- Que signifie le terme Ujamaa en swahili ?
A. Liberté individuelle
B. Coopération économique et familiale
C. Autodétermination politique
D. Entraide sociale
2- Selon le principe d'Ujamaa, pourquoi l'économie est-elle essentielle ?
A. Elle garantit la domination culturelle.
B. Elle soutient les structures politiques et sociales.
C. Elle remplace les ressources naturelles.
D. Elle rend les peuples indépendants des échanges commerciaux.
3- Quel leader panafricain a mis en avant des projets économiques comme la Black Star Line ?
A. Julius Nyerere
B. Marcus Garvey
C. Kwame Nkrumah
D. Cheikh Anta Diop
4- Quel pays africain, sous la direction de Kwame Nkrumah, a soutenu le panafricanisme avec des moyens économiques ?
A. Sénégal
B. Tanzanie
C. Ghana
D. Nigéria
5- Dans les sociétés traditionnelles africaines, quelle pratique illustre la coopération économique ?
A. Les sacrifices rituels
B. Les tontines
C. Les constructions familiales
D. Les mariages collectifs
6- Selon le cours, pourquoi les dirigeants africains actuels ne peuvent-ils pas financer des projets de libération ?
A. Ils manquent de connaissances économiques.
B. Ils respectent les ordres des anciens colonisateurs.
C. Ils préfèrent investir dans l'agriculture.
D. Ils manquent de ressources naturelles.
7- Quel modèle économique en Tanzanie s’inspire d’Ujamaa ?
A. Les zones franches
B. Les coopératives agricoles
C. Les entreprises multinationales
D. Les banques commerciales
8- Quelle citation de Marcus Garvey met en avant l'importance de l'économie pour l’autodétermination ?
A. « L’homme sans culture est un homme perdu. »
B. « L’homme qui manque de moyens économiques est aussi impuissant qu’un esclave. »
C. « La liberté est une construction intellectuelle. »
D. « Un peuple doit se tourner vers ses traditions. »
9- Quel aspect de l’Égypte pharaonique illustre la coopération économique communautaire ?
A. Le culte d’Amon-Rê
B. Les pyramides
C. Les fresques murales
D. Les temples funéraires
10- Selon le principe d’Ujamaa, quel est le meilleur moyen de financer les activités culturelles et éducatives des communautés noires ?
A. La création d’entreprises communautaires
B. L'importation de produits étrangers
C. La dépendance aux aides internationales
D. Les subventions des anciennes colonies
Réponses aux questions
1- B
2- B
3- B
4- C
5- B
6- B
7- B
8- B
9- B
10- A