L’Afrique ne pleure plus

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Poésie


 

Tsasse Phinées

 

2012              

 

 

 


 

 

 

 

A tous ceux qui croient en nous

 

 

 

 



I

Le Che africain

Tragique jour

Jour tragique

Jour où ils imposèrent les ténèbres

Eteignant la lumière qui avait brillé quatre ans.

Malheur aux géniteurs de ce jour de douleur

Ce jour où le Burkina Faso redevint Haute-Volta

Haute-Volta : qu’il est laid ce nom !

Quinze octobre de cette année-là

Jeudi de douleur, jeudi de malheur

Le Che africain s’endormit avant son heure.

Il s’en alla avec l’intégrité

Non, il ne pensait pas qu’à lui,

Il vous laissa l’intégrité

Mais voici des décennies sont passées

Qu’avez-vous fait de ce que Sankara vous a laissé ?

Qu’en avez-vous fait ?

Continuez la bataille coûte que coûte, avait-il dit.

Mais vous avez accepté un brigand à votre tête

Le géniteur de ce tragique jour

L’instrument de l’impérialisme,

Ce bourgeois affolé.

Vous méritez de souffrir !

A vous de reprendre la dignité que vous laissa le Président du Faso.

Peuple de vaincus, Sankara vous plaint.

 

 

II

Camarade Président

Camarade j’aurais aimé te rencontrer

J’aurais aimé te saluer, t’embrasser.

Je n’ai pas pu le faire camarade

C’est une douleur qui me ronge

Mais sache que j’ai embrassé ton exemple.

Je vois des millions qui te chantent

Je lis ce qu’ils écrivent sur toi,

Ils t’aiment camarade.

En cette heure de recolonisation ils se battent, ils pensent

Du choc de leurs idées naîtra l’unité

L’Afrique en a besoin pour se défendre.

Sur les routes du Sahel, sur les montagnes du Sahara

Je les entends camarade,

Ils le disent, ils le chantent :

La patrie ou la mort, nous vaincrons.

Camarade ne t’en fais pas, nous vaincrons

La patrie Africaine ou la mort, nous vaincrons.

 

 

III

Celui qui édifie

Le connais-tu mon ami ?

Cet homme qui vint de Syrte

Kadhafi, c'est-à-dire celui qui édifie

Celui qui rendit la Libye belle et prospère.

 L’homme qui tint tête aux gringos

Cet homme qui crut en l’Afrique unie

Le connais-tu mon ami ?

Tu dois le connaître

Tu dois le connaître comme je l’ai connu

Je l’ai connu en l’étudiant

Je l’ai connu en ouvrant les yeux, en fermant mes oreilles

En fermant mes oreilles aux discours haineux de l’occident.

Vois-tu mon ami, j’ai compris un secret

C’est que l’Occident ne peut rien dire de bien de lui

Il a servi son peuple, il a servi l’Afrique

L’Occident n’accepte pas qu’on lui refuse de piller

L’Occident devait l’assassiner,

Le contraire m’aurait surpris.

Mon ami, viens, écoute

Mouammar était un grand leader

L’occident a fabriqué trop de mensonges sur lui

Mais peu importe, c’est leur devoir.

Il a commis des erreurs c’est vrai

Et je lui en veux comme tu ne peux pas imaginer.

Comment a-t-il pu baisser la garde ?

L’Occident est un ennemi redoutable

On ne négocie pas avec lui

On ne lui entrouvre même pas la porte

Sinon il entre et il explose tout de l’intérieur

C’est un kamikaze, un terroriste.

Mouammar a commis l’erreur de baisser la garde

Et les rats de l’Elysée, les rats du Ten downing street ont bu

Les rongeurs de la Maison blanche on bu

Les sauvages ont bu de son sang.

Mouammar je t’en veux !

Où aurons-nous un autre lion ?

D’où viendra un autre Kadhafi, celui qui édifie ?

Il viendra d’Afrique,

Il surgira de l’Afrique combattante.

 

IV

Ils n’oseront plus

Ils n’oseront plus nous frapper camarade

Je te l’assure, camarade plus jamais

Rassure-toi, n’aie crainte

Il n’y aura plus de zone d’exclusion aérienne

Plus de zone d’exclusivité aérienne pour leurs avions de combat

Parce que nous les abattrons

Oui, nous les abattrons camarade.

La déclaration universelle des droits de l’homme c’est un texte

Un texte qui n’a pas suffi à nous protéger

Ils ont violé tous les textes et nous ont frappés.

Le chat dévorera toujours la souris

Malgré les textes, le faible sera toujours une proie

C’est une réalité ma sœur africaine

On ne négocie la paix que quand les forces sont égales.

Ils ne nous frapperont plus

Notre sang ne coulera plus

Nos cadavres ne joncheront plus les champs

L’accalmie sera bientôt possible camarade

Quand nous serons capables de les frapper en retour.

Ils ne décréteront plus un embargo sur les armes

Parce que nous fabriqueront les nôtres

Nos armes seront plus puissantes camarade,

Plus de larmes, camarades armons-nous pour la défense,

Pour la défense de nos terres, de notre sous-sol

Ils ne viendront plus nous voler, plus jamais.

Ils n’oseront plus nous frapper camarade, je te l’assure

Parce que la puissante armée africaine nous protégera.

 

 

 

V

Seule la lutte libère

Si tu crois que l’Afrique sera libre un jour

Alors moi je le crois aussi

Si tu crois que l’Afrique redeviendra impériale

Alors moi je le crois aussi

Si tu crois que c’est à force de le répéter que cela sera effectif

Là je ne suis plus avec toi.

Ce que je pense, ce que je crois,

C’est que nos pleurnichements les arrangent.

L’Afrique a été très belle c’est vrai

Ses civilisations ont été glorieuses, c’est encore vrai

Mais cela ne suffit pas pour nous libérer

Il faut aller plus loin chers camarades.

Le bourreau ne vous épargnera pas la vie

Il ne le fera pas juste parce que votre mère était belle,

Ouvrons les yeux, soyons pragmatiques

La liberté, on ne l’espère pas, on l’arrache

Le maître vit aux dépens de l’esclave

La liberté de l’esclave signifie la mort du maître

Pensez-vous que le maître acceptera de se suicider ?

La liberté on ne l’espère pas, on l’arrache

On ne négocie pas avec l’impérialisme

On ne raisonne pas un bourreau

Seule la lutte libère. 

 

 

VI

Fais la révolution

Jeune africain, jeune patriote

Sais-tu que c’est à toi de faire la révolution ?

Sais-tu d’ailleurs pourquoi tu es jeune ?

Tu es jeune pour déclencher la révolution,

C’est la révolution qui donnera un sens à ta vie.

Tu es là pour démasquer les traîtres

Pour chasser les peaux noires, masques blancs

Pour emprisonner ceux qui servent l’impérialisme

Ceux qui rendent ta patrie ingouvernable

Jeune patriote, tu vis pour la justice, pour la révolution.

La révolution te nourrira toi, ta famille et ton pays

La révolution rendra à ton pays sa souveraineté.

Quel est ce sanguinaire installé par l’occident ?

Jeune patriote lèves-toi et libère ta patrie

Fais ensuite la révolution jeune africain.

 

 

VII

Voici un patriote

Quand les terroristes attaquèrent

Quand les bandits débarquèrent

Et que le chef bandit les soutenait

Avec courage tu revins, malgré les risques

 

 Tu revins pour défendre ta patrie

Pour défendre ta chère Côte d’Ivoire.

Peu auraient agi comme toi,

Comme toi, Charles Blé Goudé, le grand patriote.

 

Vaillant citoyen africain

Comme tu leur as fait peur !

Ils ont dormi sans dormir,

Comme tu leur fait peur encore

Oui, les mains nus et l’amour de ta patrie dans ton cœur

Tu les as fait reculer, eux et leur impérialisme,

Tu as semé l’éveil, le courage et la foi.

 

Africains, soyez courageux, copiez Blé Goudé

La révolution a besoin de courage

La souveraineté repose sur l’abnégation

Blé Goudé vous donne l’exemple

Soyez patriotes, défendez notre patrie, l’Afrique.

 

 

 

VIII

Défendez l’Afrique

Ce n’est pas une  blague

Ce n’est pas un jeu

Ce n’est pas  un vain discours,

Africains, armez-vous !

C’est la voie de sortie

Il ne s’agit pas de bellicisme

Non, il s’agit de défense.

Ne vous leurrez pas

Les conventions de non-agression ne vous sauveront pas

Militarisez-vous

Alors ces conventions seront respectées.

Les puissants ne se battent pas, ils négocient

Les faibles ne négocient pas, ils sont écrasés,

Devenons puissants, armons-nous !

Nous avons été dominés

Nous avons été spoliés, terrorisés,

Frères c’est parce que nous n’avions pas d’armes

Nous ne pouvions pas nous défendre.

Si sur le plan intellectuel nous les avons battus,

Il nous reste du travail sur le plan militaire.

S’ils nous ont montré que la violence chez eux est innée

Il est logique, vital pour nous de nous défendre.

A quoi sert notre fer ?

Armons-nous pour vivre.

 

 

 

 

 

 

IX

Le cœur ouvert

Pourquoi voulez-vous recolonisez l’Afrique ?

Je veux dire pourquoi prolonger la colonisation ?

Africains  pourquoi augmenter le nombre de vos colonisateurs ?

Il y avait l’Occident jusqu’ici, et maintenant la Chine.

La Chine ne frappe pas encore c’est vrai,

Mais l’histoire nous dit que dans l’avenir elle le fera.

Africains pourquoi recolonisez-vous ce continent ?

Pourquoi vous ouvrir si naïvement ?

Ne vous a-t-on pas parlé de protectionnisme ?

L’Occident et la Chine l’ont pratiqué drastiquement

Le protectionnisme les a rendus forts et puis ils se sont ouverts

Qu’ils s’ouvrent entre eux !

Quant à  nous, nous avons besoin de temps.

La mondialisation n’est qu’un piège pour les faibles

L’Afrique est faible… pour le moment.

S’ouvrir c’est un suicide

S’ouvrir c’est dire non à la création d’industries

S’ouvrir c’est dire oui à l’exploitation de l’Afrique

S’ouvrir c’est s’étouffer, c’est mourir.

Que l’Afrique se reprenne en main,

Que l’Afrique pense, que ses enfants innovent

Embrasser la mondialisation c’est perpétuer la colonisation.

 

 

 

X

Le monde sans l’Afrique

Le pouvoir est à l’Afrique

Elle tient les autres dans sa main

Sans son coltan pas de téléphone

Sans l’Afrique pas d’avion

Sans l’Afrique pas de chocolat,

L’Afrique a le pouvoir.

L’Afrique c’est la matière première

Quand comprendra-t-elle qu’elle tient la vie ?

Le maillon le plus important de la chaîne mendie

Il suffit qu’il se bouge pour que les autres aient faim

Ce maillon ignore son rôle, sa force.

L’Afrique c’est la lumière

L’uranium d’Arlit éclaire la France

L’Afrique comprendra-t-elle ?

Elle a un rôle à jouer, elle doit l’arracher,

Elle doit transformer ses matières premières.

Cinq siècles de pillage ce n’est pas rien

Il faut effrayer les bandits,

Il faut à l’Afrique des forteresses.

 

 

 

XI

Contrôlez l’avenir

Révoltez-vous donc bandes de lâches

Depuis quand vous lamentez-vous ?

Vous êtes maîtres dénonciateurs n’est-ce pas ?

Rien ne passe sans que vous ne criiez

Heureusement cela ne suffit pas,

Car la démocratie n’aime pas les lâches

Si elle se donne gratuitement à vous

Vous en ferez mauvais usage, elle se mérite.

Battez-vous, renversez les tyrans

Prenez donc le pouvoir.

Le dictateur et sa soldatesque vous oppriment

Et malheureusement vos peurs vous répriment.

Jusqu’à quand peuples d’Afrique ?

Jusqu’à quand jeunes d’Afrique ?

Mais révoltez-vous !

Le chômage, la faim, la guerre, la misère…

Cessez de mériter ces souffrances,

Prenez donc le pouvoir

Vos lamentations ne changent rien

Vos visages pâles n’émeuvent même plus.

Méritez la vie, exercez ce qui en fait l’essence, combattez

Arrachez le pouvoir à ces régimes incompétents et tyranniques.

 

 

 

XII

Jeune malheureux

Jeune d’Afrique, jeune apolitique

Sais-tu que tu es arriéré ?

Même si tu fuis la politique elle agit sur toi

Qui changera ton pays si ce n’est toi ?

Tu crois que c’est l’affaire des autres

S’ils y arrivent tu profiteras des retombées n’est-ce pas ?

Egoïste de ton état

Es-tu né pour picoler sans réfléchir ?

Pendant qu’on agresse l’Afrique tu dors dans les boîtes de nuits

Tu te livres aux futilités, au sommeil

Tu n’es qu’un crétin, tu n’es qu’un traître.

Tu es né africain pour un but

Les tiens souffrent pour un but

Ils souffrent afin que tu changes leur souffrance en bonheur

Ta mission est claire, remplis-la.

La maison Afrique brûle

Te crois-tu trop jeune pour éteindre le feu ?

Ne l’éteins pas, dors, mets-toi en retrait, tu brûleras aussi.

Jeune d’Afrique pense à ton continent

Dépose ta bouteille, cesse de manger, réveilles-toi

Tu es jeune pour libérer l’Afrique.

 

 

 

XIII

Exécutant docile

Soldat du roi, fantassin du dictateur

Voici que tu tires sur le peuple

Ce peuple dont tu es issu

Le respect de « l’ordre » te rend-t-il si idiot ?

Le peuple est juste tu le sais

Mais tu ne veux pas désobéir à la hiérarchie

Tu ne veux pas et pourtant tu peux.

Si le dictateur est là c’est par ta faute

S’il dure au pouvoir c’est parce que tu le soutiens.

Ne vois-tu pas tes frères qui souffrent ?

Ne vois-tu pas tes mères croupir dans la misère ?

Tes amis avec qui tu as grandi chôment

Tout est la faute de ce tyran au pouvoir

Mais plus encore c’est ta faute.

Tu tires sur un homme, sur une femme

Ils auraient pu être ton frère, ta sœur, ta mère ou ton père

Le sais-tu sale brute ?

Non tu ne le sais pas

Tu as été formaté, conditionné

Tu ne penses plus par toi-même, tu n’es plus un homme.

Tu n’es plus un homme, tu es une brute, un sauvage

Tu lèches les bottes du dictateur

Défends-toi, sois digne, sois un homme.

 

 

 

XIV

L’Afrique est unique

Vive l’Afrique « indépendante » en 1960

Vive la fausse indépendance politique

De quelle indépendance parlez-vous ?

Avez-vous déjà vu une indépendance si vide ?

Parle-t-on d’indépendance sans souveraineté économique ?

Oui on en parle en Afrique

L’Afrique est unique, unique dans le ridicule.

Vive le Franc des Colonies Françaises d’Afrique

Vive le vol de la France.

Tchundjang vous a parlé

Agbohou vous a crié dessus

Et vous n’avez même pas honte

Vous continuez à parler d’indépendance.

Vous les pauvres, continuez à financer la France

Faites-vous dépouiller comme des salauds.

La libre convertibilité, la fixité des parités, la centralisation des changes…

Rien de moins qu’une arnaque scientifique.

Soyez enfin indépendants, créez une monnaie

Bande de bornés faites quelque chose

Une monnaie africaine est déjà garantie

Nos matières premières ont déjà tout garanti.

 

 

XV

Ouvre un livre

Depuis le début de cette année

Depuis bien longtemps, as-tu lu un livre ?

Combien de livres as-tu lus, combien de bons livres ?

Sais-tu qu’Aristote n’est qu’un vulgaire plagiaire ?

Sais-tu qu’Hippocrate n’est pas le père de la médecine ?

Sais-tu que Pythagore et des « savants » grecs ont copié ?

Ils sont venus copier en Afrique, oui, ici chez toi.

A l’école on t’enseigne une histoire tronquée

Tu ne le sauras jamais si tu ne lis pas les bons livres

Tu ne sauras jamais que les étatsuniens ont frappés leur pays un 11 septembre,

Tu ne sauras jamais qu’Armstrong n’est pas le premier sur la lune

Tu ne sauras jamais si tu continues à suivre les mainstream medias.

On peut être antisioniste et ne pas être antisémite

Et pourtant ces médias te diront le contraire.

D’ailleurs la majorité des juifs ne sont pas sémites, le sais-tu ?

Lis les bons livres, suis les bons médias et aie du bon sens.

L’économie capitaliste, celle que tu étudies, ne mène qu’aux crises

Je crois que tu n’ignores pas que l’ONU c’est le machin des puissants

Et que c’est l’Occident qui doit à l’Afrique et non le contraire.

Tu sauras encore plus de choses si tu ouvres un livre, un bon livre.

Mais il ne suffit pas de lire ou de savoir

Fais quelque chose, impose le changement.

 

 

 

XVI

On les brisa un à un

Je pense à ces bâtonnets jadis réunis qu’on ne pouvait briser

Je sais qu’un à un on les brisa sans difficultés.

Je regarde ces républiquettes africaines

Je sais qu’on les brisera sans difficulté

Je sais que seul l’Etat Africain sera salutaire.

L’unité, le panafricanisme… rien que des concepts

Mais des concepts qui portent nos vies

Négligez-les, croyez que ceux qui les défendent sont fous

Oui, ce sont des rêveurs, des salauds

Des salauds parce qu’ils craignent vos égoïsmes nationaux

Ne les écoutez pas ; et vous vivrez l’enfer dans ce continent.

Soyez-en assurés, le temps de la barbarie impérialiste ne fait que recommencer

Elle brisera un à un chaque pays où se trouve ses intérêts

Personne ne sera épargné, pas même les peaux noires, masques blancs.

Désunis d’Afrique unissez-vous !

Sachez qu’ensemble chacun de vous gagnera plus

Unissez-vous, c’est une prière, c’est un ordre de la vie

Ne négligez pas la vie, elle réside dans l’unité.

L’impérialisme a repris sa course effrénée

Il écrasera tout sur son passage, y compris vous

Attendez-le  individuellement et vous connaîtrez la douleur du feu.

 

 

 

XVII

Agissez

Soyez donc solidaires camarades

Etes-vous conscients de la tâche que vous avez ?

Votre mission est d’abattre un système

Un système puissant, vous le savez !

Un système compact et prêt.

Croyez-vous le renverser avec votre laxisme ?

Croyez-vous que trop attendre c’est stratégique ?

Votre stratégie est une perte de temps

Même si le système agonise, il ne mourra pas de lui-même

S’il est malade, ça passera si vous ne lui donnez pas le coup de grâce.

Vous perdez du temps, un temps précieux

L’impérialisme se récrée, il mange et trinque

Et les prochains temps seront difficiles.

Le travail est dur et périlleux c’est vrai

Mais ce n’est pas une raison pour repousser son exécution.

Agissez camarades militaires,

Agissez camarades citoyens,

Agissez camarades prolétaires

Renversez la dictature des oligarques

Le pouvoir appartient au peuple.

 

 

 

XVIII

Partenariat gagnant-perdant

Cette coopération, quelle duperie !

Opérations chirurgicales du sous-sol africain

Vols de cerveaux africains

Transferts de déchets toxiques occidentaux.

Que d’arches de Zoé inaperçus

Que d’argent africain dans le trésor public gaulois

Que de concessions sans contrepartie.

Les opérations « Turquoise »

Les forces « Licorne »

Que de violence et de sang versé.

Et cette mondialisation, quel gâchis !

Mondialisation de la pauvreté

Internationalisation de l’exploitation

Pillage et étouffement de l’Afrique.

Mondialisation des profits de l’Occident

Pertes programmées de l’Afrique.

Que dire des aides piégées ?

Et cette dette odieuse

Et ci, et ça,

Réveillez-vous un peu

Quel est ce partenariat gagnant-perdant ?

Des siècles n’ont-ils pas suffi à vous instruire ?

L’ennemi a le même visage même s’il change d’habit.

Ouvrez les yeux, fermez les portes !

 

 

 

XIX

Chers camarades

Faites attention chers camarades

Cette mission est beaucoup trop importante.

Avec le temps qui passe vous faites de moins en moins attention

Vous négligez de plus en plus les grains de sable

Croyez-moi, ils enrayeront votre machine.

La révolution repose sur la rigueur

La révolution n’est pas une affaire de cœur mais de raison

On ne devient pas camarade sur de simples sympathies,

Le titre de camarade se mérite au bout de grandes épreuves

Le temps est important pour confirmer ce statut.

Les camarades ne se recrutent pas ailleurs que sur le terrain.

Camarades, l’Afrique doit vaincre

Mais elle ne vaincra pas avec des traîtres, avec des froids

Et je vois parmi vous ces brebis galeuses

Je vois ces doubles visages

Ils se cacheront et vous trahiront au jour fatidique

Ils renieront l’Afrique camarades.

Et même si vous gagnez avec eux,

Tôt ou tard ils « rectifieront » la révolution

Ils revendront l’Afrique aux impérialistes.

Revoyez vos rangs camarades

Arrachez l’ivraie, arrosez la bonne graine

L’Afrique doit vaincre !

 

 

 

XX

Levez-vous

« L’avenir du Congo est beau »

Mes yeux voient le contraire

Le monde voit les guerres interminables,

L’impérialisme vorace

La pauvreté, la douleur et la laideur.

Lumumba s’était-il trompé ?

Non, c’est vous qui vous êtes trompés

C’est vous qui avez menti.

Vous avez menti à vous-mêmes

Vous avez refusé de travailler pour cet avenir

Vous pleurez, vous criez, vous crevez

Malheur à vous, malheur à vous !

Vous n’avez plus jamais sorti la tête de l’eau

Depuis ce tragique jour de 1961

Vous n’avez plus osé inventer l’avenir

Que n’avez-vous subi ?

Mais jamais vous ne vous êtes levés comme un seul peuple.

La MONUSCO ne vous aidera pas, ce n’est pas sa mission

La pitié du monde ne vous sauvera pas.

Maintenant, prenez-vous en main peuple uni du Congo

Que Lumumba vous inspire

Unissez-vous, chassez parmi vous les pions de l’impérialisme

Faites-le pour l’Afrique

Et que Lumumba vous inspire.

 

 

 

 

XXI

Je me battrai

Je rêve d’une Afrique unie

Je rêve de l’Afrique impériale

Je la vois dans l’avenir embellie

C’est mon rêve, elle sera une étoile.

Il n’y aura plus de frontières

Nous nous compléterons en matières premières

Il y aura des routes transafricaines

Un marché intérieur africain florissant et pérenne

L’unité sera très profitable, c’est pourquoi j’en rêve

Et je sais qu’elle ne sera brisée ni par un Kroutchev ni par un Gorbatchev.

C’est mon souhait, c’est mon rêve

Frères et sœurs nous nous tiendrons la main et l’Afrique se nourrira de cette sève.

Ce n’est qu’un rêve malheureusement.

Depuis des décennies on rêve seulement

Nos rêves se sont échoués sur les côtes escarpées de la barbarie impérialiste

Toutefois je n’arrêterai pas de rêver, je serai réaliste

Je me battrai, je me battrai je vous l’assure

Hordes d’impérialistes réarmez-vous, prenez des allures

Pour mes rêves je me battrai, jusqu’au bout

Moi, africain, je me battrai et je vous vaincrai, vous !

 

 

XXII

Descend monsieur

Descend, voyou descend

Membre de la françafrique descend

Descend voir la souffrance du peuple d’Afrique

Tu laisses dans le trésor gaulois notre fric

Si tu ne peux rien changer descend, va-t-en !

Oui, toi président descend

Laisse l’Afrique aux africains, toi masque blanc.

Qu’attends-tu monsieur, tu nous perds le temps

Pantin va-t-en, dis à tes employeurs que tu n’en peux plus

Dis-leur que nous sommes désormais allergiques aux sangsues

Dégage mal élu, libère les parages

Néocolon, c’est fini tes exploitations, tes avantages.

Dégage françafricain

Je sais que tu n’as plus honte, et que tu veux aller jusqu’à la fin

Puisque tu ne veux partir de toi-même

Tu crois t’accrocher par de bas stratagèmes

Mais c’est aujourd’hui la fin, aujourd’hui c’est fini,

Je te livre à ce peuple uni

Je te livre à ces militaires révolutionnaires

Ils te mettront dehors traître, faussaire.

 

XXIII

Ce que veut l’Afrique

Quels sont ces intellectuels incapables de porter des idées ?

Ce que l’Afrique veut ce sont des idées libératrices

Mais vous spéculez sur les choses secondaires

Vous distrayez au lieu d’armer

Vous vous bornez à critiquer, à analyser au lieu de proposer.

Ce que l’Afrique veut ce n’est pas la lamentation

Ce dont elle a besoin ce ne sont pas des jérémiades

Jérémiades sur l’esclavage, la colonisation, la françafrique,

Oui, ce sont des crimes à ne pas oublier

Mais pour le moment nous ne pouvons exiger des réparations.

L’Afrique doit être forte pour oser

Elle a besoin de vos propositions anti-impérialistes

Elle a besoin de vos projets de défense

Emettez des idées jamais conçues auparavant

Faites quelque chose, c’est urgent

Faites retraite pour l’Afrique, rapportez des solutions.

Les dominateurs ne dorment pas

Ils travaillent sur des projets plus criminels que l’esclavage.

C’est urgent, cessez ces théories qui brouillent les pistes

Arrêtez vos réflexions qui n’aident pas l’Afrique

Intellectuels, portez-vous des œillères ?

Avez-vous choisi le camp contre l’Afrique ?

Sinon réveillez-vous, réveillez-vous

Mettez fin à ce sommeil de la raison,

Ce que la raison veut ; c’est que l’Afrique soit libre.

 

 

XXIV

Et si vous disparaissiez…

L’Afrique sans les africains

J’en suis sûr, voilà leur nouveau projet.

Les africains, cette humanité excédentaire,

Tenez-vous prêt ce qui se prépare est pire

Pire que ce que nous avons vécu jusqu’ici.

Une population jeune et forte leur fait peur plus que tout

Une population quasi vierge de la mentalité coloniale est une horreur

Une population qui croît sans cesse et commence à penser c’est grave,

Car c’est un bouclier contre les spoliations

C’est une fin imminente du colonialisme.

Puisque les impérialistes n’ont jamais voulu vivre par leurs moyens

Puisque l’Afrique les a développés, nourris et vêtus

Une Afrique libre est donc dangereuse.

Ils ont un projet terrible je vous assure,

Un projet discret mais flagrant

Je le vois dans ce que vous mangez

Je le détecte dans vos vaccins et médicaments dits tropicaux

Je sais que le projet est en cours

L’Afrique sans les africains,

L’Afrique avec ses matières premières seulement.

Le projet est en cours, j’en suis sûr

Il est terrifiant, il dépasse l’entendement.

 

 

XXV

Les cannibales sont là

Ils sont en crise

Ils sont poussés dans leurs retranchements

Ils sont plus dangereux que jamais

Ils se préparent à bondir sur tout ce qui n’est pas protégé,

L’Afrique c’est la proie idéale

Elle a tout pour nourrir ces cannibales.

Les cadavres ne les feront pas ciller

 Les bombardements ne cesseront plus

Les sécessions des territoires riches ne s’arrêteront plus

Les rébellions nuisibles feront encore pour longtemps la loi

Les interventions humanitaires violentes sont parties pour durer.

Ils sont en crise, pire, en crise morale

Ils commettront les pires atrocités au nom de la démocratie.

Cette Afrique frappée le sera encore

Cette Afrique méprisée sera cette fois écrasée

Soyez patients, leurs masques humains tomberont

Vous subirez l’animalité humaine.

Malheureusement, cette Afrique frappée le sera encore

Mais si en retour elle peut frapper, ça change tout.

 

 

 

XXVI

Naïve, cette Afrique

Qu’est-ce que l’Afrique fait ?

Les autres forment des millions d’ingénieurs, que fait-elle ?

Pendant que les autres s’arment que fout-elle ?

Les autres s’unissent pendant que l’Afrique se déchire

L’Amérique latine se libère avec son CELAC, son ALBA

L’Afrique s’enchaîne dans son UA  financée par l’étranger

Pendant que les autres pensent, travaillent et innovent

Les africains dorment comme des princes.

Pendant que les autres craignent la trahison et croient en leurs forces

L’Afrique croit en l’autoproclamée communauté internationale.

Les autres font des clôtures pour éloigner les loups

L’Afrique laisse entrer les tigres de Bretton Woods dans sa bergerie

Et si l’Afrique pleure elle le mérite bien.

Les soi-disant experts de Bretton Woods ne sécheront pas ses larmes

Mais les plans de Tchundjang, d’Agbohou et de Samir Amin la consoleront.

Renversez les dormeurs qui vous gouvernent

Arrachez le pouvoir et faites avancer l’Afrique.

 

 

XXVII

Taisez-vous

Vous ne pouvez rien comprendre

Vous ne pouvez rien expliquer,

Epargnez-moi votre compassion,

Ma douleur, vous ne pouvez l’imaginer.

Vos livres, vos documentaires sur le pillage de l’Afrique

Vos confessions sur les massacres que vous avez perpétrés,

Détrompez-vous, cela n’apaise pas ma souffrance.

Vous m’avez lâchement empoisonné

Et à deux instants de ma mort vous venez me le dire

Que voulez-vous que je comprenne ?

Ma douleur est plus que ce que la peine commande.

Alors si vous avez soutenu le génocide rwandais

Si aujourd’hui vous cachez encore les génocidaires

Et que Bruguière n’a fait que de la comédie

Que voulez-vous que je comprenne ?

Puisque vous avez tué Sankara, Lumumba

Puisque Mandela nous a trahit par votre faute

Et que Simone Ehivet est à la place des voyous que vous avez intronisés

Je ne veux rien comprendre qui vienne de vous.

Je sais que vous avez commis trop de crimes

Vos documentaires, vos révélations, ne m’apprennent rien

Il y a longtemps que je sais que vous êtes des criminels

Peut-être vous ne me renseignez que sur les détails de vos crimes

Il y a bien longtemps que j’ai tout compris.

Mais ce que je déteste, ce qui me fait vous mépriser

C’est que vous me disiez que vous comprenez ma douleur,

Si vous comprenez ma douleur, allez-vous-en !

Mais je sais que vous ne partirez pas

Toutefois sachez que votre poison ne me tuera pas ;

Votre butin, pauvres impérialistes, n’est donc pas encore sécurisé.

 

 

 

 

 

XXVIII

Choisissez votre camp

Je sais que les grands rois passent aussi

Je crois qu’avant leur trépas ils choisissent des successeurs dignes.

Je sais que les admirateurs sont sincères

Et qu’au fond de leurs cœurs ils voudraient être comme ceux qu’ils admirent.

Mais je sais aussi que les successeurs dignes trahissent

Et que les admirateurs ont peur d’osé ce qu’ils admirent.

Dignes enfants d’Afrique, ne parlez plus de Lumumba

Si vous ne pouvez dire frontalement non à l’impérialisme,

N’osez plus évoquer fièrement Sankara

Si vous militaires ou civils, ne pouvez porter si haut l’intégrité.

Si vous ne pouvez oser inventer l’avenir

Ne parlez plus du seul président du Faso que je connaisse.

Si vous admirer Nkrumah, alors travaillez pour l’unité de l’Afrique

Si Sylvannus Olympio, Rawlings ou Blé Goudé vous traversent l’esprit

Militez pour cette Afrique fière et unique dans le monde.

Soyez conscients, réfléchissez pour l’Afrique si vous aimez Bantu Biko

Soyez solidaires si vous pensez à Kadhafi ou à Nasser

Si vous aimez l’Afrique, pointez ce qui cloche et révolutionnez.

Aimer ces vaillants hommes, les admirer ou les chanter ne suffit pas

Si vous ne pouvez faire comme eux, choisissez votre camp et taisez-vous.

Depuis que vous les célébrez, qu’avez-vous fait comme eux ?

Si vous aimez l’Afrique, faites quelque chose pour elle aujourd’hui.

 

 

XXIX

Consciousness Brother

Qui te le dira Steve Biko ?

Si tu savais mon frère que beaucoup a changé

Si tu savais que l’apartheid est désormais terminé

Les noirs peuvent désormais voter : one man, one vote

Oui, c’est désormais possible mon frère Bantu.

La vie est arc-en-ciel, tout va mieux dans la nation colorée

Tout va mieux, mais c’est sur le papier mon frère.

Si tu savais que ce pourquoi tu luttais a été trahi

Les idées de la lutte ont été étouffées

L’African National Congress a retourné sa veste.

Quelques milliers de noirs ont été empowered

Et puis le reste des noirs vit ce que tu as connu.

Soweto n’a pas changé mon frère, aussi misérable comme tu l’as connu

La réforme agraire n’a pas eu lieu,

Mais l’apartheid est terminé, sur le papier mon frère.

Si les mines n’ont pas été nationalisées, pourquoi luttait-on ?

Je me pose aussi cette question, ils ont même massacré à Marikana

L’ANC n’a eu rien que le pouvoir politique sans le pouvoir économique, tu t’imagines !

Les cadres se sont enrichis insolemment

Ceux qui ont voulu rappeler les raisons de la lutte ont été écartés.

Si tu savais que Mandela a même son day, le 18 juillet

C’est la preuve qu’il est allé au-delà des concessions, il a accepté l’humiliation.

Il a négocié la fin de l’apartheid étant en prison

Vraiment je me demande si un prisonnier peut exiger quoique ce soit,

Oui, il a noyé toutes ces années de prison dans la trahison.

Si tu savais mon frère que la lutte est loin d’être terminée.

Oui, consciousness Brother, je suis conscient je ne peux pas oublier,

Ne t’en fais pas, à la prochaine conversation tu seras satisfait

Le combat est loin d’être terminé

Quand nous reparlerons, tout aura changé, vraiment changé mon frère.

 

 

XXX

Cessez de rêver

L’Afrique ne se libérera jamais

L’Afrique crèvera dans cette situation je vous le dis

Ne rêvez plus, ça ne changera pas.

Comment voulez-vous qu’elle change ?

L’Afrique c’est sa jeunesse, mais quels jeunes !

Croyez vous que des jeunes si distraits pensent ?

Ils sont mondains, vaniteux, incultes,

Ah, cessez de croire en ce qui ne peut pas être.

Je pensais que vos idées avaient une fondation solide

Mais je vois que ces individus que vous appelez jeunes n’ont rien de jeune.

Ils passent leurs journées dans les alcools, les salles de jeux…

Ils rient, dansent, s’exhibent pendant que l’Afrique brûle

Vous croyez en ces jeunes dépolitisés, résignés, inconscients,

Moi je sais que c’est une bande de canailles.

Ailleurs les jeunes étudient, pensent, prévoient l’avenir

Ici, ceux-ci flirtent, friment, et pourtant…

Et pourtant ils n’ont pas à manger, ils ne peuvent même pas se soigner

Et pourtant leurs tyrans les écrasent, et l’Afrique ne cesse de brûler.

Ils sont incapables de voir qu’ils vont vers la tombe,

C’est pourquoi, je veux que vous cessiez de rêver

Cessez d’estimer des canailles, c’est révoltant.

Cette jeunesse est méprisable, et je la méprise.

 

 

XXXI

Partez avant

Libérez les grands lacs

Libérez le grand Congo.

Impérialistes foutez-nous la paix

Partez avec vos missions de maintien de la paix

Ces millions de morts ne vous suffisent-ils pas ?

Non, ça ne suffira jamais.

Vous avez besoin de chaos pour voler

Bande de voleurs.

Communauté internationale criminelle

Toutes ces femmes violées,

Tous ces enfants enrôlés pour faire vos sales guerres

La barbarie vous sied tellement.

Le diamant, le cobalt et tout ça, vous ne vous rassasiez donc pas ?

Non, tout l’or du monde ne rassasie pas une pieuvre.

Laissez-nous vivre, partez un peu, troupeau de porcs,

Mais partir ne fait pas partie de votre agenda.

Tenez-vous donc prêts, il faudra encore vous fortifier

Nous ne nous laisserons plus voler comme des enfants,

Ne partez pas, attendez un peu

Bientôt vous comprendrez ce que c’est, quand l’esclave brise ses chaînes

Ne soyez pas intimidés, attendez un peu ; un tout petit peu.

 

 

XXXII

Non pour l’Afrique

Que veut l’Afrique ?

Elle veut des dirigeants qui disent non,

Elle a besoin des héros comme Sékou Touré

Pas le Sékou du camp Boiro, mais le Touré du non.

Ceux qui disent non à la sorcellerie

Ceux qui disent non aux sectes pernicieuses.

L’Afrique a besoin de dirigeants fiers

Elle veut ceux qui se posent et osent

Comme Sékou Touré, au moins pour son non.

Pendant qu’une majorité écrasante choisissait l’esclavage

Seul contre tous, Sékou Touré préféra la liberté un jour de l’année 1958

Il préféra la liberté pour le peuple.

L’Afrique a besoin de liberté

Ses dirigeants doivent enfin dire non,

Non aux relations incestueuses avec l’Occident

Non aux sectes qui les lient dans les chaînes de Satan

S’il faut dire non et mourir,

Qu’ils le fassent au moins pour le peuple,

Qu’ils le disent pour effacer leurs consentements pécheurs.

Et s’ils continuent à dire oui aux accords secrets qui nuisent à l’Afrique,

S’ils continuent à dire oui au pillage de notre uranium à Akokan,

S’ils continuent à accepter l’esclavage du peuple africain,

Alors ce sont les dignes enfants d’Afrique qui diront non.

Ils renverseront ces ouisards, le temps des affronts impérialistes est révolu

Voici le temps du non pour l’Afrique.

 

XXXIII

C’est terminé

Oui, j’en suis convaincu, l’Afrique changera

Oui, j’en suis convaincu, l’Afrique s’unira.

Les beaux jours sont devant nous,

Je suis optimiste pour l’Afrique.

La santé gratuite que je vois ailleurs

Je le sais, sera instituée aussi en Afrique

L’école sera également gratuite comme ailleurs,

L’Afrique réussira, elle est riche, elle pourra payer tout cela.

Les dirigeants d’Afrique seront fiers

Ils ne courberont jamais l’échine

Ils redonneront un autre visage de ce beau continent.

Il y aura du travail en abondance

Fini la misère, fini la faim,

Terminé le travail à la houe

Terminé ces souffrances que je subis chaque jour.

Oui, je le sais l’Afrique changera,

Oui, je suis optimiste.

Moi aussi je parlerais comme toi

Je pourrais crier cela plus que toi

Mais je sais mon frère, ma sœur

Je sais qu’il faut que nous disions d’abord non,

Non à ceux qui s’opposent à nos souhaits

Non à ces dictateurs locaux

C’est la première étape indispensable ;

Prenons d’abord le pouvoir, puis construisons l’Afrique que nous voulons.

 

 

XXXIV

L’officier libre

Les hommes d’honneur laissent leurs noms

Leurs peuples ne les oublient jamais.

C’est pourquoi en ces temps d’humiliation de l’Afrique

Les africains forgent leurs hommes d’honneur

Ils seront comme Nasser le visionnaire.

Gamal Abdel Nasser rendit à son peuple sa fierté, sa grandeur,

Comme nul autre, ce grand raïs le fit.

Il assurait, rassurait.

Nasser, inamovible par la force du peuple.

Les pays d’Afrique attendent leurs Nasser

Bientôt ils les imposeront au pouvoir

Pour que leurs canaux de richesses soient nationalisés,

Pour laver les affronts que l’Afrique a subis jusqu’ici.

Ils arrivent, les hommes d’honneur, ils arrivent

L’Afrique ne sera plus la chasse gardée des multinationales

Il n’y aura plus d’incursions illégales dans ses eaux territoriales.

L’Afrique attend, elle attend

Mais qu’ils se dépêchent ces hommes d’honneur !

Prenez le pouvoir, et faites la révolution

Officiers libres, militaires libres

N’assurez plus cet « ordre » qui nuit au peuple,

Faites la différence entre le légal et le légitime

Venez, accompagnez le peuple dans la révolution,

L’Afrique attend, elle attend ses enfants d’honneur.

 

 

XXXV

Creusez vos tombes

Génération « postcoloniale »

Génération en danger,

Génération imprudente, dangereuse pour l’Afrique.

Génération vaniteuse,

Jeunes d’Afrique, auriez-vous un avenir ?

Laissez tomber vos masques blancs

Soyez peaux noires seulement jeunes d’Afrique

Cessez de vous corrompre par la télévision,

La culture occidentale n’est pas l’idéal

Elle est chaque jour plus pernicieuse,

Pensez comme des africains, agissez comme des africains.

Frantz Fanon vous a demandé de découvrir votre mission

Je vous demande de la remplir,

Elle est déjà découverte ; libérez l’Afrique !

Votre allure assure que vous trahirez la mission

Mais préparez-vous, creusez déjà vos tombes

Car l’impérialisme vous égorgera sans états d’âme.

 

 

XXXVI

Africa must unite !

L’Afrique ne s’unira-t-elle pas ?

Nkrumah prêchait-il au désert ?

Vous avez refusé l’unité hier

La refuserez-vous aujourd’hui ?

L’unité n’est pas un choix, c’est un impératif

Africa must unite !

Soyez tous des Nkrumah ; exigez l’unité de l’Afrique.

Kwame l’a su dès le commencement,

Des décennies plus tard, ignoreriez-vous ce qui doit être ?

Puisque leur Union Africaine ne veut pas l’unité

Puisque ces colonisés au pouvoir n’en veulent pas non plus,

Africains, construisez-la de la base,

Imposez-leur l’unité,

Et s’ils n’en veulent pas, chassez-les.

Pays par pays, prenez le pouvoir dignes africains

Unissez vos pays souverains, isolez les brebis galeuses

Libérez les territoires d’Afrique non-souverains.

Dépêchons-nous camarades, car il est tard

Mais avant qu’il ne soit trop tard, agissons

Nos vies en dépendent, encore plus, celles de nos descendants.

Aimerais-tu camarade que ton fils meure de faim ou sous des bombes humanitaires ?

Aimerais-tu que ta fille soit souillée par ces mercenaires barbares ?

Quant à moi camarade, je ne resterai pas les bras croisés

Je ferai quelque chose pour l’Afrique, pour mes enfants et mes petits-enfants.

L’Afrique ne résistera jamais si elle continue à avancer en particules,

Debout camarades, la patrie africaine ou la mort, nous vaincrons !

 

 

XXXVII

La lutte sublime

Africaines, africains, combattants de la souveraineté

Vous qui luttez sans relâche aux côtés de l’Afrique,

Lumumba vous demande de faire d’aujourd’hui une date illustre.

Faites d’aujourd’hui un jour que l’Afrique n’oubliera pas

Faites de ce jour, le jour de la lutte pour la libération de l’Afrique.

Que la lutte soit ardente, idéaliste et matérialiste,

Ne ménagez ni vos forces, ni vos privations ni vos souffrances

Battez-vous, c’est une lutte noble et juste,

Elle est indispensable pour mettre fin à cette humiliante néo-colonisation.

Vos blessures seront douloureuses, mais n’abandonnez pas.

N’oubliez pas l’exploitation, la faim, les spoliations dont vous êtes victimes,

N’oubliez pas les croisades de l’aube de l’odyssée ou de Licorne

N’oubliez pas ces meurtres perpétrés au Katanga en Janvier 1961

N’oubliez pas celui de Ouaga en 1987, n’oubliez nul autre, jamais.

Levez-vous et battez-vous pour que cela n’arrive plus jamais,

Chassez hors d’Afrique l’impérialisme,

Traitez d’égal à égal avec eux.

Ensemble, commencez la lutte sublime

Elle mènera l’Afrique à la paix, à la prospérité et à la grandeur,

L’Afrique sera par votre sacrifice le centre de rayonnement du monde entier.

 

 

 

 

 

 

 

XXXVIII

Le peuple agira

L’Afrique et ses économies extraverties

L’Afrique et son marché intérieur inexploité

L’Afrique et son plagiat économique,

L’Afrique engluée dans cette économie qui ne mène qu’aux crises.

Le centre a toujours pillé la périphérie

Tchundjang l’a dit et prouvé

Amin l’a redit ; cette économie est structurellement déficitaire

C’est pourquoi, ces savants n’ont jamais reçu le Nobel d’économie

Ils n’ont jamais validé les théories bancales de Ricardo.

Ces savants n’ont pas été écoutés par ces pantins au pouvoir en Afrique

Mais le peuple africain les a écoutés attentivement,

Le peuple africain agira.

Puisqu’il faut aller à la racine de tous les maux pour les extirper

Le peuple africain chassera les impérialistes et leurs marionnettes locales,

Il appliquera ensuite les théories de ses savants,

Aux antipodes de celles de Bretton Woods,

Dorénavant tout ira mieux, pour l’Afrique, tout ira mieux.

Sachez que le peuple d’Afrique sait le préalable pour que tout aille mieux,

Il mettra hors d’état de nuire ces incompétents au pouvoir

Ensuite les impérialistes auront à faire.

Plus de Franc des Colonies Françaises d’Afrique !

Consolidez vos positions, le peuple africain est déterminé,

Il sait qu’il est obligé de vous neutraliser

Car s’il échoue, il sait que c’est lui-même qui sera mortellement ajusté,

Il n’a donc pas deux choix, et vous n’avez pas de chance

Plus d’un milliard d’humains forment un rouleau compresseur.

 

 

XXXIX

La bataille de l’unité

Du choc des idées naîtra l’unité

Sankara le savait ; l’unité ne sera pas offerte sur un plat en or

Vous ne serez jamais d’accord sur tous les points

Mais jamais, que vos débats ou vos visions ne se détournent de l’unité de l’Afrique.

Vos échanges seront houleux

Mais en tout temps qu’ils soient fructueux pour l’Afrique,

Vous pourriez même vous détester

Mais jamais, au grand jamais, que votre amour pour l’Afrique n’en souffre

C’est pourquoi au moment où les ennemis attaqueront

Mettez de côté vos rancœurs, et battez-vous ensemble contre lui.

Le travail sera harassant, le chemin sera long

Mais ne reportez jamais le départ pour cette raison,

Les coups que vous recevrez seront très durs

Les trahisons seront flagrantes et cruelles

Vous en viendrez même à douter de la réalisation de cette unité,

Mais tenez fermes, l’Afrique vous soutiendra, vous vaincrez.

Les ennemis vous infiltreront

Mais les épreuves les démasqueront,

L’impérialisme armera des mercenaires pour vous éliminer

Mais le parapluie de la justice vous couvrira.

L’unité de l’Afrique les fait peur

C’est pourquoi attendez-vous à tous les mauvais coups,

Mais le plus important c’est votre détermination, ce n’est pas leur force.

Du choc des idées naîtra l’unité,

Osez inventer l’Afrique unie.

 

 

XL

J’ai compris

Burkina Faso, terre d’intégrité

Je t’ai aimé et je t’aime encore.

Ton digne fils m’a appris la grandeur

J’ai compris avec Sankara qu’on peut être intègre jusqu’à la mort,

J’ai compris avec lui qu’on tient les promesses faites au peuple

Qu’on peut se battre avec et pour le peuple.

Burkina Faso, je t’ai aimé, je l’ai aimé.

Je t’ai aimé quand ton nom portait encore son essence

Je t’aime encore malgré ce nom que personne ne respecte plus.

Ton fils t’a été fidèle, il t’a honoré,

Je l’ai aimé et je l’aime encore.

Je sais que chez toi sommeillent des fils dignes

Des fils qui rêvent de t’honorer comme il l’a fait,

Mais qu’ils se réveillent, qu’ils réalisent leurs rêves.

Avant de s’en aller il leur avait demandé de continuer coûte que coûte

Ça fait longtemps, longtemps que je les attends,

Prenez le pouvoir dignes fils intègres

Refusez de mourir de faim, de soif et d’ignorance

Osez vous inventer l’avenir.

Burkina Faso, comme je t’aime

Comme j’ai aimé ton fils le plus intègre,

Comme j’attends ceux qui vont suivre ses pas.

 

 

XLI

Crevez en paix

L’ignorance c’est la force de l’oppression

La révolution est impossible parce que vous le pensez,

Le jour où vous changerez votre idée, la révolution se fera.

Le système vous a fait croire que rien n’est plus possible

Et vous croyez que cette conjoncture est une fatalité,

Une fatalité que vous devez juste subir sans broncher,

Subissez donc africains, subissez.

Vivez dans la misère et indignez-vous

Laissez ce président vous dominer sans l’évincer,

Regardez l’Afrique se vider de ses richesses et pleurez

Pleurez, vociférez et restez à votre place

Personne ne viendra vous mettre à la place où vous devez être

A la place qui met un terme au pillage impérialiste,

Cette place ; c’est la place du révolutionnaire.

Soyez tous révolutionnaires ou crevez

Soyez tous à l’œuvre pour chasser ce potentat local ou…

Crevez africains, crevez !

J’en ai marre des plaintes, j’en ai marre du désespoir

Osez inventer l’avenir,

Soyez plus que des électeurs floués

Soyez plus que des sujets, devenez des acteurs

Arrêtez le tyran, emprisonnez-le, et que la révolution s’enclenche.

Si vous ne faites rien crevez africains, crevez.

Durant des décennies il y a eu trop de pleurs, trop de douleurs, trop d’affronts,

Pleurer n’a rien changé, agir changera quelque chose.

La révolution c’est la seule action efficace

Mais puisque vous ne la voulez pas, crevez

Crevez en silence, crevez en paix.

 

 

 

XLII

Changez le jeu

Gare à vous, gens avides de changement

Gare à votre enthousiasme, à votre naïveté,

L’impérialisme fait aussi ses révolutions.

Le flambeau que vous allumez risque de ne pas vous éclairer

Allumez-le et tenez le bien fort, ne demandez pas de l’aide.

Les impérialistes sont aux aguets, ils attendent leur heure

Ils veulent aussi le changement.

Après le gouffre ils pourraient vous conduire dans un labyrinthe.

Ils provoqueront leur changement peuple africain

Ils vous laisseront choisir de nouveaux visages

Mais tenez-vous prêts, le système ne changera pas.

Ne tombez pas dans l’euphorie d’un changement

Assurez-vous que la révolution donne tout le pouvoir au peuple,

Sachez que l’impérialisme fait aussi ses « révolutions ».

Faites la révolution par vous-mêmes

Changez les dirigeants, et le système.

Soyez vigilants, ne changez pas seulement une carte, changez le jeu

Pas d’à peu près, sinon bonjour la désillusion.

Sidi Bouzid ne réclamait pas ce qui finit par arriver à Tunis

La place Tahrir ne veillait pas pour assister à ce qu’elle vit au Caire.

La révolution c’est midi, c’est loin d’être l’aurore.

 

 

 

XLIII

BURKINA FASO

Burkina Faso

Voilà ce qu’est l’Afrique

Une terre des hommes dignes

Une terre des hommes courageux.

Je sais que l’Afrique les regorge

Je sais que bientôt ils feront honneur à la bannière

Ils se consacreront à la bannière de la libération africaine,

Ces enfants intègres d’Afrique.

Ils s’élèveront contre l’injustice

Ils se battront sur tous les fronts pour cette terre.

L’Afrique libérera bientôt leurs énergies intègres,

Et je sais qu’ils bâtiront une armée africaine capable de riposter

Je sais que nos matières premières se transformeront ici.

Ils bâtiront des industries, fini le rôle de consommateur attribué à l’Afrique.

Plus de clichés sur l’Afrique véhiculés par leurs médias,

Je sais que ces hommes et femmes intègres ne sous-estiment pas l’adversité

Je sais qu’ils sont prêts et que l’impérialisme a du souci à se faire.

L’Afrique intègre se lève

Finie, l’ère de l’attentisme, de l’aplaventrisme

Les enfants intègres de l’Afrique entrent en scène ;

Ces enfants, c’est vous, c’est nous.

 

 

 

XLIV

Cher Um

Um, cher Um

Combattant de la liberté

La patrie est en danger.

Les traîtres sont encore là

Ceux qui n’ont pas demandé l’indépendance.

La souffrance et la misère règnent

Les colons percent et dérobent

Ils ne sont jamais partis.

Les médiocres gouvernent et n’ont rien prévu

Des millions chôment et ont perdu leur dignité

Les hôpitaux tuent au lieu de soigner

Le désespoir a empoisonné la vie,

La patrie va mal, cher Um.

Il est interdit de rêver chez toi

Sur la terre pour laquelle tu as lutté,

L’impérialisme a étendu ses tentacules jusque dans les demeures

Il exploite à outrance.

Ces potentats locaux se sont entendus

Ils ont décidé sciemment de nous pourrir l’existence.

La patrie est en danger,

Mais elle n’est pas tellement en danger, il y a une issue ;

Un peuple décidé est invincible, avais-tu dit

C’est pourquoi tu es sûrement d’accord pour que le peuple agisse,

Le peuple sauvera la nation.

Um tu comprends que ce n’est que justice

Se libérer c’est légitime pour le peuple, c’est légitime.

Le gouvernement a pris le maquis, on ne le voit pas

Qui se charge de la nation ?

Il a pris la clé du maquis pour combattre contre le peuple,

Il est donc utile et légitime que le peuple se débarrasse de lui. 

 

 

XLV

Vous détruisez

Etes-vous le bâtisseur de nation ?

Le bâtisseur dont Cheikh Anta parlait

Celui qui construirait la nation africaine,

Ou bien êtes-vous le destructeur ?

Jeune d’Afrique, de quel côté te trouves-tu ?

Il n’y a pas trois camps mais deux

La neutralité n’existe pas.

Tu ne t’occupes pas de politique mais elle s’occupe de toi

Tu ne t’occupes pas de l’unité de l’Afrique et elle se déchire

C’est toi qui ressentiras la douleur des blessures.

Celui qui n’édifie pas est l’ami du destructeur

L’indifférence est aussi pire que la complicité.

As-tu choisi d’être du nord ou du sud ?

As-tu choisi d’être de l’est ou de l’ouest ?

Pauvre et aveugle tribaliste.

Ni le Maghreb ni le sud du Sahara ne seront épargnés

L’Afrique sera prise en gros, tu n’en réchapperas pas

Pauvre de toi, pauvre borné.

Bâtis la nation africaine, c’est là ton devoir.

Je les vois déferler sur l’Afrique

Ces hordes d’impérialistes, de barbares s’appuient sur toi

Ils comptent sur toi, attentiste, indifférent, apolitique

Malheur à toi, destructeur de nation.

 

 

XLVI

Tu comprendras

Courage camarade, tu fais bien

Instruis-toi, lis les bons livres

Libère ton esprit de la pensée dominante

De la pensée impérialiste.

Lis camarade, mange les pages

Dors dans les lignes

Tu acquerras de la connaissance,

Tu comprendras que l’impérialisme peut être bouté hors d’Afrique.

Oui, la connaissance, c’est là ton arme.

Ce n’est pas dans les programmes scolaires que tu l’apprendras

Ces programmes et leurs dispensateurs sont tous colonisés

Recherche la connaissance, elle se découvrira à toi

Et tu comprendras tant de choses.

Tu comprendras que la pensée dominante endort

Tu liras qu’elle t’a longtemps emmené à tolérer l’injustice

Et qu’inconsciemment tu as validé l’oppression

Mais lis et tu ne seras plus opprimé.

Sacrifie une liqueur, un repas optionnels, paies-toi un bon livre,

Alors la dictature du président ne sera plus une fatalité

Tes proches ne mourront plus d’ignorance,

Tu sauras que malgré cette misère, une autre société est possible.

Tu liras, tu comprendras, tu te libéreras et tu seras l’alternative.

 

 

XLVII

Parlons d’indépendance

L’Afrique ne peut pas

Non, elle ne peut pas pallier à toute la misère du monde.

La métropole doit enfin être indépendante

La France doit enfin être indépendante

L’Afrique ne veut plus la vêtir ni la nourrir

Que l’Occident prenne son indépendance.

L’Afrique ne veut plus de cet enfant irresponsable

Elle ne supporte plus qu’il ne puisse pas voler de ses propres ailes

Elle ne peut plus nourrir cet enfant paresseux.

Les mains coupées du Congo portent la Belgique

L’uranium du Niger éclaire la France,

Le coton d’Afrique habille le monde

Les cerveaux d’Afrique font fonctionner leurs industries

Non, l’Afrique ne peut pas pallier à l’incompétence du monde.

Soyez indépendants, soyez souverains

L’Afrique ne peut pas tout faire pour vous.

Ne redites plus jamais qu’elle a été dépendante

Car elle n’a jamais vécu sur le dos de qui que ce soit,

Soyez un peu entreprenants, prenez votre indépendance,

Mais puisque vous êtes entêtés, nous vous forcerons à la prendre.

 

 

 

 

XLIII

Tu es mon frère

Salut ami

Salut mon frère

Je ne t’ai pas encore vu mais je sais qui tu es

Je sais ce que tu penses, ce que tu fais

Toi et moi nous sommes frères

Frères de combat, frères pour la vie.

Salut mon frère

Salut mon frère anti-impérialiste

Salut mon frère panafricain.

Toi qui te bats pour la terre du Congo

Toi qui défends la terre de Lumumba

Toi qui fais reculer l’Occident

Toi qui fais grincer les dents des pillards

Courage mon frère.

Courage mon frère d’Afrique

Toi qui penses que l’Afrique doit se prendre en main

Toi qui veux une puissante armée panafricaine

Toi qui sais que l’Afrique doit s’unir pour exister

Toi qui dis non à la balkanisation du Congo.

Les frères pensent pareil

Je pense comme toi, c’est pourquoi tu es mon frère.

En avant mon frère de combat.

 

 

XLIX

Courage camarade

C’est possible camarade, ne te décourages pas

Si tu ne combats pas pour l’Afrique qui le fera ?

Donne le meilleur de toi-même

Ne perd pas un temps précieux.

Voilà l’AFRICOM qui s’est installé

Les autres sont là et se cachent

L’Afrique a toujours été la proie,

Tant de richesses ne peuvent qu’attirer des vautours.

Si tu dors qui sera éveillé ?

Si tu faiblis qui fortifiera la résistance ?

Le Congo est rempli à ras bord

Le golfe de Guinée transpire l’or noir

Ah, être riche n’est pas facile avec tant de voleurs.

Camarades si vous baissez la garde qu’adviendra-t-il de l’Afrique ?

Soyez fermes, avancez camarades

Elaborez des plans pour défendre l’Afrique,

Vous savez que les interventions humanitaires ne tarderont plus

L’heure est grave, vous n’avez pas droit au répit.

Jusqu'à quand souffrira-t-elle ainsi ?

L’Afrique notre patrie compte sur vous camarades.

 

 

L

Le prix de la lumière

Qu’ils nous ont fait du mal !

Eteindre tant de flammes c’est condamner un peuple

Tuer tant de vies précieuses c’est assassiner la patrie.

13 septembre, 2 novembre, 15 janvier,

L’impérialisme ne se soucie pas des peuples.

Um ou Moumié ou Ouandié devaient disparaître

Tant pis si vous deviez marcher dans l’obscurité jusqu’à ce jour.

C’est ce que vous avez fait, marcher dans l’obscurité.

Mais sachez que la lumière existe

Sachez que même si vous ne l’avez jamais vue, elle brille

C’est à vous de sortir du tunnel afin qu’elle brille sur vous,

Pour qu’elle guérisse vos blessures, pour qu’elle comble vos besoins.

Le système ne vous sortira jamais du tunnel, à moins que vous le changiez.

N’attendez plus, le mal est comble

La lumière ne viendra pas vous chercher dans ce noir tunnel

Allez la chercher, payez le prix.

 

 

LI

Les hérauts de l’Afrique

Frère les connais-tu ?

Ils travaillaient pour le peuple

Ils n’étaient pas comme ces contremaîtres de l’impérialisme.

C’est pourquoi change ceux qui te gouvernent

A leurs places établis ces hommes populaires.

Ne les connais-tu pas toujours ?

L’impérialisme les a tous assassinés

Tu comprends pourquoi je dis que c’est notre plus grand ennemi.

Citoyens d’Afrique chassez ces marionnettes

A leur place mettez des Sylvannus Olympio

Sachez que si vous le faites vous aurez du travail.

Portez au pouvoir des Samora Machel

L’Afrique sera belle et prospère.

Faites la révolution et installez des Boganda

L’Afrique sera forte, et souveraine.

Imposez au pouvoir des Modibo Keïta

L’Afrique s’élèvera au dessus des autres.

Frère, je te l’ai dit, l’impérialisme est notre plus grand ennemi,

Porte-lui un coup dur en chassant son pantin, je veux dire ce président.

Après tu pourras te réapproprier l’économie

C’est le baromètre de la souveraineté.

Puisque l’économie est encore entre leurs mains,

C’est dire qu’ils ne sont jamais partis.

Mais ce n’est pas l’Afrique qui est encore colonisée

C’est toi mon frère qui est colonisé.

Mets fin à l’humiliation, elle a trop duré

Etablis des hommes intègres.

 

 

LII

Malheureuses frontières

De Bissau à Praia, en passant par Luanda

Pour les vrais africains comme Amilcar Cabral l’Afrique n’a plus de frontières.

Afrique sans frontières !

Cabral l’avait déjà compris, nous sommes tous frères et sœurs.

Quand Sékou Touré proposait la présidence à Nkrumah, lui aussi l’avait compris,

Nasser accueillait Moumié, pour les mêmes raisons.

Heureux ceux qui ont compris ; la terre d’Afrique est à eux

Parce que personne ne l’arrachera d’entre leurs mains.

Bâtissez  la nation africaine

Ayez à sa tête un collège de dirigeants,

Entre plusieurs mains, le gouvernail sera plus sûr.

L’Afrique pourra alors tutoyer le monde

Elle pourra enfin être à la tête du monde, à sa place

Mais jamais pour piétiner, ce n’est pas sa culture.

Les autres sont barbares, l’Afrique est humaine

Ils sont racistes, l’Afrique respecte et aime l’Homme.

Les autres ne sont que de vulgaires pillards égoïstes

L’Afrique protège et donne avec le cœur, c’est sa culture.

L’Afrique ne sera pas gendarme du monde comme les autres

L’Afrique est un guide éclairé, c’est pourquoi elle est le continent du soleil.

Africains, battez-vous pour l’Afrique, mettez-la à sa place,

Le monde sera alors plus sûr.