Commentaire composé

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C'était une pitié. La chambre de la jeune fille donnait sur la cour, une petite chambre où tombait une clarté livide.
D'abord, les parents avaient couché la malade dans leur propre chambre, sur la rue ; mais la vue du Bonheur des Dames, en face, la bouleversait, et ils avaient dû la ramener chez elle. Là, elle était allongée, si fluette sous les couvertures, qu'on ne sentait même plus la forme et l'existence d'un corps.
Ses maigres bras, brûlés de la fièvre ardente des phtisiques, avaient un perpétuel mouvement de recherche anxieuse et inconsciente ; tandis que ses cheveux noirs, lourds de passion, semblaient s'être encore épaissis et mangeaient de leur vie vorace son pauvre visage, où agonisait la dégénérescence dernière d'une longue famille poussée à l'ombre, dans cette cave du vieux commerce parisien.
Cependant, Denise, le cœur crevé de commisération, la regardait. Elle ne parlait pas, de peur de laisser couler ses larmes. Enfin, elle murmura :
- Je suis venue tout de suite... Si je pouvais vous être utile ? Vous me demandiez... Voulez-vous que je reste ?
Geneviève, l'haleine courte, les mains toujours errantes dans les plis de la couverture, ne la quittait pas des yeux.
- Non, merci, je n'ai besoin de rien... Je voulais seulement vous embrasser.
Des pleurs gonflèrent ses paupières. Alors, Denise, vivement, se pencha, la baisa sur les joues, toute frissonnante de se sentir aux lèvres la flamme de ces joues creuses. Mais la malade l'avait prise, et elle l'étreignait, et elle la gardait dans un embrassement désespéré.
     Émile Zola, Au Bonheur des Dames, extrait du chapitre 13.
En vous abstenant de séparer artificiellement la forme et le fond, vous ferez de ce texte un commentaire composé. Et à partir de nombreux outils linguistiques (les expansions du nom, les indicateurs de lieu, les verbes, les figures de style, etc.) vous pourriez analyser l’agonie de Geneviève.