La lutte contre l'extrémisme violent au Cameroun
Introduction
Le Cameroun fait face à diverses formes d'extrémisme violent, notamment dans ses régions septentrionales avec la menace de Boko Haram et dans les régions anglophones en proie à une crise sociopolitique. Ce phénomène menace la stabilité nationale et régionale. Face à cette situation, plusieurs dispositifs locaux et nationaux ont été mis en place pour lutter contre l'extrémisme violent.
I- Les manifestations de l'extrémisme violent au Cameroun
L'extrémisme violent au Cameroun se manifeste de plusieurs façons :
1- Le terrorisme dans le Grand-Nord
Boko Haram mène des attaques dans l’Extrême-Nord depuis 2014, perpétrant attentats, enlèvements et assauts contre civils et forces armées, avec l’objectif de créer un califat.
2- Conflit séparatiste dans les régions anglophones
Depuis 2016, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont touchées par un conflit séparatiste, marqué par des violences contre les forces de sécurité et des enlèvements, causant une crise humanitaire et sécuritaire.
3- Radicalisation des jeunes
Le chômage et l'exclusion sociale facilitent la radicalisation des jeunes, vulnérables à l’influence des groupes armés qui les recrutent en leur promettant des gains ou une forme de rédemption idéologique.
II- Les dispositifs locaux de lutte contre l'extrémisme violent au Cameroun
Plusieurs initiatives locales ont été mises en place pour lutter contre l'extrémisme violent.
1- Les programmes de réinsertion sociale
Certaines ONG et autorités locales proposent des programmes de réhabilitation pour les anciens combattants, les formant à des métiers pour leur permettre de réintégrer la société.
2- Sensibilisation des communautés
Des campagnes sont organisées pour prévenir la radicalisation, encourager la tolérance et promouvoir le dialogue dans les écoles, les lieux de culte et les espaces publics.
3- Le partenariat avec les chefs traditionnels et religieux
Les autorités travaillent avec les chefs traditionnels et religieux pour renforcer la paix et prévenir la radicalisation dans les zones rurales, en encourageant la médiation au sein des communautés.
4- Les comités d'auto-défense
Face aux violences de Boko Haram, des comités d'auto-défense ont été créés dans les villages de l'Extrême-Nord. Ces groupes sont composés de civils qui, en collaboration avec l'armée, assurent la sécurité de leurs communautés en surveillant les mouvements suspects et en protégeant les populations contre les incursions des Boko-Haram. Ces comités jouent un rôle clé dans la lutte contre les attaques surprises de Boko Haram et aident à prévenir l'enrôlement des jeunes.
III- Les dispositifs nationaux de lutte contre l'extrémisme violent au Cameroun
Le Cameroun a déployé des mécanismes nationaux pour répondre à cette menace.
1- Le Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (CNDDR)
Créé en 2018, le CNDDR offre aux anciens combattants de Boko Haram et des mouvements séparatistes anglophones des programmes de désarmement, de réinsertion et de réhabilitation. Il aide ces ex-combattants à reconstruire leur vie à travers des formations professionnelles et un suivi psychologique.
2- La Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM)
Créée en 2017, la CNPBM promeut la coexistence pacifique et l'unité nationale dans un contexte où les tensions linguistiques et ethniques nourrissent les conflits. Elle encourage le dialogue entre les différentes communautés à travers des actions de sensibilisation pour désamorcer les tensions.
Conclusion
La lutte contre l'extrémisme violent au Cameroun requiert une réponse multiforme, combinant actions locales et nationales. Bien que des progrès aient été réalisés grâce à la mobilisation des communautés et aux dispositifs de réinsertion et de promotion du dialogue, la persistance des causes profondes telles que la marginalisation et la pauvreté souligne la nécessité d'une approche intégrée et durable pour rétablir la paix et la stabilité dans le pays.
Avez-vous bien lu le cours ? Répondez aux questions suivantes
1- Quelle est l'une des principales menaces d'extrémisme violent dans le Grand-Nord du Cameroun ?
A) Le conflit séparatiste
B) Les mouvements rebelles
C) Boko Haram
D) Les milices urbaines
2- Depuis quelle année Boko Haram mène-t-il des attaques au Cameroun ?
A) 2010
B) 2012
C) 2014
D) 2016
3- Quelle est la cause principale du conflit séparatiste dans les régions anglophones ?
A) La revendication d'indépendance
B) L'opposition religieuse
C) Le contrôle des ressources naturelles
D) La question du bilinguisme
4- Quel groupe démographique est le plus vulnérable à la radicalisation au Cameroun ?
A) Les femmes
B) Les enfants
C) Les jeunes
D) Les personnes âgées
5- Quel est l'objectif principal des programmes de réinsertion sociale ?
A) Réintégrer les anciens combattants dans les groupes armés
B) Fournir une éducation gratuite
C) Aider les anciens combattants à se réintégrer dans la société
D) Assurer la sécurité des civils
6- Quelle méthode de lutte contre l'extrémisme utilise les chefs traditionnels et religieux ?
A) L'organisation d'attaques armées
B) La sensibilisation à la paix
C) Le recrutement de jeunes
D) La promotion de l'auto-défense
7- Quel est le rôle des comités d'auto-défense dans l'Extrême-Nord du Cameroun ?
A) Organiser des offensives contre Boko Haram
B) Protéger les villages contre les incursions de Boko Haram
C) Recruter des combattants pour l'armée
D) Former des milices pour envahir les régions anglophones
8- En quelle année a été créé le Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (CNDDR) ?
A) 2015
B) 2017
C) 2018
D) 2019
9- Quel est l'objectif principal du Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (CNDDR) ?
A) Renforcer les capacités militaires
B) Désarmer et réintégrer les anciens combattants dans la société
C) Accroître la surveillance militaire
D) Promouvoir le multiculturalisme
10- Quelle structure a été créée pour promouvoir l'unité nationale et désamorcer les tensions linguistiques au Cameroun ?
A) Le Comité National de Désarmement
B) Le Conseil National de Sécurité
C) La Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM)
D) Le Haut Conseil de la Défense
11- Quelle est la mission principale de la Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme (CNPBM) ?
A) Lutter contre le terrorisme
B) Promouvoir la coexistence pacifique entre les communautés
C) Organiser des campagnes électorales
D) Faciliter la désarmement des groupes armés
12- Quel est un des principaux défis à la lutte contre l'extrémisme violent au Cameroun ?
A) Le manque de ressources naturelles
B) La marginalisation sociale et la pauvreté
C) Le manque de collaboration internationale
D) L'absence de groupes armés
Réponses aux questions :
1- C
2- C
3- A
4- C
5- C
6- B
7- B
8- C
9- B
10- C
11- B
12- B