Tricherie et programmation des examens

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La grandeur d’une civilisation ou d’une Nation dépend prioritairement de la doctrine qui fonde ses idées et la met en mouvement. C’est cette doctrine qui constitue le carburant de la Nation en mettant ses citoyens en mouvement. Elle guide et uniformise le caractère et les comportements de ces citoyens pour leur permettre de mieux atteindre les objectifs de grandeur qu’ils se sont fixés. L’impérialisme ayant détruit l’école traditionnelle de transmission de l’idéologie en Afrique, l’école occidentale reste le moyen privilégié de transmission de cette idéologie. L’école forme non seulement le citoyen vivant en harmonie avec ses frères, le soldat défendant la Nation, mais aussi les techniciens et les ingénieurs qui construisent la Nation. Un pays qui veut émerger n’a pas le choix : il doit investir des sommes considérables sur l’éducation afin de former des hommes exemplaires capables de porter et de construire les rêves de la Nation. Le citoyen qui sort de l’école est un ingénieur de la Nation. Il sait grâce à la formation qu’il a reçu construire des immeubles, envoyer des satellites et des fusées dans l’espace, coudre de beaux vêtements, vanter les mérites de sa Nation, informer ses citoyens, former ses citoyens, soigner son peuple, le nourrir… Plus la formation est solide et intense, plus grande et plus forte est la Nation. Une Nation comme le Cameroun n’a pas le choix. Elle doit investir des sommes énormes sur l’éducation pour plusieurs raisons. La première raison est que plus de 70% de sa population est analphabète, or ce sont des hommes formés qui construisent un pays. La deuxième raison est que le Cameroun est l’avant-garde de la Grande Révolution Panafricaine. Il est le socle même de cette Grande Révolution. C’est au Cameroun que viendront se former les autres africains capables de porter les idées révolutionnaires et de déclencher la révolution dans leurs Etats respectifs. Pour que le Cameroun puisse jouer ce rôle, sa population doit être hautement intellectuelle. Aucun de ses citoyens ne doit être analphabète. L’école camerounaise a donc une double mission : former l’ingénieur bâtisseur du Cameroun et former l’ingénieur bâtisseur du continent tout entier et surtout le révolutionnaire de la République de Fusion Africaine en construction. De tels objectifs excluent de l’éducation camerounaise toute idée de tricherie ou d’équilibre régional. Les compétences et le travail dur doivent être les seuls éléments de réussite. L’Etat doit pousser les apprenants à travailler au point de se surmener. C’est seulement dans ce sacrifice que reposent les objectifs attribués au peuple camerounais. La réussite n’est qu’une suite de sacrifices et la vie même, tout comme la survie ne sont que des sacrifices. Pour le triomphe de la Révolution camerounaise et de la Grande Révolution Panafricaine, l’école camerounaise doit exclure toute forme de tricherie.

Les formes les plus utilisés de tricherie sont généralement les suivantes :

- Les coups d’œil : l’élève ou l’étudiant tricheur lance les coups d’œil sur les feuilles de ses amis. Il regarde à coté, devant, derrière. Parfois son ami de devant met devant lui sa feuille pour que de derrière il puisse lire et recopier. C’est pour cette raison que les élèves n’aiment pas s’aligner lors des évaluations. S’aligner c’est empêcher à leur ami derrière de lire leur copier ou de ne pas être capable de lire la feuille de leur ami devant. Parfois pour se substituer à la vigilance du surveillant, l’élève fait semblant de regarder à gauche alors que ses yeux sont à droite sur la feuille de son ami.

- Les toilettes. Une personne intelligente, parfois le surveillant qui s’est arrangé avec les élèves, prend l’épreuve de l’examen, le traite et va la déposer aux toilettes. A tours de rôles, les élèves demandent des permissions pour se mettre à l’aise. Ils vont aux toilettes recopier les réponses et viennent les remettre sur leurs feuilles de composition. Parfois lors des corrections d’examens, les réponses sont presque les mêmes. Quand un élève rate une question, plusieurs de ses camarades reprennent cette rature.

- Les demandes : C’est la stratégie la plus fréquente. Les élèves demandent les réponses des exercices à leurs camarades qui les expliquent pour qu’ils puissent écrire sur leurs feuilles de composition. Parfois certains délinquants vont au-delà de la demande. Ils menacent leur camarade qui est un peu plus jeune et lui donnent leur feuille de composition. Un élève nous a rapporté que son camarade lui a donné sa feuille de traiter le premier jour de composition et il a refusé. En fin de journée, il a été copieusement battu par ce camarade et a accepté de traiter ses épreuves des prochains jours de composition. Malheureusement avec le degré élevé de corruption au Cameroun sous le règne de Paul Biya, c’est le tricheur disposant d’argent pour corrompre qui aura des postes de responsabilité tandis que les méritants seront en chômage.

- Les cyclistes, les soutiens, les chaussettes et les poches. L’élève cache dans ces parties une feuille contenant des formules ou des réponses à certains exercices. Si le surveillant peut facilement fouiller les poches, il ne lui vient pas à l’esprit de surveiller les chaussettes des élèves. S’il est un homme, il ne pourra pas fouiller les cyclistes ou les soutiens des filles. Parfois certaines filles mettent ces papiers dans leurs caleçons et les garçons dans leurs bermudas. Le surveillant non vigilant ne pourra pas facilement se rendre compte de telles tactiques. Les filles écrivent également des réponses sur leurs cuisses.

- La corruption : Lors des épreuves pratiques dans l’enseignement technique et lors des concours d’entrée dans les grandes écoles, les candidats donnent de l’argent à leurs jurys ou à certaines personnes liées à l’organisation du concours ou de l’épreuve pratique. L’évaluation pour eux devient une simple formalité puisqu’ils vont réussir. Les méritants qui n’ont pas d’argent pour corrompre échouent.

- Les bouts de papiers : Généralement les élèves ont diverses méthodes pour demander la question à leurs amis. Avant même d’entrer en salle de classe, ils s’accordent de la manière de faire la demande. Tousser deux fois équivaut souvent à demander la deuxième question ou frapper son pied deux fois au sol. La demande peut se faire avec la bouche si le surveillant est distrait. Celui à qui on fait la demande écrit la réponse sur un petit bout de papier et dès que le surveillant est distrait, il donne ou lance le papier à son ami qui récupère et recopie les questions sur sa feuille de composition.

- Avoir les épreuves avant la date d’examen : A plusieurs reprises, les épreuves des examens au Cameroun ont été changées à la dernière minute parce que les élèves avaient déjà le sujet. Soit un membre de l’organe d’organisation du concours ayant assisté à la sélection des épreuves, soit ceux qui sont chargés d’acheminer les épreuves jusqu’aux centres d’examens transmettent le contenu des épreuves à certains élèves qui les diffusent.

- Menacer les surveillants. Quand un surveillant est strict et fait bien son travail, certains délinquants qui portent le manteau d’élèves le menacent à la fin de la première journée. Si le surveillant se laisse intimider, il ne pourra plus faire honnêtement son travail. D’où la nécessité de ne pas programmer un surveillant dans une même salle pour plus de deux disciplines. Certains élèves vont jusqu’à frapper les surveillants à la fin de l’épreuve. On a des cas des surveillants qui ont attrapés des tricheurs qui ont été suspendus, mais ces enseignants ont été retrouvés morts dans des conditions inexplicables. Des rapprochements ont été faits. Certains enseignants prennent peur. Il y a souvent dans les salles, des élèves qui menacent les surveillants et trichent en toute impunité. Les surveillants se contentent de leur dire tout simplement de ne pas tricher au point de les mettre en difficulté. Avant les examens au Cameroun, la plupart des élèves savent qu’ils vont tricher. Ils demandent à connaitre ceux qui sont assis auprès d’eux, se renseignent sur les disciplines où ils excellent. Dans un Etat de corruption généralisée, leur tricherie ne peut pas les rattraper. Au contraire c’est celui qui ne triche pas qui sera ridicule dans l’avenir s’il n’a pas assez d’argent pour corrompre et avoir un poste de responsabilité.

Voici quelques méthodes de tricherie utilisées par les élèves. Pour remédier à cela, la LIMARA (Ligue des Masses Révolutionnaires Africaines) propose la programmation séquentielle des examens. Cette tricherie est plus évidente à cause du fait que plusieurs élèves doivent passer les épreuves au même moment. Il se pose souvent le problème de salles disponibles. Les élèves sont parfois obligés d’être assis deux ou trois sur un même banc pour composer une épreuve nationale, parfois avec seulement un ou deux surveillants. Dans ces conditions, la tricherie devient évidente. Pour une épreuve nationale, un élève doit être assis seul sur un banc et derrière lui il doit avoir un ou deux bancs libres. La salle doit être faite de sorte que sur la rangée qui est à côté de la sienne, il n’y ait pas de candidat juste à côté de lui. La grandeur d’une Nation repose sur des hommes capables et non sur des tricheurs. Si nous mobilisons les moyens nécessaires pour assurer cette compétence, les élèves qui comptaient sur la tricherie pour réussir se trouveront obligés de faire des efforts. La Patrie sortira fortifiée.

La programmation séquentielle des examens suppose que l’examen d’un diplôme se déroule pendant toute une année. Nous avons mieux explicité ce fait dans le mémorandum que nous avons fait sur notre projet de société. S’il y a 8 épreuves à passer pour l’obtention d’un diplôme, les 8 épreuves se répartissent sur l’année entière. Les deux premiers mois après le début des cours, seulement deux matières peuvent être programmées. Les élèves concentrent toutes leurs énergies sur ces deux épreuves. Après les deux mois, ils passent l’examen en ces deux matières uniquement. Cette stratégie a plusieurs avantages. Elle permet aux élèves de concentrer leurs énergies sur une ou deux disciplines seulement et d’y exceller. Elle évite la tricherie parce que les classes intermédiaires devront céder leurs salles pour la composition. Les candidats ne pourront donc pas être assis deux par banc. Elle évite la paresse au niveau des élèves puisqu’à tout moment ils seront sous la pression des épreuves écrites. Ils seront obligés de faire des efforts. Avec les résultats, les élèves peuvent facilement juger leur niveau et suivre leur évolution. Ceux qui sont sur la bande rouge seront obligés de multiplier des efforts pour en sortir. Ce qui sera utile à la Nation. La Nation produira des génies. Ceci n’est qu’un pan de notre plan éducatif. Des séminaires seront programmés bientôt entre notre parti politique la LIMARA et les syndicats des enseignements secondaires du pays pour définir ensemble le programme éducatif complet que nous implémenterons dans les enseignements secondaires dès notre prise de pouvoir. D’autres séminaires seront programmés ultérieurement dans l’enseignement de base et l’enseignement supérieur entre notre parti et les syndicats desdits enseignements.