Correction du commentaire de texte philosophique
Dans
la religion, "le contenu est donné. Il est considéré comme au-dessus et
au-delà de la raison." La religion conçoit l'esprit humain comme borné,
limité et ayant donc besoin que les vérités essentielles pour l'homme,
que sa raison infirme serait incapable de découvrir par elle-même, lui
soit révélées d'une façon surnaturelle et mystérieuse. Mais l'idée d'une
vérité au-delà de la raison, inaccessible naturellement à l'esprit
humain est absolument inconcevable par la philosophie qui repose sur le
principe diamétralement opposé selon lequel la pensée ne doit rien
présumer en dehors d'elle-même. C'est-à-dire que la philosophie ne doit
rien admettre comme vrai qui n'ait été saisi comme tel par la pensée.
L'homme est certes un être borné, fini (...) sauf du côté où il est
esprit.
Marcien Towa, Essai sur la problématique philosophique dans l'Afrique actuelle, éditions Clé, p 62
A
travers une production écrite de 15 lignes au moins et 25 lignes au
plus, dégages l'intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude
ordonnée.
Correction
Travail préliminaire
Thème : La vérité de la religion et la vérité de la philosophie
Problème : Le rapport entre la vérité de la religion et la vérité de la philosophie
Thèse: les deux vérités sont incompatibles (la vérité religieuse est révélée alors que la vérité philosophique est rationnelle.)
Postulat : La vérité religieuse diffère de la vérité philosophique.
Articulation 1: La vérité religieuse est révélée
Extrait : "... lui soit révélée d'une façon surnaturelle et mystérieuse."
Articulation 2 : Pour la philosophie, la pensée ne doit rien présumer en dehors d'elle-même
Extrait : "... ne doit rien admettre comme vrai qui n'ait été saisi comme tel par la pensée."
Conclusion : l'homme est certes borné, fini, sauf du côté où il est esprit.
Réfutation:
Idée : La vérité religieuse et philosophique se complètent.
Arg: chaque vérité comble les lacunes de l'autre.
Réinterprétation du texte
Malgré
les critiques, ce texte de Marcien Towa a le mérite d'attirer notre
attention sur le dogmatisme religieux, et nous pousse à ne pas prendre
la vérité religieuse pour acquise, car elle est révélée. Il nous invite à
nous appuyer sur la pensée, sur la raison pour pour établir la vérité.
Ce texte est une immense contribution au débat, déjà assez vieux, du
rapport entre la philosophie et la religion. En établissant la
différence de vérités, Marcien Towa creuse d'avantage le fossé qui
sépare la religion à la philosophie.
Exemple de devoir rédigé
Le
texte soumis à notre analyse est tiré de l'oeuvre Essai sur la
problématique philosophique dans l'Afrique actuelle du philosophe
camerounais Marcien Towa. Le texte est centré sur la vérité religieuse
et la vérité philosophique, et pose le problème du rapport entre les
deux vérités. L'auteur soutient la thèse selon laquelle les deux vérités
sont incompatibles. Mais les deux vérités ne peuvent-elles pas se
compléter ?
Marcien
Towa part de l'idée selon laquelle la vérité religieuse diffère de la
vérité philosophique. Il structure son texte en deux articulations. Il
montre en première partie que la vérité religieuse est révélée. Elle est
donnée à l'homme par Dieu ou les dieux à travers les pasteurs,
prophètes et autres médiums. Parlant de cette vérité, nous pouvons lire
dans le texte: "... lui soit révélée d'une façon surnaturelle et
mystérieuse." Dans une deuxième partie, l'auteur montre que pour la
philosophie, la pensée ne doit rien présumer en dehors d'elle-même.
Seule donc la raison, la pensée critique, peut parvenir à établir la
vérité. Cette vérité : "...ne doit rien admettre comme vrai qui n' ait
été saisi comme tel par la pensée." Il conclut en précisant que l'homme
est certes borné, fini, sauf du côté où il est esprit.
Les deux vérités sont donc incompatibles. Mais ne peuvent-elles pas aussi se compléter ?
Marcien
Towa semble oublier que les deux vérités se complètent, car chacune
corrige les lacunes de l'autre. Pour arriver à la vérité scientifique,
on a besoin de foi, de croire en sa capacité. Or la foi relève de la
religion. De même, pour pouvoir assimiler les vérités religieuses,
l'homme a besoin d'utiliser sa pensée. C'est pourquoi les théologiens
philosophes comme Saint Thomas d'Aquin ont estimé que la religion et la
philosophie ne s'opposent pas.
Nous voyons donc que ce texte de Marcien Towa a des limites, mais faut-il le rejeter ?
Malgré
les critiques, ce texte de Marcien Towa a le mérite d'attirer notre
attention sur le dogmatisme religieux, et nous pousse à ne pas prendre
la vérité religieuse pour acquise, car elle est révélée. Il nous invite à
nous appuyer sur la pensée, sur la raison pour établir la vérité. Ce
texte est une immense contribution au débat, déjà assez vieux, du
rapport entre la philosophie et la religion. En établissant la
différence de vérités, Marcien Towa creuse d'avantage le fossé qui
sépare la religion à la philosophie.
En
conclusion, notre devoir soulevait le problème du rapport entre la
vérité religieuse et la vérité philosophique. En première partie, nous
avons vu avec Marcien Towa que les deux vérités sont incompatibles. Mais
en seconde partie, nous avons vu que les deux vérités se complètent. Ce
texte a le mérite d'attirer notre attention sur la vérité religieuse.