Leçon 0: La nouvelle orientation de l'histoire africaine

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Introduction 
L'Histoire est la connaissance du passé, pour comprendre le présent et mieux appréhender l'avenir. Même si elle est basée sur le passé, elle n'est donc pas fermée sur le passé. Son but est au-delà du passé. La connaissance du passé n'est donc que dans un but utilitaire, celle de comprendre le passé et d'appréhender le futur. L'Histoire est donc d'une importance capitale pour la Renaissance kamite. Mais seulement,  cette Histoire n'est pas neutre. Elle peut être utilisée pour réveiller un peuple ou pour l'endormir. Actuellement, elle est utilisée pour endormir le peuple africain, d'où la nécessité de la réorienter.

I- L'importance de l'Histoire : son aspect mémoriel 

L'Histoire contient la mémoire d'un peuple, ses joies et ses peines, ses connaissances, tout ce que le peuple a réalisé de grand, mais aussi de triste. Elle permet au peuple de ne pas perdre son évolution, de mesurer les étapes franchies et les batailles gagnées, de suivre le fil conducteur qui l'a conduit au niveau où il est. Elle permet de connaître les grands événements qui ont marqué la vie d'un peuple. Elle est donc incontournable pour un peuple. Un peuple privé de son fil historique est un peuple perdu qui doit tout reprendre, et repéter les erreurs qui ont déjà été commises dans le passé. Pour reprendre les propos d'Alain Foka, "un peuple sans Histoire est un monde sans âme."

II- La triste réalité dans nos pays actuellement 

1- Couper le peuple africain de son Histoire 
Nous avons vu l'importance de l'Histoire pour un peuple. Cette importance devrait pousser les États à faire des efforts pour faire connaître l'Histoire d'un peuple à ce peuple. Dans la réalité, les gouvernements africains font des efforts pour que le peuple africain ne connaisse pas son Histoire. Dans les programmes scolaires, l'Histoire de l'Afrique occupe une place très marginale par rapport à l'Histoire étrangère. Au Cameroun par exemple, l'Histoire de l'Afrique, le Cameroun y compris, au second cycle des enseignements secondaires, représente moins de 25% du programme d'Histoire global. La situation n'est pas très différente dans les autres États négro-africains. Même dans les départements d'Histoire des universités africaines, la situation n'est pas différente. L'élève qui sort du cycle secondaire dans les pays africains maîtrise les guerres mondiales, les crises économiques mondiales, la Renaissance européenne... Mais il a une connaissance très vague de l'Histoire africaine. Il peut à peine citer quelques résistants sans vraiment savoir comment ils se sont battus. Il maîtrise les administrateurs coloniaux de son pays, les explorateurs, les premiers missionnaires, mais ignore tout des événements qui ont marqué le pays avant l'arrivée des barbares étrangers.
Cette manière de faire n'est pas fortuite. C'est un système bien pensé par les colons et appliqué par ceux qu'ils ont imposé au pouvoir en Afrique. Le but est de couper l'Africain de son Histoire pour tuer en lui toute possibilité de résistance. Faire de lui un peuple sans âme, en lui donnant juste quelques bribes de son passé.

2- Enseigner la faiblesse de son peuple 
Dans l'impossibilité de couper complètement le peuple africain de son Histoire et risquer de vives critiques, les régimes néocoloniaux en Afrique et leurs maîtres étrangers sélectionnent les moments de l'Histoire où l'Africain a été faible pour enseigner aux élèves et étudiants africains. Le but est de montrer à l'Africain qu'il a toujours été faible, cultiver en lui l'esprit de soumission et le rendre messianique. Le but est de lui faire croire qu'il n'a jamais rien gagné, et qu'il ne sert à rien qu'il tente quoi que ce soit. L'Histoire ici est utilisée comme une arme pour endormir le peuple. En Afrique, un accent est mis sur la colonisation. Le programme y insiste pour montrer aux Africains comment ils ont été vaincus. Les résistances sont étudiées non pour les glorifier, mais pour monter comment ils n'ont pas pu tenir face aux agresseurs. La résistance victorieuse de Menelik II n'est pas enseignée ou survolée. Les luttes héroïques victorieuses d'indépendances africaines sont tout simplement occultées, comme si ces victoires n'avaient jamais existé. Le lycéen qui sort du secondaire en Afrique ignore les noms comme Agostinho Neto, Robert Mugabe, Samora Machel, Dessalines... Bref, tous ceux qui ont vaincu militairement les colons sont occultés. Seuls ceux qui ont perdu sont étudiés: Rabah, Samory Touré... Le but est de faire comprendre aux élèves et étudiants africains qu'il ne sert à rien de lutter parce que, qu'elle que soit leur force, ils perdront comme leurs ancêtres. La tactique de la terre brûlée de Samory Touré enseignée a pour but de montrer aux élèves et étudiants africains que malgré leur bravoure contre le maître et ses représentants à la tête de nos États, comme celle de Samory Touré, cette bravoure finira par un échec.
L'Histoire en Afrique est une arme puissante utilisée par les régimes néocoloniaux et leurs maîtres étrangers pour endormir le peuple africain. Notre programme éducatif, axé sur la Renaissance africaine, ne peut donc pas continuer dans une telle logique.

III- Ce que prône notre Histoire dans le cadre de la Renaissance kamite

Dans le cadre de ce système éducatif, notre Histoire ne sert pas l'ordre neocolonial, mais notre grande Renaissance. Elle est un instrument de notre Renaissance.

1- Une Histoire qui n'oculte pas nos faiblesses
Le but n'est pas de romancer notre Histoire en refusant d'enseigner aux Africains leurs faiblesses passées. Nos moments de faiblesses seront étudiées tout au long de ce système éducatif. Mais un accent sera mis sur les raisons de ces faiblesses, afin que les Africains ne les répètent plus, et aussi et surtout sur les efforts des ancêtres de surmonter ces faiblesses.

2- Une Histoire de dignité 
Un accent particulier est mis sur nos moments de force dans l'Histoire, afin de cultiver la fierté chez les négro-Africains, et les appeler une fois de plus à la grandeur pour parachever notre rêve de la Renaissance kamite. Cette Histoire sera une Histoire glorieuse de ces hommes et femmes qui ont exprimé leur héroïsme à travers les âges.

Conclusion 
L'Histoire est donc une arme à double tranchant. Elle peut être utilisée pour réveiller un peuple et le mettre sur la voie de sa grandeur ou pour endormir un peuple et le rendre messianique. Elle est utilisée en Afrique actuellement pour endormir le peuple. L'Histoire dans le cadre de ce programme éducatif permet de réveiller le peuple africain et le faire réussir sa Renaissance. Comme le précisait Patrice Lumumba : "l'Afrique écrira sa propre Histoire, et elle sera au Nord et au Sud du Sahara une Histoire de gloire et de dignité."

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Évaluation
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1- parmis ces définitions, laquelle sied le mieux à l'Histoire?
- la connaissance du passé à travers les écrits et les documents 
- connaissance du passé pour comprendre le présent et mieux appréhender l'avenir 
- retour au passé glorieux 
- études des événements malheureux du passé 
2- pourquoi affirmons-nous que l'Histoire n'est pas neutre?
- parce qu'elle étudie les guerres et les actions des humains 
- parce que les acteurs de l'Histoire ne sont pas neutres. Ils prennent position 
- parce que les Historiens ne prennent pas position dans les évènements qu'ils racontent 
- parce qu'elle peut être utilisée pour réveiller un peuple ou pour l'endormir 
3- pourquoi l'Histoire est-elle importante pour un peuple 
- elle contient la mémoire d'un peuple 
- elle nous permet de retour dans le passé 
- elle étudie le passé 
- elle décrit les faits passés
3- pourquoi les régimes néocoloniaux d'Afrique accordent-ils une place marginale à l'Histoire africaine dans les programmes scolaires?
- l'Histoire africaine n'est pas très intéressante 
- l'Histoire africaine n'est pas connue 
- couper l'Africain de son Histoire pour tuer en lui toute possibilité de résistance
- l'Histoire africaine 'r sert à rien aux Africains 
4- pourquoi les régimes néocoloniaux d'Afrique enseignent les faiblesses de l'Afrique aux Africains?
- pour leur rappeler leur passé 
- pour les apprendre à se baser de ces faiblesses afin d'émeger
- pour les aider à croire en eux
- cultiver en l'Africain l'esprit de soumission et le rendre messianique 
5- l'une des caractéristiques de la nouvelle orientation de l'Histoire africaine 
- elle doit cacher nos faiblesses du passé 
- elle doit montrer que nous avons toujours été forts 
- elle doit nous enseigner uniquement nos forces
- elle ne doit pas occulter nos faiblesses