Épreuve de langue française Tle A4
Texte :
La question de la communication ne peut émerger comme question scientifique et politique qu’à trois conditions : 1) La liberté et l’égalité des partenaires, sinon c’est une communication à sens unique ou hiérarchie (ce qui a prévalu pendant des siècles) ; 2) Le pluralisme de l’information et un espace public où les opinions contradictoires peuvent cohabiter ; 3) Une existence suffisante de supports techniques nécessaires pour échanger. C’est la grande révolution technologique depuis plus d’un siècle : avec le téléphone (1880), la radio (1910), la télévision (1930), l’ordinateur (1940) et Internet(1980) .Aujourd’hui, il y a six milliards d’individus, 4,5 milliards de postes de radio, 3,5 milliards de télévisions, plus de 2,5milliards de téléphones portables et 1,5 milliards d’ordinateurs. C’est dire si dans notre monde contemporain, il n’y a pas de communication sans techniques de communication.
Deux conceptions antagonistes de la communication existent. La première – majoritaire –considère que le progrès technique est la condition nécessaire et suffisante de la communication humaine ; approche évidemment favorable à une extension de toutes les industries de communication ; la seconde – minoritaire, à laquelle je me rattache – rappelle que dans la communication, le plus simple c’est la technique, le plus compliqué les êtres humains et les sociétés. Par conséquent la communication est d’abord une question humaine et politique avant d’être technique.
Communiquer la plupart du temps, c’est négocier avec ceux avec qui l’on n’est pas d’accord. S’il suffisait que le progrès technique améliore la communication humaine, cela se saurait depuis un siècle, depuis que le progrès technique est considérable sans pour autant, hélas, rapprocher les points de vue et accroître la tolérance mutuelle. On se tue aujourd’hui comme hier, malgré l’omniprésence des téléphones, des radios, des caméras et d’Internet. L’idéologie technicienne est dangereuse car elle confond le progrès des techniques avec le progrès de la communication humaine.
DOMINIQUE WOLTON, interview à la revue Défense, n° 141, septembre-octobre 2009
QUESTIONS :
I-COMMUNICATION : 5pts
1.a) Relevez et classez les marques de la subjectivité de l’énonciateur dans le texte. 1, 5pt
b) A partir de ces marques de subjectivité, identifiez la thèse soutenue par cet énonciateur et relevez les arguments qu’il apporte à l’appui de cette thèse. 2pts
2.a) Dégagez le sous-entendu contenu dans chacun de ces énoncés :
« Communiquer (…) c’est négocier avec ceux avec qui l’on n’est pas d’accord. »
« On se tue aujourd’hui comme hier, malgré l’omniprésence des téléphones, des radios, des caméras et d’Internet. » 1pt
b) Dans quelle intention l’énonciateur utilise-t-il ces contenus implicites ? 0,5pt
II-MORPHOSYNTAXE : 5pts
1. Après avoir précisez la modalité de phrase adoptée dans ce texte, dites pourquoi l’argumentateur a choisi cette modalité de la phrase. 2pts
2. Repérez les différentes occurrences des deux points, des points-virgules et des tirets dans le texte puis indiquez leurs valeurs respectives. 3pts
III-SÉMANTIQUE / LEXICOLOGIE : 5pts
1. a) Expliquez l’expression « idéologie technicienne » (dernière phrase du texte).Trouvez et relevez dans le texte une proposition qui pourra éclairer votre explication. 2pts
b) Que peut-on en déduire ? 1pt
2. a) Identifiez les termes qui relèvent du champ lexical de la révolution technologique. 1pt
b) Pourquoi l’argumentateur associe-t-il des données chiffrées à ce champ lexical ? 1pt
IV-RHÉTORIQUE DES TEXTES : 5pts
1. Relevez trois indices qui donnent au premier paragraphe du texte une tonalité didactique. En déduire la visée de l’énonciateur dans ce paragraphe. 2pts
2. De quoi l’argumentateur veut-il persuader le lecteur dans le dernier paragraphe ? Quels procédés utilise-t-il pour cela ? 3pts
