Correction d'exercices. "La raison du plus fort est toujours la meilleure."
Dans son ouvrage Traité théologico-politique, Spinoza estime que l'homme a autant de droits qu'il a de forces. Il écrit : "le droit de chacun s'étend jusqu'où s'étend la puissance déterminée qui lui appartient." Autrement dit, chaque homme a autant de droits qu'il a de force. La Fontaine n'est pas loin de cette pensée spinoziste lorsqu'il déclare : "La raison du plus fort est toujours la meilleure." Pour lui, celui qui a la supériorité physique a toujours raison. Cette position soulève le problème de la valeur de la force. Sur quoi pouvons-nous nous baser pour certifier avec La Fontaine que le plus fort a toujours raison ? Cependant, la force n'est-elle pas insuffisante pour déterminer la raison ? Ne faudrait-il pas réorienter la force ?
Le plus fort a toujours raison parce que c'est lui qui fixe les règles.
En effet, dans la société, les plus forts se servent de leur force pour imposer une direction à la société et fixer les règles que les autres sont tenus de respecter de peur de subir la force des forts. C'est dans ce sens que Max Stirner déclare : "celui qui a la force a le droit."
Le plus fort a donc toujours raison. Mais la raison est-elle suffisante pour déterminer la raison ?
La force est insuffisante pour déterminer la raison, car la force est éphémère.
En effet, la force n'est pas éternelle. Il y a toujours un plus fort. Et si c'est le fort qui a toujours raison, chacun cherchera à être le plus fort, et la société se transforme en chaos. En plus, le plus fort peut tomber malade, vieillir et perdre sa force. La perte de sa force entraînera aussi celle de son droit et de sa raison. Une autre raison la remplacera, et la société évoluera au gré des forces, ce qui créera le chaos. Rousseau précise d'ailleurs: "le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître".
D'une part donc, le fort à toi raison, et d'autre part la force est insuffisante pour déterminer la raison. Ne faut-il pas chercher à réorienter la force ?
Nous pouvons réorienter la force en la mettant au service de la justice.
En fait, si on adopte la logique de Hobbes, on est forcé de conclure que l'homme est méchant de nature. Il est porté à faire du mal à son semblable. C'est par contrainte qu'il fait le bien. La force doit donc être utilisée pour empêcher aux injustes de commettre l'injustice. Si on ne peut pas rendre le juste fort, il faut s'assurer que le fort mette sa force au service de la justice. Ce qui pousse Blaise Pascal à écrire : "Ne pouvant faire que le fort fut juste, on a fait que le juste fut fort."
Parvenus au terme de notre devoir qui portait sur la valeur de la force, nous avons vu avec La Fontaine que le plus fort a toujours raison, car c'est lui qui fixe les règles. Mais nous avons aussi vu que la la force est insuffisante pour déterminer la raison parce qu'elle est éphémère. La confrontation de ces deux points de vues nous a amené à envisager en troisième partie de réorienter la force, en la mettant au service de la justice. Nous pensons au final que la force ne peut déterminer la raison.
