De l’idée de souveraineté

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La souveraineté n’est pas qu’une affaire d’Etats. Elle est une attitude d’autodétermination qui, pour l’Etat comme pour l’individu, signifie la prise en charge de soi par soi-même. Il est vrai, c’est surtout en matière de politique et de relations internationales que la notion de souveraineté est surexploitée, parce que, entre autres, ses conséquences sont néfastes pour l’émergence et la fierté des Etats sous domination étrangère. Mais les philosophes aiment bien rappeler que la souveraineté du sujet, c’est-à-dire, grosso modo, sa liberté, est un élément indispensable à sa dignité et à son épanouissement. C’est dire que l’être humain, en tant que personne, est doué de facultés qui le rendent responsable à l’égard de lui-même et de la société à laquelle il appartient.

S’il est impératif que les Etats africains cessent de dépendre de leur tuteurs d’occident et d’ailleurs, il est tout aussi souhaitable que chaque citoyen africain se définisse comme souverain, et, à ce titre, capable d’éliminer ou transcender toutes les contraintes qui sembleraient freiner son émergence personnelle. Il n’est ainsi pas raisonnable d’accuser tout le temps l’Etat et le système d’être les auteurs de nos échecs. Certes, l’Etat prend des décisions qui peuvent faciliter ou entraver notre essor, et en cela consiste sa responsabilité. Mais notre responsabilité, c’est de tirer profit des maigres bonnes décisions de l’Etat tout en développent suffisamment de malice et de sens de l’adaptation et de l’anticipation pour contourner les mauvaises décisions de l’Etat ou les influence du système -concept assez vague et dont je me passerai volontiers-.

Chaque citoyen africain, sans cesser de travailler à la souverainisation de son pays, doit toujours en même temps bosser pour son autonomisation personnelle. Cela est un effort de prise de décision, de culte de l’effort, de flexibilité et de pragmatisme dans les choix, d’anticipation au quotidien, etc. La souveraineté du sujet n’est pas toutefois un appel à l’égoïsme ou à l’individualisme, qui ne seraient à proprement parler qu’une caricature rétrograde de ce à quoi nous aspirons. Au contraire, l’Africain souverain est aussi responsable de l’avenir de sa communauté ; car de même que pour les Etats africains une souveraineté à l’échelle du continent est la plus efficace, de même pour l’individu, une souveraineté dans la solidarité est la seule option qui puisse marcher.