Fidèle jusqu'à sa mort, Nganya Flaubert s'en va

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L’Afrique vient encore de perdre l’un de ses héros de la lutte contre l’impérialisme occidental. Nganya Joseph Flaubert, l’un des héros nationalistes de la lutte pour la réunification et l’indépendance du Kamerun repose depuis le 21 novembre dans la terre de ses ancêtres à Batcha, localité située à environ 10 km de Bana à l’Ouest Cameroun. Il fait partie de ceux appelés « enfants soldats » ou             « maquisards » durant la période de lutte contre le néocolonialisme français qui s’installait dans le pays. Pure coïncidence, le combattant voit le jour la même année que l’UPC plus précisément le 25 septembre 1948 à Kumba. Il n’a pas connu une enfance heureuse puisqu’à l’âge de 11 ans quand il perd son père, il est enrôlé par l’Armée de Libération Nationale du Kamerun (ALNK), branche armée du mouvement révolutionnaire UPC (Union des Populations du Cameroun). Il fera preuve d’un engagement particulier au sein du mouvement. La décennie 1960-1970 est déterminante pour sa formation politique et militaire. D’abord il est secrétaire d’un chef de secteur. Par la suite il devient instructeur militaire de la troupe régulière. Il est désormais appelé dans cette nouvelle fonction à l’entrainement des combattants, l’enseignement des stratégies de combat. Il va passer 11 ans dans le maquis. D’ailleurs il est facilement identifiable physiquement par son bras gauche laissé sur le champ de bataille le 27 janvier 1963 dans des conditions effroyables de combat. Le 19 février 1970, il sera arrêté à Bamack vers Bagangté et puis emprisonné à Bafoussam à la merci des sévices et tortures pendant 5 ans. Après sa libération le 28 mars 1975, il passera d’abord un bout de temps à Mbanga avant d’aller s’installer définitivement à Douala où il continuera le combat jusqu’à sa mort suite à un accident de circulation le mercredi 04 novembre 2015.

Conscient de la falsification de l’histoire de notre pays, il passera la plupart de son temps dans la sensibilisation à travers des séries de conférences dans divers villes. Dans la ville de Dschang, l’Association pour l’Unité et le Développement de l’Afrique (AUDA) en partenariat avec Action Sociale Africaine (ASA) et le Cercle des Etudiants d’Histoire (CEHI) de l’Université de Dschang lui rendront un vibrant hommage. Il est invité avec ses camarades fidèles de l’UPC originale le 27 novembre 2014 à l’Alliance Franco Camerounaise pour témoignages. « Ne craignons pas la mort, levons-nous et libérons notre pays », ce sont ses derniers propos de révolutionnaire au public de Dschang. Il laisse plusieurs camarades combattants comme lui croupissant pour la plupart sur le poids de la vieillesse. L’avenir nous donnera raison, avait-il écrit avec son camarade Njassep Mathieu, un idéal auquel il n’a jamais renoncé jusqu’à sa mort à 67 ans. Un message fort pour la jeunesse africaine invitée désormais à saisir l’avenir dans le sens de la lutte patriotique pour l’unité et l’indépendance totale.