Madagascar : le cyclone Gezani laisse un pays meurtri
Le nord-est de Madagascar panse ses plaies après le passage du cyclone tropical Gezani, qui a frappé de plein fouet la côte orientale avec des rafales atteignant jusqu’à 250 km/h. Selon le dernier bilan officiel, au moins 59 personnes ont perdu la vie et 15 autres sont portées disparues. Le drame s’est principalement concentré à Toamasina, deuxième ville du pays, où vivent près de 400 000 habitants.
Toamasina dévastée
À Toamasina, les rues restent envahies par des eaux boueuses plusieurs jours après le passage du cyclone. Des quartiers entiers ont été submergés. Le bureau national de gestion des risques et catastrophes recense plus de 800 blessés, environ 16 000 déplacés, près de 25 000 habitations détruites, plus de 27 000 maisons inondées, plus de 200 salles de classe partiellement ou totalement détruites. Des écoles primaires ont été transformées en refuges d’urgence. Les habitants y font la queue pour recevoir des rations alimentaires, tandis que les équipes médicales procèdent à des dépistages, notamment du paludisme, favorisé par la stagnation des eaux.
Une ville paralysée
Selon le Programme alimentaire mondial, Toamasina ne fonctionnerait plus qu’avec 5 % de son approvisionnement habituel en électricité, et l’accès à l’eau potable demeure extrêmement limité. Les infrastructures, déjà fragiles, ont cédé sous la violence des vents et des pluies torrentielles. Les dégâts économiques s’annoncent considérables : destruction de cultures vivrières, routes coupées, port perturbé, commerces fermés. Pour une région dépendante du commerce maritime et de l’agriculture, la reconstruction s’annonce longue.
Deux cyclones en moins d’un mois
Gezani survient moins d’un mois après le passage du cyclone Fytia, qui avait déjà frappé le nord-ouest du pays, causant au moins sept morts et plus de 20 000 déplacés. La répétition de ces phénomènes extrêmes accentue la vulnérabilité structurelle de l’île. Ces cyclones à répétition illustrent la forte exposition de Madagascar aux tempêtes tropicales de l’océan Indien. Le pays, classé parmi les plus pauvres du monde, fait face à une combinaison explosive : forte densité dans certaines zones urbaines, habitat précaire, infrastructures limitées et dépendance aux ressources naturelles.
Un élan d’aide internationale
Plusieurs soutiens internationaux ont été annoncés : La Chine a promis une aide non remboursable de 100 millions de yuans (environ 12 millions d’euros). La France a dépêché des secours, des vivres et des équipes de pompiers depuis La Réunion. Des organisations humanitaires renforcent leur présence pour répondre aux besoins urgents. Le pape Léon XIV a également exprimé ses pensées à la population malgache, frappée « par deux cyclones coup sur coup ».
Une reconstruction sous tension
Au-delà du bilan humain, c’est désormais la phase de reconstruction qui commence. Elle devra répondre à plusieurs défis : rétablir l’accès à l’eau et à l’électricité, reconstruire des habitations plus résistantes, relancer l’activité économique locale, prévenir les crises sanitaires post-catastrophe. Madagascar, régulièrement touchée par les aléas climatiques, se retrouve une nouvelle fois confrontée à l’urgence humanitaire. Mais au-delà de l’urgence, la question centrale reste celle de la résilience : comment reconstruire durablement face à des cyclones dont l’intensité semble s’aggraver au fil des années ? Le passage de Gezani laisse un pays endeuillé, fragilisé, mais déterminé à se relever. Mais le Japon est aussi sur des plaques instables, et parvient souvent à prévenir et minimiser l' impact des catastrophes naturelles. À Madagascar de prendre des mesures pour limiter l'impact des futures catastrophes naturelles.





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