Commentaire de texte philosophique 1ère A4
Texte :
Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir. De là le droit du plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, et réellement établi en principe. Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot ? La force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ? Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu’il n’en résulte qu’un galimatias inexplicable ; car, sitôt que c’est la force qui fait le droit, l’effet change avec la cause : toute force qui surmonte la première succède à son droit. Sitôt qu’on peut désobéir impunément, on le peut légitimement ; et, puisque le plus fort a toujours raison, il ne s’agit que de faire en sorte qu’on soit le plus fort. Or, qu’est-ce qu’un droit qui périt quand la force cesse ? S’il faut obéir par force, on n’a pas besoin d’obéir par devoir (...) Convenons donc que la force ne fait pas le droit, et qu' on est obligé d'obéir qu'aux forces légitimes.
Jean Jacques Rousseau, Du contrat social, livre I, chapitre 3, "droit du plus fort", Paris, éditions sociales, 1971, pp 59-60
Thème : Le droit de la force
Problème : la valeur du droit de la force
Thèse : Le droit de la force est éphémère
Articulation 1 : Il n'y a aucune moralité dans les effets de la force
Explication : Les effets de la force c' est la destruction et la désolation. Une guerre, une bagarre, une révolte, des émeutes entraînent avec eux de nombreux dégâts.
Illustration : "je ne vois quelle moralité peut résulter de ses effets".
Articulation 2: Le droit qui est basé sur la force s'arrête quand cette force cesse.
Explication : Si c'est le plus fort qui fixe les règles, chacun cherche à être le plus fort et la société devient le chaos. Et le droit cesse quand la force qui la soutient cesse aussi.
Illustration : "Qu' est-ce qu' un droit qui périt quand la force cesse ?"
Conclusion : La force ne fait pas le droit.
Réfutation
Idée : La force est au service du droit
Argument : Un droit sans la force n' est pas appliqué.
Auteur : Blaise Pascal : la force sans la justice est tyrannique, la Justice sans la force est éphémère
Réinterprétation du texte
Malgré les limites trouvées, ce texte de Jean Jacques Rousseau a le mérite de nous présenter le débat sur la force et le droit. La problématique qu'il soulève est actuelle, car beaucoup de peuples au monde sont encore dans des régimes dictatoriaux dont le droit est celui de la force. Le texte invite à nous retourner du droit de la force qui ne créé que du désordre. Il renforce donc la démocratie qui est assise sur la volonté populaire.
Exemple de commentaire rédigé
Notre texte à commenter est tiré de l' œuvre Du contrat social, rédigé par le Philosophe Jean Jacques Rousseau. Ce texte est centré sur le droit de la force. Préoccupé par le problème de la valeur du droit de la force, l' auteur défend l' idée selon laquelle ce droit est éphémère. Mais en affirmant une telle thèse, n' occulte-t-il pas le fait que le droit sans la force est aussi éphémère?
Jean Jacques Rousseau défend la thèse selon laquelle le droit de la force est éphémère. Il structure son texte autour de deux articulations. Dans la première articulation, il montre qu' il n' y a aucune moralité dans la force. En fait, les effets de la force c' est la destruction et la désolation. Une guerre, une bagarre, une révolte, des émeutes entraînent avec eux de nombreux dégâts et la tristesse. Dans le texte, on peut lire : "je ne vois quelle moralité peut résulter de ses effets". Dans une deuxième articulation, l' auteur montre que le droit qui est basé sur la force s'arrête quand cette force cesse. En fait, si c'est le plus fort qui fixe les règles, chacun cherche à être le plus fort et la société devient le chaos. Et le droit cesse quand la force qui la soutient cesse aussi. C' est pourquoi Rousseau s'interroge dans le texte : "Qu' est-ce qu' un droit qui périt quand la force cesse ?" Rousseau conclut son texte en précisant que la force ne fait pas le droit.
Nous venons de voir avec Rousseau que la force ne fonde pas le droit. Mais cette thèse est-elle à l' abri de la critique?
Jean Jacques Rousseau semble ne pas prendre en considération le fait que la force est au service du droit. Il peut donc en résulter des effets positifs de la force. En effet, un droit sans la force n' est pas appliqué. Peu importe la bonté du droit, s'il n' y a pas la force pour imposer son respect, il ne sera pas appliqué. Blaise Pascal précise d'ailleurs que la force sans la justice est tyrannique et la Justice sans la force est éphémère, pour montrer le rôle positif de la force dans l'atteinte de la justice.
Ce texte de Jean Jacques Rousseau a donc des limites, mais faut-il le rejeter ?
Malgré les limites trouvées, ce texte a le mérite de nous présenter le débat sur la force et le droit. La problématique qu'il soulève est actuelle, car beaucoup de peuples au monde sont encore dans des régimes dictatoriaux dont le droit est celui de la force. Le texte invite à nous détourner du droit de la force qui ne créé que du désordre. Il renforce donc la démocratie qui est assise sur la volonté populaire.
Parvenus au terme de notre devoir qui portait sur la valeur du droit de la force, nous avons vu en première partie avec Rousseau que le droit de la force est éphémère et que rien de bon ne peut sortir des effets de la force. Mais nous avons aussi vu que le droit a besoin de la force pour être appliqué. Ce texte nous a plongé au cœur d'un débat actuel sur le droit de la force.
