La vie des camerounais dans le territoire sous mandat français

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Introduction
Le Cameroun, placé sous mandat de la Société Des Nations en 1922, fut administré par la France et la Grande-Bretagne après la défaite allemande lors de la Première Guerre mondiale. Le territoire sous mandat français (le Cameroun oriental) fut soumis à une politique coloniale marquée par une administration stricte, une exploitation économique intensive et une transformation sociale profonde. Cependant, cette domination suscita des résistances africaines, révélant les tensions entre colonisateurs et colonisés.

I- L'administration coloniale française
La politique administrative française au Cameroun sous mandat reposait sur le principe de l'assimilation. Ce système visait à intégrer les populations locales à la culture française tout en les maintenant dans une position subalterne.

1- La politique d'assimilation et l'indigénat
L'assimilation imposait la langue, les lois et les valeurs françaises aux Camerounais, tout en limitant leur accès aux droits accordés aux citoyens français. Le régime de l'indigénat instituait des lois discriminatoires spécifiques aux "indigènes", imposant des sanctions arbitraires, des impôts élevés et des corvées obligatoires aux camerounais. Ils résistèrent activement à ces politiques à travers des révoltes, des refus de payer l'impôt ou encore des mouvements politiques embryonnaires.

2- Le rôle des chefs traditionnels
Les chefs traditionnels furent intégrés au système colonial en tant qu'exécutants de l'administration française. Ils étaient chargés de collecter l'impôt, de mobiliser les populations pour les travaux forcés et de maintenir l'ordre au nom de l’administration coloniale. Bien que certains collaborèrent, d'autres résistèrent, dénonçant leur instrumentalisation et la perte de leur autorité traditionnelle.

II- L'exploitation économique
L'économie coloniale camerounaise sous mandat français fut orientée vers l'exploitation intensive des ressources naturelles et la main-d'œuvre locale.

1- Reprise des grandes plantations allemandes
Les plantations allemandes de cacao, de café et d'hévéa furent reprises par des compagnies françaises. Les Camerounais y travaillaient dans des conditions difficiles, souvent sous-payés et maltraités.

2- Participation aux grands travaux
La construction des infrastructures, notamment les chemins de fer, fut réalisée grâce à une main-d’œuvre locale exploitée. Les chemins de fer servaient principalement à acheminer les matières premières (cacao, café, bois) vers les ports pour l’exportation vers la France.

3- Imposition de 10 jours de travail obligatoire par an
Les Camerounais étaient contraints de travailler gratuitement pour les projets du gouvernement colonial. Ce travail forcé alimentait le mécontentement et intensifiait les tensions sociales.

III. Les aspects sociaux
La colonisation française eut également des impacts sociaux importants, bien que ces transformations furent souvent imposées au détriment des populations locales.

1- Les travaux forcés et les conditions de vie
Les Camerounais étaient soumis aux travaux forcés, dans des conditions particulièrement éprouvantes, entraînant une forte mortalité.

2- Les soins de santé
Des efforts furent faits pour lutter contre certaines maladies endémiques, comme la maladie du sommeil. Des centres de santé furent ouverts, mais leur accès restait limité et réservé à une minorité.

3- L’éducation
L’ouverture d’écoles primaires permit une alphabétisation partielle des Camerounais. Cependant, ces écoles avaient pour but de former des auxiliaires de l’administration coloniale. L’éducation secondaire restait marginale : les rares opportunités étaient offertes dans des séminaires religieux ou à l'étranger.

Conclusion
Sous le mandat français, la vie des Camerounais fut marquée par une exploitation systématique et une administration autoritaire, accompagnées de quelques avancées sociales. Si la France prétendait civiliser et développer le Cameroun, les méthodes utilisées, comme l'indigénat et les travaux forcés, révélèrent la domination coloniale et son caractère oppressif. Cette période posa les bases des luttes pour l’indépendance et pour la reconquête de la dignité des populations camerounaises.

Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux questions suivantes :

1- Quelle était la politique administrative appliquée par la France au Cameroun sous mandat ?
A- La politique d’indigénisation
B- La politique d’assimilation
C- La politique de fédéralisation
D- La politique d’indépendance

2- Quel était le rôle des chefs traditionnels dans l’administration coloniale française ?
A- Décider des lois locales
B- Être des intermédiaires entre les colons et les populations
C- Représenter le Cameroun auprès de la France
D- Être les véritables décideurs politique

3- Que signifiait le régime de l’indigénat pour les Camerounais ?
A- L’accès aux mêmes droits que les citoyens français
B- Une loi spécifique permettant des sanctions arbitraires
C- La possibilité de voter lors des élections coloniales
D- L’obligation de rejoindre l’armée française

4- Quels produits étaient principalement cultivés dans les plantations sous mandat français ?
A- Le blé et le riz
B- Le cacao, le café et l’hévéa
C- Le coton et le maïs
D- Le manioc et les bananes

5- Quelle était la principale utilité des chemins de fer construits sous le mandat français ?
A- Favoriser le commerce entre les régions camerounaises
B- Transporter les matières premières vers les ports
C- Relier les villes camerounaises pour les habitants
D- Faciliter les déplacements des colons

6- Combien de jours de travail obligatoire par an étaient imposés aux Camerounais dans les projets coloniaux ?
A- 5 jours
B- 10 jours
C- 15 jours
D- 20 jours

7- Quelle était l’une des conséquences sociales des travaux forcés pour les Camerounais ?
A- Une amélioration des conditions de vie
B- Une forte mortalité et des conditions de vie difficiles
C- Une augmentation des revenus des familles locales
D- Une diminution des tensions sociales

8- Quel progrès en santé fut introduit par la colonisation française ?
A- La vaccination contre toutes les maladies
B- L’ouverture de centres de santé et la lutte contre la maladie du sommeil
C- La gratuité des soins médicaux pour tous
D- La formation de médecins camerounais

9- Quels étaient les lieux d’éducation secondaire accessibles aux Camerounais sous mandat français ?
A- Les écoles publiques locales
B- Les séminaires religieux ou l’étranger
C- Les universités coloniales camerounaises
D- Les internats de l’administration française

10- Quelle était la réaction des Camerounais face à la politique coloniale française ?
A- Une acceptation généralisée
B- Une résistance active sous diverses formes
C- Une collaboration complète avec les Français
D- Une indifférence totale

11- Pourquoi les chefs traditionnels perdaient-ils une partie de leur autorité sous le mandat français ?
A- Ils étaient remplacés par des chefs français
B- Ils étaient réduits à des rôles d’exécutants de l’administration coloniale
C- Ils abandonnaient volontairement leurs pouvoirs
D- Ils étaient exclus de l’administration locale

12- Quelle était l’objectif principal des écoles primaires ouvertes par les Français au Cameroun ?
A- Former des intellectuels africains indépendants
B- Former des auxiliaires pour l’administration coloniale
C- Préparer les Camerounais à des études supérieures
D- Promouvoir la culture camerounaise

13- Quelles furent les grandes infrastructures développées pendant le mandat français au Cameroun ?
A- Les hôpitaux et les universités
B- Les ports et les chemins de fer
C- Les barrages et les usines
D- Les routes modernes et les aéroports

14- Quel était l’objectif principal de l’exploitation économique sous le mandat français ?
A- Développer l’économie locale
B- Enrichir la métropole française grâce aux ressources du Cameroun
C- Réduire la pauvreté au Cameroun
D- Favoriser l’autosuffisance alimentaire du Cameroun

15- Quelle loi coloniale permettait de punir arbitrairement les Camerounais ?
A- La loi de l’assimilation
B- La loi sur l’éducation
C- Le régime de l’indigénat
D- La loi des grands travaux

16- Pourquoi les Camerounais furent-ils contraints de participer aux grands travaux ?
A- Pour les former à des métiers techniques
B- Par obligation légale sous la forme des corvées
C- Pour améliorer leur qualité de vie
D- Par volonté de contribuer à la modernisation du pays

17- Quelles ressources naturelles étaient exploitées pour l’exportation ?
A- Le pétrole et le gaz
B- Le cacao, le café et le bois
C- Les diamants et l’or
D- Le coton et le sucre

18- Quelle organisation internationale plaça le Cameroun sous mandat français ?
A- L’Organisation des Nations Unies
B- La Société des Nations
C- L’Union Africaine
D- La Conférence de Berlin

Réponse aux questions :
1- B
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4- B
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6- B
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15- C
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