Réduction de l’aide mondiale contre le paludisme : l’Afrique face à sa perfusion organisée
Alors que les puissances occidentales réduisent leur contribution à la lutte contre le paludisme, le spectre d’une reprise meurtrière plane sur l’Afrique subsaharienne. Cette crise sanitaire n’est pas seulement médicale : elle révèle l’échec politique et la dépendance tragique d’un continent trahi par ses dirigeants et maintenu sous perfusion par ses anciens colons.
Un continent sous assistance respiratoire
L’annonce de la baisse des financements internationaux pour la lutte contre le paludisme a provoqué l’inquiétude générale. Les chancelleries s’alarment, les ONG s’affolent, les ministères de la santé s’empressent de lancer des appels à l’aide.
Mais la question essentielle demeure : comment un continent aussi riche en ressources naturelles peut-il trembler à chaque suspension d’aide étrangère ?
Parce que l’Afrique est sous perfusion volontaire. Parce qu’elle est dirigée par des présidents imposés, incapables de penser une politique sanitaire, économique et industrielle indépendante. Parce que ces dirigeants, produits d’un système néocolonial, préfèrent plaire aux bailleurs que protéger leurs peuples.
Le paludisme, miroir d’un désastre politique
Le paludisme tue plus que les guerres et les famines réunies. Sur 10 décès en Afrique subsaharienne, 3 sont dus à cette maladie. Sur 10 malades, 7 en souffrent directement. Et pourtant, la réponse africaine demeure quasi inexistante. Les programmes sont financés, pensés et évalués par les puissances étrangères. Les populations, elles, subissent. Chaque recul de l’aide étrangère devient un drame continental, preuve que l’Afrique ne s’appartient plus.
Cette réalité est le fruit d’un long processus : l’éviction des régimes nationalistes capables de penser le développement endogène du continent, remplacés par des bouffons politiques au service de l’ordre impérial. Ces dirigeants bouffons, obsédés par la conservation du pouvoir et l’enrichissement personnel, ont transformé nos pays en États-mendiants, dépendants de chaque subvention, incapables d’anticiper ni d’investir dans la recherche.
L’Afrique possède pourtant ses propres solutions
L’Artemisia, plante médicinale africaine, a déjà prouvé son efficacité dans le traitement et la prévention du paludisme. Mais faute de politique scientifique sérieuse, elle reste marginalisée au profit de traitements importés, souvent coûteux et contrôlés par les laboratoires occidentaux.
De même, la généralisation du vaccin antipaludique, la mise en place d’une production pharmaceutique locale, et l’intégration des médecines traditionnelles devraient être des priorités nationales. Mais comment espérer cela de gouvernements qui préfèrent organiser des conférences d’aides plutôt que des ateliers de production ?
Reprendre le contrôle : vers une avant-garde africaine
Il est temps que les Africains cessent d’attendre des solutions venues d’ailleurs. Le paludisme, comme tant d’autres fléaux, ne sera vaincu que par une riposte souveraine, panafricaine et organisée. Cela exige des régimes progressistes, capables de rompre avec la mendicité internationale et de mobiliser les ressources internes du continent. Cela exige surtout la création d’une avant-garde révolutionnaire, une force de pensée et d’action capable d’unir les peuples autour d’un projet de libération totale.
C’est dans cet esprit que la Ligue Associative Africaine (LAA) se dresse aujourd’hui comme le mouvement continental de la conscience libérée, et que la LIMARA, son bras politique au Cameroun, s’affirme comme le fer de lance de cette avant-garde nationale.
L’heure n’est plus aux lamentations
Ou bien nous forgeons notre propre voie, ou bien nous continuons à mourir de maladies que nous aurions pu vaincre depuis longtemps. L’Afrique doit choisir entre deux destins : celui de la soumission, où chaque coupure d’aide étrangère devient un désastre ; ou celui de la dignité, où chaque crise devient une occasion d’inventer nos propres solutions. Le paludisme n’est qu’un symptôme. La véritable maladie, c’est la dépendance. Et le seul remède, c’est l’émancipation.


