Nicolas Sarkozy en prison : la comédie des forts et la tragédie des peuples

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Ce 21 octobre 2025, l’ancien président français Nicolas Sarkozy a franchi les portes de la prison de la Santé pour purger cinq années d’emprisonnement. En apparence, c’est une victoire éclatante de la justice. Un symbole fort : celui d’un chef d’État occidental enfin rattrapé par la loi. Mais derrière cette image soigneusement mise en scène par les médias et l’appareil judiciaire, se cache une vérité bien plus amère : ce jugement ne juge rien. Il ne juge ni la guerre, ni la mort, ni la destruction. Il juge l’argent.
Sarkozy n’entre pas en prison pour ses crimes politiques et militaires : pour la destruction de la Libye, pour la mise à genoux d’un État africain souverain, pour la mort de milliers d’innocents à Tripoli, Benghazi, Abidjan ou Duékoué. Non. Il entre en prison parce qu’il a reçu de l’argent libyen pour financer son élection. Autrement dit, il n’est pas puni pour avoir tué, mais pour avoir été payé par ceux qu’il allait tuer.

Une justice qui juge les bourreaux pour leurs dettes, pas pour leurs crimes

Le monde célèbre une justice qui ne touche pas à l’essentiel. Sarkozy dort désormais dans une cellule de neuf mètres carrés, avec table, lit, livres, écritoire, ordinateur. Une prison dorée, presque monastique, où il pourra méditer sur la fragilité du pouvoir. Mais dans cette cellule luxueuse, aucun cri d’enfant libyen ne résonne, aucun hurlement de femme ivoirienne ne s’entend.
Les morts, eux, n’ont pas eu neuf mètres carrés pour réfléchir. Ils ont eu la poussière des bombardements, les flammes de leurs maisons, le silence des cimetières.
Ceux que Sarkozy a condamnés à mort au nom de la « démocratie » n’ont pas eu le luxe du papier et du stylo. Eux, leur sentence a été prononcée sans procès, sans avocat, sans recours. Et pendant que la France s’applaudit elle-même pour avoir « osé juger » un ancien président, les vrais crimes restent intacts : la destruction d’un État africain prospère, la fragmentation du Sahel, la déstabilisation d’une région entière.

La comédie des forts

Soyons clairs : cette condamnation n’est rien d’autre qu’un numéro d’équilibriste moral.
La France lave sa conscience en enfermant l’un des siens, non pas parce qu’il a écrasé des peuples, mais parce qu’il a trahi le secret de famille : avoir reçu l’argent d’un ennemi avant de le réduire en poussière. Sarkozy est puni pour la faute des puissants : le mensonge d’argent,  et non pour le crime des puissants qui est la guerre.
Cette justice-là n’est pas celle des peuples, c’est la justice des forts, celle qui protège l’ordre impérial tout en offrant un os moral aux consciences endormies.
Pendant que Sarkozy médite dans sa cellule, les compagnies françaises continuent d’extraire le pétrole libyen, les banques engrangent les dividendes, les marchés africains restent dépendants. C’est cela, la vraie prison : celle des peuples soumis à un ordre mondial qui leur refuse la souveraineté.

Les peuples n’ont plus besoin de symboles : ils ont besoin de puissance

Les Ivoiriens et les Libyens n’ont rien à célébrer. L’emprisonnement de Sarkozy ne leur rendra ni leurs morts, ni leurs dirigeants, ni leur dignité. Kadhafi et Gbagbo, deux figures indéniablement anti-impérialistes, ont été neutralisés parce qu’ils osaient dire non. Parce qu’ils refusaient la servitude politique et économique. Et depuis, leurs peuples errent dans le brouillard d’une liberté confisquée.
L’avenir des peuples africains ne dépendra jamais d’un tribunal français, mais de leur propre capacité à s’organiser, à résister, à se rendre invincibles.
La vraie justice ne sortira pas des palais judiciaires de Paris, mais des rues, des champs, des universités et des casernes africaines.
La justice se fera quand l’Afrique ne demandera plus la permission d’être libre.

Construire la justice des peuples

Les Africains doivent comprendre une leçon essentielle : les bourreaux des peuples ne se jugent pas, ils se remplacent. La meilleure vengeance contre l’ordre impérial, c’est la puissance : puissance économique, puissance militaire, puissance intellectuelle, puissance morale.
Quand l’Afrique sera capable de rivaliser avec les grands, d’imposer ses choix, d’écrire son histoire, alors seulement les Sarkozy du monde comprendront que la domination a un prix.
Alors seulement, les morts de Tripoli et d’Abidjan auront un sens.

Conclusion : une prison sans justice

Oui, Nicolas Sarkozy est en prison. Mais cette prison est un symbole creux. Elle n’efface pas les ruines, elle ne console pas les orphelins, elle ne reconstruit pas les États qu’il a détruits. C’est une prison de théâtre, un acte de purification morale d’un système qui, pendant ce temps, continue d’étouffer le monde.
Tant que les peuples ne seront pas les maîtres de leur justice, la prison des puissants restera une illusion. Et tant que l’Afrique ne sera pas libre, toute condamnation occidentale restera un mensonge politique.