Le Cameroun et les pays asiatiques

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Introduction

Le Cameroun, comme tout État moderne, ne vit pas en autarcie. Au-delà de ses liens historiques avec ses anciennes puissances tutélaires (France, Royaume-Uni) et de son appartenance à de nombreuses organisations internationales (ONU, UA, CEEAC, Commonwealth, Francophonie), il entretient également des relations multiformes avec de nouvelles puissances en pleine ascension, notamment en Asie. Deux pays se distinguent particulièrement : la Chine et le Japon, qui représentent à la fois des modèles de croissance économique et des partenaires stratégiques dans divers domaines.

I – LE CAMEROUN ET LA CHINE

1) Historique
Les relations sino-camerounaises ont commencé avant même l’indépendance du Cameroun.

Dans le contexte de la guerre froide, la Chine de Mao Zedong a apporté un soutien idéologique et logistique à l’UPC (Union des Populations du Cameroun), mouvement engagé pour une véritable indépendance.

Cette proximité avec l’UPC a suscité une méfiance des premiers dirigeants camerounais vis-à-vis de la Chine.

Ce n’est qu’après l’assassinat d’Ernest Ouandié en janvier 1971, dernier chef nationaliste soutenu par Pékin, que la Chine a accepté de normaliser ses relations avec le régime en place.

Le 26 mars 1971 marque l’établissement officiel des relations diplomatiques entre le Cameroun et la Chine avec la signature du premier accord de coopération.

2) Aspects de la coopération

La coopération sino-camerounaise couvre presque tous les secteurs :

Diplomatique et militaire : visites régulières d’autorités et soutien réciproque dans les institutions internationales.

Technique et sanitaire : envoi de missions médicales, construction d’hôpitaux modernes.

Éducation et culture : bourses d’études, appui à l’IRIC, Institut Confucius.

Sport et infrastructures : financement et construction de stades, palais des sports, etc.

Énergie, agriculture et industrie : barrages hydroélectriques, mécanisation agricole, industries extractives.

3) L’apport du Cameroun à la Chine

Soutien diplomatique constant, notamment sur la question de Taïwan et des droits de l’homme à l’ONU.

Visites officielles : Paul Biya s’est rendu en Chine à plusieurs reprises (1987, 1993, 2003, 2006, 2011).

Ressources naturelles : exportation de bois, minerais, pétrole, cacao, coton.

Marché de consommation : le Cameroun constitue un débouché important pour les produits chinois (vêtements, appareils électroménagers, électroniques, véhicules).

4) L’apport de la Chine au Cameroun

Politique et diplomatie : visites de hauts dirigeants chinois (Hu Jintao en 2007).

Infrastructures : construction du Palais des Congrès de Yaoundé, Palais des sports, barrages de Lagdo et Songloulou, port en eau profonde de Kribi, barrages de Lom Pangar.

Santé : hôpitaux gynéco-obstétriques de Ngousso (Yaoundé) et Yassa (Douala).

Éducation et culture : bourses d’études (plus de 20 par an), Institut Confucius pour l’enseignement du mandarin, équipements logistiques pour l’IRIC.

Économie et finances : financements de grands projets, annulation partielle de la dette camerounaise (16 milliards de FCFA en 2007).

Commerce : importation massive de riz, textiles, électroménagers ; exportation camerounaise de matières premières vers la Chine.

II – LE CAMEROUN ET LE JAPON

1) Historique

Les relations diplomatiques entre le Cameroun et le Japon débutent officiellement en 1961.

Une des premières réalisations fut la création de la SIC Cacaos en partenariat (joint venture).

Le Japon s’implante aussi très tôt dans le commerce automobile et électronique au Cameroun.

2) Aspects de la coopération

Commerciale : import-export de produits et de matières premières.

Diplomatique : ouverture d’ambassades et échanges de visites officielles.

Financière : prêts, dons et appuis au développement.

Sociale et culturelle : construction d’écoles primaires, appui au secteur éducatif.

3) L’apport du Cameroun au Japon

Diplomatie : visites officielles d’Ahmadou Ahidjo en 1973 et de Paul Biya en 2000 et 2003.

Matières premières exportées : cacao, coton, bois, café, pétrole.

Marché de consommation : le Cameroun constitue un débouché pour les automobiles et équipements japonais.

4) L’apport du Japon au Cameroun

Diplomatique : ouverture d’une ambassade à Yaoundé.

Culturel et éducatif : construction d’écoles primaires (dites « Don japonais ») entre 1999 et 2000.

Commercial : forte présence des grandes entreprises japonaises (Mitsubishi, Toyota, Honda, Sony, Sharp, Toshiba).

Financier et infrastructurel : Soutien via la conférence TICAD (Tokyo International Conference on African Development).

Aide publique au développement (APD).

Modernisation du terminal à conteneurs du port de Douala.

Soutien au secteur agro-pastoral et piscicole.

Conclusion

Les relations entre le Cameroun et la Chine d’une part, et le Cameroun et le Japon d’autre part, illustrent la diversification diplomatique et économique de l’État camerounais.

Avec la Chine, la coopération est marquée par un pragmatisme économique et un soutien politique réciproque, la Chine apparaissant comme un partenaire incontournable dans la réalisation des grands projets d’infrastructures.

Avec le Japon, le partenariat se caractérise par la qualité de l’assistance, notamment dans l’éducation, l’automobile et le financement d’infrastructures.

Ainsi, la présence asiatique au Cameroun témoigne de l’ouverture du pays à la mondialisation, mais pose aussi des défis : dépendance accrue aux importations, concurrence avec les industries locales, et nécessité pour le Cameroun de tirer pleinement profit de ces relations pour son développement durable.


Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux questions suivantes :

1- Le Cameroun ne vit pas en autarcie car :
A- Il dépend uniquement de la France et du Royaume-Uni
B- Il entretient des relations avec les organisations internationales et divers pays
C- Il ne participe pas à la mondialisation
D- Il est isolé diplomatiquement

2- Parmi les puissances asiatiques avec lesquelles le Cameroun entretient des relations privilégiées, on trouve :
A- La Chine et le Japon
B- L’Inde et la Corée du Nord
C- La Thaïlande et le Vietnam
D- L’Arabie Saoudite et l’Iran

3- Les relations entre le Cameroun et la Chine remontent :
A- À la colonisation allemande
B- Avant les indépendances avec le soutien à l’UPC
C- Après la visite de Paul Biya en Chine
D- Après la visite de Hu Jintao au Cameroun

4- Quelle date marque l’établissement officiel des relations diplomatiques entre la Chine et le Cameroun ?
A- 1er janvier 1960
B- 26 mars 1971
C- 20 mai 1972
D- 12 novembre 1987

5- Le soutien de la Chine avant 1971 allait principalement vers :
A- Le régime d’Ahidjo
B- L’UPC
C- L’ONU
D- La France

6- En matière diplomatique, le Cameroun soutient régulièrement la Chine à l’ONU sur :
A- La question tibétaine
B- La question taïwanaise et des droits de l’homme
C- La question coréenne
D- La question du commerce international

7- Parmi ces présidents camerounais, qui a effectué plusieurs visites en Chine ?
A- Ahmadou Ahidjo
B- Paul Biya
C- John Fru Ndi
D- Ernest Ouandié

8- La Chine importe du Cameroun principalement :
A- Riz et vêtements
B- Bois et minerais
C- Véhicules et téléphones
D- Équipements médicaux

9- La Chine a annulé une partie de la dette bilatérale du Cameroun en 2007 d’un montant d’environ :
A- 5 milliards FCFA
B- 10 milliards FCFA
C- 16 milliards FCFA
D- 50 milliards FCFA

10- Lequel de ces hôpitaux est une réalisation chinoise au Cameroun ?
A- Hôpital Central de Yaoundé
B- Hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso
C- Hôpital militaire de Douala
D- Hôpital Laquintinie

11- Quelle infrastructure suivante n’a PAS été construite par la Chine ?
A- Palais des Congrès de Yaoundé
B- Palais des sports de Yaoundé
C- Barrage de Songloulou
D- Port de Douala (création coloniale)

12- L’Institut Confucius au Cameroun est lié à :
A- L’enseignement du japonais
B- L’enseignement du mandarin
C- L’enseignement du coréen
D- L’enseignement du français

13- Les relations diplomatiques entre le Cameroun et le Japon commencent en :
A- 1960
B- 1961
C- 1971
D- 1973

14- La première coopération économique concrète fut la création :
A- De la SIC Cacaos
B- Du port de Douala
C- De l’Institut Confucius
D- Du barrage de Lagdo

15- Le Japon importe du Cameroun principalement :
A- Bois brut, cacao, coton
B- Riz et véhicules
C- Textiles et minerais
D- Équipements sportifs

16- Le Cameroun exporte vers le Japon des matières premières et reçoit en retour surtout :
A- Des médicaments et des vaccins
B- Des véhicules, machines et appareils électroniques
C- Des denrées alimentaires
D- Du pétrole raffiné

17- Quel président camerounais a effectué une visite officielle au Japon en 1973 ?
A- Paul Biya
B- Ahmadou Ahidjo
C- Charles Atangana
D- John Fru Ndi

18- Les « dons japonais » au Cameroun désignent surtout :
A- Des stades de football
B- Des écoles primaires construites entre 1999 et 2000
C- Des hôpitaux universitaires
D- Des universités privées

19- Le Japon apporte une assistance financière importante au Cameroun à travers :
A- Le Forum Chine-Afrique
B- L’OMC
C- La TICAD (Tokyo International Conference on African Development)
D- L’Union Africaine

20- Parmi ces entreprises, laquelle n’est pas japonaise mais américaine ?
A- Toyota
B- Sony
C- Nissan
D- Ford

21- Dans le cadre de la coopération, le Japon a contribué à :
A- La modernisation du terminal à conteneurs du port de Douala
B- La construction du port en eau profonde de Kribi
C- La construction du Palais des Congrès
D- La création de l’Institut Confucius

22- La Chine se distingue dans sa coopération avec le Cameroun surtout par :
A- Les grands projets d’infrastructures et le commerce
B- Le financement de projets culturels seulement
C- Les importations de véhicules
D- Les échanges strictement militaires

23- Le Japon se distingue surtout par :
A- Ses réalisations dans le domaine éducatif et technologique
B- Son intervention militaire
C- Sa colonisation passée du Cameroun
D- Ses exportations de riz

24- Une similitude entre la Chine et le Japon dans leur coopération avec le Cameroun est :
A- La présence d’ambassades à Yaoundé
B- La colonisation directe du Cameroun
C- Le soutien militaire lors de la guerre d’indépendance
D- Le refus de soutenir le Cameroun dans les organisations internationales

25- Un des défis que pose la coopération du Cameroun avec la Chine et le Japon est :
A- L’isolement international du Cameroun
B- La dépendance aux importations et la concurrence aux industries locales
C- La fin des relations avec la France
D- L’exclusion du Cameroun de l’ONU

Réponses aux questions :
1- B
2- A
3- B
4- B
5- B
6- B
7- B
8- B
9- C
10- B
11- D
12- B
13- B
14- A
15- A
16- B
17- B
18- B
19- C
20- D
21- A
22- A
23- A
24- A
25- B