Le commerce équitable
Introduction
Le commerce équitable est un système d’échange économique visant à réduire les inégalités entre producteurs des pays du Sud et consommateurs des pays du Nord. Il repose sur une démarche éthique : utiliser le commerce comme levier de développement en assurant une rétribution juste aux travailleurs, souvent lésés dans le commerce conventionnel, où les intermédiaires captent la majeure partie des profits. Bien que marginal (moins de 1% des échanges mondiaux), ce modèle alternatif a été formalisé au 19e siècle par Josiah Warren, un penseur utopiste, avant de se structurer dans les années 1960 avec des labels comme Fairtrade.
I- Du déséquilibre économique mondial au commerce équitable
Dans le commerce conventionnel, les inégalités sont criantes. Par exemple :
- Pour 100 € dépensés sur du chocolat en Europe, le producteur ivoirien de cacao ne perçoit que 5 €.
- Jusqu’à 10 intermédiaires (négociants, transformateurs, distributeurs) s’interposent entre le producteur et le consommateur, réduisant la part revenant aux agriculteurs.
Conséquences :
- Les petits producteurs s'appauvrissent et reçoivent souvent des prix inférieurs aux coûts de production, rendant difficiles les conditions de production .
- Le manque de maîtrise des prix et des débouchés les rend vulnérables aux fluctuations des marchés.
Le commerce équitable réduit ces intermédiaires en établissant des circuits courts, permettant aux coopératives du Sud de vendre directement aux acheteurs du Nord.
II- Les normes du commerce équitable
Pour être certifié "équitable", un produit doit respecter des critères stricts :
1- Commerce direct :
- Relations durables entre coopératives et acheteurs, avec un préfinancement des récoltes pour éviter l’endettement.
2- Conditions de travail dignes :
- Interdiction du travail forcé et du travail des enfants (selon les normes de l’Organisation Internationale du Travail).
- Salaires couvrant les besoins essentiels (logement, alimentation, santé).
3- Prix juste et stable :
- Un prix minimum garanti, indépendant des cours mondiaux, couvre les coûts de production.
- Une prime de développement (10 à 20% du prix) finance des projets locaux (écoles, hôpitaux).
4- Agriculture durable :
- Limitation des pesticides, encouragement du bio et de la biodiversité.
5- Gestion démocratique :
- Les coopératives fonctionnent de manière transparente, avec une égalité hommes-femmes.
(Exemple : La coopérative de café Pérou Fairtrade investit dans des programmes scolaires grâce à la prime équitable.)
III- Importance du commerce équitable
1- Corrige les déséquilibres du commerce international :
- Les pays du Nord imposent traditionnellement les prix, exploitant les producteurs du Sud. L’équitable renverse cette dynamique.
2- Efficacité économique :
- Intègre des petits producteurs exclus des marchés globaux (ex.: artisans boliviens).
3- Développement humain :
- Améliore l’accès à l’éducation et aux soins, renforçant les capabilités (concept d’Amartya Sen).
4- Alternative à la mondialisation libérale :
- Privilégie le bien-être sur le profit, en harmonie avec les Objectifs de Développement Durable (ONU).
IV- Critiques et limites
1- Risque de surproduction :
- Le prix minimum incite à produire en masse, pouvant saturer le marché (ex.: surplus de quinoa en Bolivie).
2- Inégalités persistantes :
- Les producteurs restent moins rémunérés que les acteurs des pays riches.
3- Concurrence déloyale :
- Les produits équitables sont plus chers, ce qui décourage certains consommateurs.
4- Impact écologique :
- Le transport international (avion, bateau) génère une empreinte carbone élevée.
5- Standardisation des cultures :
- Certaines productions traditionnelles peu rentables (ex.: variétés locales de café) disparaissent.
Conclusion
Le commerce équitable est une réponse partielle aux excès de la mondialisation, combinantjustice sociale et durabilité. S’il ne peut remplacer le commerce conventionnel, il influence les pratiques (ex.: engagements de grandes marques comme Tony’s Chocolonely). Son avenir dépendra d’une meilleure sensibilisation des consommateurs et d’une intégration plus large dans les politiques publiques.
Ouverture : Peut-on imaginer un modèle équitable sans label, via des circuits courts locaux ( vente directe) ?
Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux questions suivantes :
1- Quelle est la définition du commerce équitable ?
a) Un système où les producteurs sont exploités pour maximiser les profits.
b) Un modèle économique visant à réduire les inégalités en assurant une rémunération juste aux producteurs.
c) Une forme de commerce réservée aux pays riches.
d) Un système sans intermédiaires, uniquement basé sur le troc.
2- Qui a formalisé les principes du commerce équitable au 19e siècle ?
a) Karl Marx
b) Adam Smith
c) Josiah Warren
d) Milton Friedman
3- Quelle part du prix d’une tablette de chocolat vendue en Europe revient généralement au producteur ivoirien de cacao ?
a) 50 %
b) 20 %
c) 5 %
d) 1 %
4- Combien d’intermédiaires peuvent s’interposer entre le producteur et le consommateur dans le commerce conventionnel ?
a) 1 à 2
b) 5 à 6
c) 10 ou plus
d) Aucun
5- Quel est l’un des objectifs principaux du commerce équitable ?
a) Augmenter le nombre d’intermédiaires.
b) Réduire la part des producteurs dans la chaîne de valeur.
c) Garantir un prix minimum couvrant les coûts de production.
d) Favoriser uniquement les grandes multinationales.
6- Quelle organisation internationale fixe les normes contre le travail des enfants dans le commerce équitable ?
a) OMC
b) OIT (Organisation Internationale du Travail)
c) FMI
d) UNESCO
7- Qu’est-ce que la "prime de développement" dans le commerce équitable ?
a) Un bonus versé aux intermédiaires.
b) Une somme supplémentaire (10-20% du prix) investie dans des projets locaux (écoles, santé).
c) Une taxe imposée aux consommateurs.
d) Un fonds réservé aux actionnaires des multinationales.
8- Le commerce équitable encourage-t-il des pratiques agricoles durables ?
a) Non, il ignore totalement l’environnement.
b) Oui, il limite les pesticides et promeut l’agriculture biologique.
c) Seulement dans les pays riches.
d) Uniquement pour les cultures non alimentaires.
9- Quel est un risque associé au prix minimum garanti dans le commerce équitable ?
a) Il décourage la production.
b) Il peut entraîner une surproduction.
c) Il augmente toujours les coûts pour le consommateur.
d) Il supprime tous les intermédiaires.
10- Pourquoi certains produits équitables sont-ils plus chers ?
a) Parce que les intermédiaires gardent plus de profits.
b) À cause des normes sociales et environnementales strictes.
c) Car ils sont produits uniquement en Europe.
d) En raison des subventions gouvernementales.
11- Quelle critique majeure est adressée au commerce équitable concernant l’environnement ?
a) Il utilise trop d’emballages plastiques.
b) Le transport international génère une empreinte carbone élevée.
c) Il ignore les énergies renouvelables.
d) Il détruit les forêts primaires.
12- Quel philosophe/économiste est associé à l’idée de "capabilités" (libertés individuelles) soutenue par le commerce équitable ?
a) John Maynard Keynes
b) Amartya Sen
c) Friedrich Hayek
d) Thomas Piketty
13- Quel produit a connu des problèmes de surproduction liés au commerce équitable en Bolivie ?
a) Le café
b) Le quinoa
c) Le cacao
d) Le coton
14- Quelle est une limite du commerce équitable par rapport aux salaires ?
a) Les producteurs gagnent plus que les consommateurs du Nord.
b) Les rémunérations restent inférieures aux standards des pays riches.
c) Il supprime toutes les inégalités.
d) Il ne concerne pas les travailleurs agricoles.
15- Quelle marque de chocolat est citée comme exemple d’engagement dans le commerce équitable ?**
a) Nestlé
b) Tony’s Chocolonely
c) Ferrero
d) Lindt
Réponses aux questions :
1- b
2- c
3- c
4- c
5- c
6- b
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8- b
9- b
10- b
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14- b
15- b

