Paul Biya : parcours et pouvoir politique

Blog Single
Introduction

L’histoire politique contemporaine du Cameroun est indissociable de Paul Biya, qui succède à Ahmadou Ahidjo à la présidence de la République en 1982. Il devient le deuxième président du Cameroun indépendant et inscrit sa présidence sous le signe de la rigueur et de la moralisation. Son long règne, entamé dans un contexte de transition pacifique, a été marqué par des périodes de stabilité, de tensions politiques, de réformes économiques et de mutations démocratiques. 

I- Le parcours de l’homme Paul Biya

Paul Barthélemy Biya bi Mvondo est né le 13 février 1933 à Mvomeka’a, dans l’arrondissement de Meyomessala, département du Dja-et-Lobo, région du Sud. Issu d'une famille catholique, il est le fils d’Étienne Mvondo Assam, catéchiste, et d’Anastasie Eyenga Elle. Son père le destine à la prêtrise, ce qui explique sa formation initiale dans des écoles religieuses : école catholique de Nden, séminaires d’Edéa et d’Akono.

Il poursuit des études brillantes : lycée Général Leclerc de Yaoundé, puis études supérieures à Paris, au lycée Louis-le-Grand, à l’Université de la Sorbonne, à l’Institut d’Études Politiques de Paris et à l’Institut des Hautes Études d’Outre-Mer. Il obtient une licence en droit public en 1961.

II- L’ascension politique

Paul Biya entre dans l’administration camerounaise grâce à Louis-Paul Aujoulat qui le recommande à Ahmadou Ahidjo. Son ascension est rapide :

En 1962, il est chargé de mission à la présidence de la République. En 1965, il est directeur de cabinet au ministère de l’Éducation nationale. Rn 1967, il est directeur du Cabinet Civil de la Présidence. En 1968 , il est secrétaire général de la Présidence de la République avec rang de ministre. En 1970 , il est Ministre d’État, toujours secrétaire général. Et n 1975, il est nommé Premier ministre par Ahidjo. En 1979, la loi n°79-02 fait de lui le successeur constitutionnel du président de la République. En 1982, il dvient président après la démission d’Ahidjo.

Cette ascension fulgurante est le fruit de sa fidélité, de sa discrétion et de ses compétences technocratiques. Toutefois, sa prise de pouvoir marque une rupture avec son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo, avec qui il entre rapidement en conflit.

III- La présidence de Paul Biya : entre continuité, mutations et contestations

1- Un pouvoir consolidé

À sa prise de pouvoir, Paul Biya est Premier vice-président de l’UNC (Union nationale camerounaise). Après la démission d’Ahidjo de la tête du parti, Biya devient président de l’UNC en 1984, qu’il transforme en RDPC (Rassemblement démocratique du peuple camerounais) en mars 1985. Il échappe à une tentative de coup d’État le 6 avril 1984 menée par des éléments de la Garde présidentielle.

Il est élu président en 1984 et réélu en 1988 dans un système encore monolithique.

2- L’ouverture au multipartisme et les réformes économiques

Au début des années 1990, sous la pression populaire et internationale, il autorise le multipartisme, rétablit les libertés d’association et de presse. Il fait face aux “villes mortes”, une série de manifestations de désobéissance civile organisées par l'opposition.

En matière économique, son régime adopte des plans d’ajustement structurel imposés par le FMI et la Banque mondiale : privatisations, libéralisation du marché, réduction des dépenses publiques, baisse de 60 % des salaires des fonctionnaires, explosion du secteur informel.

3- Une longévité exceptionnelle au pouvoir

Paul Biya remporte les élections présidentielles suivantes :

1992 : avec 40 % contre 36 % pour John Fru Ndi, dans un contexte électoral tendu.

1997 : 92,6 % des voix.

2004 : 70,9 %.

2011 et 2018 : de nouvelles victoires électorales malgré les critiques sur la transparence du scrutin.

Il devient ainsi l’un des chefs d’État les plus anciens en fonction dans le monde, suscitant débats et critiques autour de la démocratie, de l’alternance et de la gouvernance au Cameroun.

Conclusion

Paul Biya incarne plus de quatre décennies de la vie politique camerounaise. Son parcours est marqué par une grande stabilité institutionnelle, mais aussi par des tensions politiques, des controverses démocratiques et des défis économiques et sociaux. Entre le libéralisme communautaire qu’il théorise dans son livre éponyme (1987), la conservation du pouvoir, et les mutations imposées par la mondialisation, Paul Biya reste une figure centrale et controversée de l’histoire du Cameroun contemporain. Son règne interpelle sur les limites de la longévité politique dans un État moderne.

Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux questions suivantes :

1- Quelle est la date de naissance de Paul Biya ? A. 13 février 1933
B. 6 novembre 1982
C. 24 mars 1985
D. 30 juin 1975

2- Quel poste Paul Biya occupait-il avant de devenir président de la République ? A. Ministre de l’Économie
B. Président de l’Assemblée nationale
C. Premier ministre
D. Ministre des Affaires étrangères

3- Comment s'appelle le parti politique que Paul Biya a fondé en 1985 ? A. UNC
B. SDF
C. UDC
D. RDPC

4- Quelle politique économique Paul Biya met-il en œuvre dans les années 1990 ? A. Le collectivisme
B. Le protectionnisme
C. L’ajustement structurel
D. Le développement autocentré

5- Quelle est la particularité de l’élection présidentielle de 1992 ? A. C’est la première élection après indépendance
B. Elle est organisée en plein conflit armé
C. C’est la première élection multipartite
D. Elle oppose Biya à Ahidjo

Réponses aux questions :
1- A
2- C
3- D
4- C
5- C