Épreuve commentaire composé 1ère A4
Parle seulement, mon Seigneur,
Car voici sur le cimetière de mon attente
Tous les morts de l’Angola, du Mozambique,
Tous les morts du Congo,
Voici, autour de moi,
La palissade dressée de tous les Bantous
Traqués sur les flancs du Drakensberg1,
Et l’étau de Katanga2, de ses deux mâchoires de cuivre,
Broyant le fragile écu de mon thorax…
Dans mes yeux, vois le regard de tant d’yeux,
Sur mon cœur… le battement de tant de cœur.
Dans mes mains, voici les mains des vierges Bantou,
Et les mains parfumées des matrones,
La lance du chasseur et le coupe-coupe du guerrier,
Et voici ma lèvre
Tremblant du tremblement de leur bouche en prière,
Appelant sur le front fiévreux des nouveau-nés sous les étoiles
L’aube des fruits mûrs,
Des tentes dressées,
Et le soleil…
Seigneur, quand se lèvera
Le vent qui fait sourdre la Vie sur leur visage,
Quand montera, au firmament de leur front d’espérance
L’incendie matutinal de l’Esprit ?
Engelbert Mveng, Balafon extrait du poème « Pentecôte sur l’Afrique »(1964)
1et2.lieux où certains africains ont été tués dans leur lutte pour l’indépendance.
Sans dissocier le fond de la forme, faites de ce texte un commentaire composé. Vous pourrez, si vous le voulez, à partir des procédés d’écriture (ponctuation, tons, rythme, figures de style, etc.) montrer comment le poète exprime à Dieu la souffrance des africains dont il est le porte-parole et leur attente d’un jour nouveau.

