Épreuve Langue française 1ère C
(Un jeune médecin accepte d’être affecté à l’école normale de Katibougou, près de Bamako, au Mali. Ce matin-là, le camion qui le transporte arrive en vue de l’école, et le jeune homme découvre le cadre où il va vivre.)
J’arrivai à destination par un matin ensoleillé de novembre. Le temps splendide ce jour-là, paraissait inviter à la vie. L’hivernage avait pris le virage définitif, placé au carrefour de la majestueuse voie des saisons.
La terre ayant été sans cesse délavée au cours de trois derniers mois par de sévères tornades, présentait partout une terre exempte de toute souillure. Elle avait revêtu une fois encore ce magnifique manteau vert annonciateur des saisons d’abondance. Hommes et nature avaient cet air serein des beaux jours et s’accordaient, on le sentait bien, à rendre grâce à leur bienveillant créateur.
Tout était resplendissant de verdure et de fraîcheur. Moi, je suivais la route du Destin, les yeux immuablement fixés sur le pare-brise.
Tout à coup apparurent, en plein dans mon champ visuel, les immeubles crémeux de l’Ecole, tranchant nettement sur un fond vert, tels de gigantesques champignons, s’élançant au milieu d’une forêt du pliocène1.
Devant moi, à l’Est, aussi loin que pouvait porter mon regard, le Niger2, gonflé des pluies précédentes, ressemblait à un python de l’Apocalypse3, avec des écailles scintillantes sous la clarté argentée des rayons solaires. Les coudes du grand fleuve, nombreux en cet endroit, étaient animés d’un imperceptible frissonnement qu’on remarquait, de temps en temps, à travers les trouées d’une nappe de brouillard couvrant le paysage.
Mais, sans l’éclat des rayons de soleil et la présence de ces courants d’air frais qui annoncent la saison douce, ce frémissement si pittoresque avec ses éclairs de miroir, ne pourrait être décelable. Lumière et vent, dans leur complicité éternelle et invincible, déjouaient cette stratégie du fleuve qui l’incite à vouloir se dérober aux regards indiscrets.
Mamadou Gologo, Le Rescapé de l’Ethylos.
1. dernière époque de l’ère tertiaire. – 2. un fleuve. – 3. l’Apocalypse est le dernier livre de la Bible. Le python est un grand serpent pouvant mesurer jusqu’à 10 mètres et peser 100 kilogrammes.
Questions :
Communication (5 pts)
Indiquez le statut du narrateur et identifiez-le à partir d’un relevé d’indices textuels et paratextuels dont vous préciserez les natures grammaticales et les occurrences. (3 pts)
En déduire le point de vue du narrateur et l’effet produit par cet emploi. (2 pts)
Morphosyntaxe (5 pts)
Relevez les adjectifs qualificatifs dans le premier paragraphe du texte. Quelle est leur fonction grammaticale ? Pourquoi sont-ils utilisés dans ce texte ? (2,5 pts) Quel est le temps verbal dominant ? Indiquez son occurrence et sa valeur d’emploi. (2,5 pts)
III- Sémantique (5pts)
A partir du relevé des champs lexicaux de la lumière et des couleurs contenus dans ce texte, dites quelle est l’impression qui se dégage de ce lieu. (3 pts)
«Elle avait revêtu une fois encore ce magnifique manteau vert annonciateur des saisons d’abondance. Hommes et nature avaient cet air serein des beaux jours et s’accordaient, on le sentait bien, à rendre grâce à leur bienveillant créateur majestueuse»
Caractérisez le vocabulaire utilisé dans cet énoncé. Quelle image donne le narrateur de ce dont il parle? (2pts)
Rhétorique des textes (5 pts)
Identifiez les figures d’analogie utilisées dans les passages en gras. Qu’exprime chacune de ces figures de style ? (2 pts)
Ce texte associe la narration et la description : montrez-le en relevant deux indices de chaque type de texte. Ensuite, précisez la fonction de la description et justifiez votre réponse. (3 pts)
N.B. : Chaque réponse devra être formulée à l’aide de phrases complètes et rédigée dans une langue correcte. Les fautes de langue seront pénalisées

