Épreuve littérature 1ère CD

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Le candidat traitera l’un des deux sujets au choix

Sujet de type 1 : Contraction de texte et discussion

Quelque bienfaisantes que soient certaines des applications de la science pour diminuer la peine et la souffrance des hommes, le rythme accéléré auquel elles se développent et leur introduction dans une société humaine insuffisamment préparée à les recevoir ou trop lente à s’y adapter nous semblent aujourd’hui n’être pas sans danger. Ces nouveaux et puissants moyens d’action créent pour notre espèce un milieu nouveau. Aura-t-elle l’intelligence, l’imagination et la volonté nécessaires pour y vivre et pour transformer son organisme et ses institutions, par évolution ou par mutation, ou périra-t-elle, victime d’elle-même et de son propre effort, comme d’autres espèces l’ont fait avant elle ? Beaucoup de bons esprits se posent aujourd’hui la question ; certains vont jusqu’à crier leur défiance et à proposer d’enchaîner la science comme le fut autrefois Prométhée pour avoir donné le feu aux hommes.
Il y a effectivement danger, danger économique et danger militaire. Le danger économique apparaît aujourd’hui à tous. Il résulte d’une ivresse technique, d’un développement trop rapide de l’industrie dans des conditions où la machine, au lieu d’être mise au service de tous les hommes, vient concurrencer victorieusement ceux-ci. Des hommes sont sans travail et sans ressources en face d’une paradoxale surproduction et d’autres, ceux qui restent attachés à la machine pendant un temps trop long, deviennent les esclaves de celle-ci, perdent l’initiative, la spontanéité qui faisait la valeur de l’ancien artisan. Voltaire disait que si Dieu a créé l’homme à son image, celui-ci le lui a bien rendu ; de même, l’homme qui a voulu créer la machine à son image pour effectuer à sa place les gestes nécessaires à prolonger sa vie, est menacé, par l’usage, de devenir semblable à sa créature, de n’être plus que le prolongement de celle-ci, ou la victime des besoins artificiels, créés pour augmenter sans cesse les profits résultant de son fonctionnement toujours plus intensif. Le jeune Américain engage son avenir pour se procurer les dernières nouveautés de la technique, et la colonisation va tenter le Nègre ou l’Oriental avec des toxiques dont il se passerait bien.
Il y a aussi le danger que j’appelais tout à l’heure militaire, celui qui résulte de la terrible efficacité que la science a donnée aux moyens de destruction. La question est angoissante de savoir laquelle ira le plus vite dans ses effets, des deux possibilités de servir et de nuire qu’une seule et même science met à la disposition des hommes. 
Ceux qui aiment la science et la veulent bienfaisante ont le devoir d’y songer et d’y travailler. Pour réaliser l’adaptation nécessaire aux conditions nouvelles créées par la science, dont nous ne croyons pas possible ni désirable d’arrêter le développement à raison des bienfaits sans limites qu’elle contient en puissance, pour parer au double danger économique et militaire, une création de justice est nécessaire, justice sociale d’un côté, justice internationale de l’autre. Puissions-nous y arriver à temps ! 
Paul Langevin, Extrait de la préface de L’évolution humaine.

1. Résumé / 9 pts
Ce texte compte 513 mots. Résumez-le en 129 mots. Une marge de 13 mots en plus ou en moins sera tolérée. Vous indiquerez le nombre de mots utilisés à la fin de votre résumé.

2. Discussion / 9 pts.
Paul Langevin écrit : « L’homme qui a voulu créer la machine à son image pour effectuer à sa place les gestes nécessaires à prolonger sa vie, est menacé […]de n’être plus que le prolongement de celle-ci, ou la victime des besoins artificiels, créés pour augmenter sans cesse les profits. » Pensez-vous que l’homme puisse être assujetti à la machine ? Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté illustrés d’exemples précis tirés de vos observations.
3. Présentation / 2pts.


Sujet de type 2 : Dissertation

À propos du personnage de l’œuvre littéraire, un critique affirme : «Sa seule fonction est de refléter la société dans laquelle il vit. » 

En vous appuyant sur les œuvres lues ou étudiées, vous direz ce que vous pensez de ces propos.