La question foncière dans la pratique des activités agro-pastorales
Introduction
La terre est une ressource essentielle pour les activités agropastorales, c'est-à-dire l'agriculture et l'élevage. Cependant, son accès est souvent source de tensions et de conflits. Dans de nombreux pays, en particulier en Afrique et en Amérique latine, la question foncière est au cœur des préoccupations économiques et sociales. L'accès à la terre est rendu difficile par plusieurs facteurs : la croissance démographique, la pression foncière, l'absence de titres de propriété clairs et l’appropriation des terres par de grandes entreprises multinationales. Dès lors, il convient de se demander : pourquoi l’accès à la terre est-il un problème pour les agriculteurs et les éleveurs ? Quels sont les conflits qui en découlent ? Comment la mainmise des multinationales aggrave-t-elle cette situation ?
I- Le difficile accès à la terre
L’accès à la terre est un problème majeur pour de nombreux agriculteurs et éleveurs. Plusieurs obstacles rendent cet accès compliqué :
1- L’augmentation de la population :
La pression démographique entraîne une augmentation des besoins en terres agricoles et en pâturages, ce qui réduit les espaces disponibles.
2- Le manque de titres fonciers :
Dans de nombreux pays, la terre appartient à des communautés ou à l’État, et les petits producteurs n’ont souvent pas de documents légaux leur garantissant des droits sur leurs terres.
3- La spéculation foncière :
Des investisseurs achètent ou louent de grandes parcelles de terres, limitant ainsi l’accès aux populations locales.
4- L’urbanisation croissante :
L’expansion des villes empiète sur les terres agricoles, forçant les agriculteurs et les éleveurs à se déplacer vers des zones moins propices à leurs activités. Cette situation crée une insécurité foncière qui fragilise les agriculteurs et éleveurs, rendant difficile l’investissement à long terme dans leurs exploitations.
II- Les conflits entre agriculteurs et éleveurs
La rareté des terres entraîne des tensions croissantes entre agriculteurs et éleveurs, notamment en Afrique de l’Ouest et dans certaines régions d’Asie et d’Amérique latine. Ces conflits peuvent être expliqués par plusieurs facteurs :
1- La compétition pour l’espace :
Les agriculteurs ont besoin de terres pour cultiver, tandis que les éleveurs ont besoin de vastes pâturages pour nourrir leur bétail. Lorsque les terres agricoles s’étendent, elles réduisent les espaces disponibles pour l’élevage.
2- Les parcours de transhumance :
Les éleveurs nomades pratiquent la transhumance, c’est-à-dire le déplacement saisonnier du bétail. Cependant, ces trajets traversent souvent des champs cultivés, ce qui entraîne des destructions de cultures et des tensions avec les agriculteurs.
3- Le manque de politiques foncières claires :
L’absence de réglementation précise sur le partage des terres entre agriculteurs et éleveurs favorise les conflits.
4- L’intervention des autorités locales et traditionnelles :
Parfois, les chefs traditionnels ou les autorités politiques attribuent des terres de manière arbitraire, favorisant un groupe au détriment de l’autre, ce qui exacerbe les tensions.
Ces conflits peuvent dégénérer en violences, causant des pertes humaines et matérielles importantes.
III- La confiscation des terres par les multinationales
Un autre problème majeur de la question foncière est l’accaparement des terres par les grandes entreprises multinationales. Cette tendance, souvent appelée land grabbing (accaparement des terres), a des conséquences dramatiques pour les agriculteurs et les éleveurs locaux :
1- L’achat massif de terres :
Des entreprises étrangères acquièrent de vastes surfaces de terres pour cultiver des produits destinés à l’exportation (soja, huile de palme, coton), privant ainsi les populations locales de leurs terres.
2- L’exploitation industrielle :
L’agriculture intensive menée par ces entreprises détruit souvent les sols, pollue les ressources en eau et réduit la fertilité des terres à long terme.
3- Le déplacement des populations :
Dans certains cas, des communautés entières sont expulsées pour faire place à des exploitations industrielles, sans compensation adéquate.
4- Le rôle des gouvernements :
Certains États favorisent ces multinationales en leur concédant des terres au détriment des populations locales, parfois en échange d’investissements, d’accords commerciaux ou toit simplement des pots de vins (corruption).
Cette situation crée une insécurité alimentaire et renforce la pauvreté dans les zones rurales.
Conclusion
La question foncière est un enjeu crucial pour le développement des activités agropastorales. L’accès difficile à la terre, les conflits entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que l’appropriation des terres par des multinationales constituent des freins majeurs à l’épanouissement de l’agriculture et de l’élevage. Il est donc essentiel de mettre en place des politiques foncières plus justes, garantissant un accès équitable à la terre, et de promouvoir des solutions pacifiques pour éviter les conflits. L’avenir de l’agriculture et de l’élevage dépendra en grande partie de la manière dont ces questions seront gérées dans les années à venir.
Avez-vous bien lu ce cours? Répondez aux questions suivantes :
1- Quelle est la principale cause de la rareté des terres agricoles ?
A) La surpêche
B) La croissance démographique
C) L’amélioration des techniques agricoles
D) L’augmentation des précipitations
2- Pourquoi les petits agriculteurs ont-ils du mal à prouver leur droit sur la terre ?
A) Parce qu’ils ne veulent pas posséder de terres
B) Parce qu’ils manquent de titres fonciers
C) Parce qu’ils sont analphabètes
D) Parce que la terre appartient aux multinationales
3- Quelle conséquence a l’urbanisation sur les terres agricoles ?
A) Elle réduit les espaces disponibles pour l’agriculture
B) Elle favorise l’agriculture traditionnelle
C) Elle protège les éleveurs contre les agriculteurs
D) Elle encourage la déforestation
4- Quelle est la principale cause de la spéculation foncière ?
A) L’accroissement de la population
B) L’abandon des terres par les paysans
C) L’intérêt des investisseurs pour l’achat de terres
D) La disparition de la transhumance
5- Pourquoi les agriculteurs et les éleveurs entrent-ils en conflit ?
A) À cause de la différence de religion
B) Parce qu’ils veulent tous deux exploiter la terre
C) Parce que les agriculteurs volent le bétail
D) Parce que les éleveurs refusent de vendre leur lait
6- Quelle est la principale cause des destructions de cultures par les éleveurs ?
A) Le manque de nourriture pour le bétail
B) Les trajets de transhumance qui traversent les champs cultivés
C) L’absence d’eau potable pour le bétail
D) La volonté des éleveurs de s’installer en ville
7- Pourquoi les décisions des autorités traditionnelles peuvent-elles aggraver les conflits fonciers ?
A) Parce qu’elles manquent d’expérience
B) Parce qu’elles attribuent les terres de manière arbitraire
C) Parce qu’elles favorisent toujours les éleveurs
D) Parce qu’elles interdisent l’agriculture
8- Quelle conséquence peut avoir un conflit entre agriculteurs et éleveurs ?
A) Une amélioration des techniques agricoles
B) La baisse du prix des terres
C) Des violences et des pertes humaines
D) La fin de la transhumance
9- Que signifie le terme land grabbing ?
A) La reforestation massive
B) L’accaparement des terres par les multinationales
C) La mise en place de parcs nationaux
D) L’expropriation des agriculteurs par les éleveurs
10- Pourquoi les multinationales achètent-elles de grandes surfaces de terres ?
A) Pour protéger la biodiversité
B) Pour cultiver des produits destinés à l’exportation
C) Pour favoriser l’agriculture locale
D) Pour réduire les conflits entre agriculteurs et éleveurs
11- Quelle est la conséquence de l’exploitation industrielle des terres par les multinationales ?
A) L’augmentation des rendements agricoles locaux
B) La pollution des sols et des ressources en eau
C) L’amélioration des conditions de vie des agriculteurs
D) La régénération naturelle des terres
12- Quel rôle jouent certains États dans l’accaparement des terres par les multinationales ?
A) Ils protègent toujours les agriculteurs
B) Ils interdisent l’achat des terres par des étrangers
C) Ils cèdent des terres aux entreprises en échange d’investissements
D) Ils encouragent la transhumance pour protéger les terres
Réponses aux questions
1- B
2- B
3- A
4- C
5- B
6- B
7- B
8- C
9- B
10- B
11- B
12- C

