Exercice contraction de texte Tle C
Texte : Les images de violence
La fréquence des images de violence au cinéma et sur les écrans de télévision encourage les accès de violence intempestifs et, en même temps, augmente la peur de violence, sans aider le spectateur à comprendre sa nature. Nous avons besoin de comprendre comment nous pourrions adopter des mesures qui nous permettraient de contenir et de contrôler l’énergie nécessaire à la violence pour l’orienter vers des fins plus constructives. Comme je l’ai dit plus haut, ce qui manque à nos systèmes éducatifs et à nos mass media, c’est l’enseignement et la promotion de « modes satisfaisants de comportement » en ce qui concerne la violence.
Mais ce qui est important, ce sont les tendances délinquantes et violentes qui existent en nous et non pas leur expression dans les bandes dessinées, les films ou à la télévision, ni la question de savoir si les mass media alimentent ces tendances et rendent leur contrôle plus difficile. Le comportement des enfants et des adolescents, en ce qui concerne la violence, ne fait que refléter le modèle présenté par les adultes. Si ceux-ci n’aimaient pas voir les images violentes, les media n’en offriraient pas avec une telle insistance une si grande variété, et les enfants et les adolescents auraient infiniment moins d’occasions d’en voir et de se laisser influencer par elles.
L’ignorance ne peut pas être un moyen de protection, surtout en matière de violence. J’ai essayé de montrer ailleurs que l’ignorance de la nature de la violence, par exemple sous le régime nazi, ne menait pas au bonheur, mais à la mort. Ceux qui, sous le règne de Hitler, et malgré la persécution nazie, voulaient croire à tout prix que tous les hommes sont bons, et que la violence n’existe que chez des rares pervers, n’ont pas pu se protéger avec efficacité et beaucoup n’ont pas tardé à trouver la mort. La violence existe, c’est certain, et nous l’avons tous en nous en puissance à notre naissance. Mais nous naissons avec des tendances opposées que nous devons soigneusement entretenir si nous voulons contrebalancer celles qui nous poussent à agir d’une façon destructive. Mais, pour cela, il faut que nous connaissions la nature de l’ennemi, et ce n’est pas en niant son existence que nous y parviendrons.
En affirmant qu’il n’y a pas ou qu’il ne doit pas y avoir place pour la violence dans notre nature affective, nous évitons de chercher les moyens éducatifs qui permettraient de contrôler les tendances violentes ; nous essayons, de cette façon, d’obliger chaque individu à refouler ses pulsions agressives, puisque nous ne lui avons pas appris à les contrôler et à les neutraliser et que nous ne lui avons pas donné des moyens d’expression de remplacement dans le cadre de la société. C’est pourquoi tant de gens sont disposés à trouver tout au moins une satisfaction imaginative de leurs tendances violentes dans les spectacles violents fournis par les mass media. Ils s’obstinent à satisfaire leurs désirs violents et enfreindre les lois morales et sociales dans l’optique de faire perpétuer un état de nature.
Bruno Bettelheim, Survivre, 1979.
I. Analyse/ 9 pts.
Ce texte comporte 510 mots. Vous l’analyserez en 170 mots. Une marge de 17 mots en plus ou en moins sera tolérée. Vous indiquerez le nombre exact de mots utilisés à la fin de votre analyse.
II. Discussion / 9 pts.
Bruno Bettelheim écrit : « La fréquence des images de violence au cinéma et sur les écrans de télévision encourage les accès de violence intempestifs ».
Pensez-vous que les faits de violence dans la société proviennent toujours des images de cinéma et de télévision ? Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté illustré d’exemples précis tirés de vos observations de la société.
III. Présentation / 2 pts.

