Les éléphants blancs : Grands projets inutiles et leur impact en Afrique

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Introduction
Les éléphants blancs désignent des projets de grande envergure, très coûteux, souvent financés par des emprunts, mais qui s’avèrent inutiles ou peu bénéfiques pour les populations. Ils symbolisent le gaspillage économique et les priorités mal orientées de certains dirigeants. Ces projets sont souvent motivés par la recherche de prestige personnel plutôt que par un souci de répondre aux besoins réels des populations.

I- La mentalité derrière les éléphants blancs
1- La quête de prestige
De nombreux dirigeants africains voient dans ces projets une manière de laisser une trace dans l’histoire. Ces présidents, souvent déconnectés des réalités sociales, conçoivent ces infrastructures comme des monuments à leur gloire. Plutôt que de résoudre les problèmes de pauvreté, de santé ou d’éducation, ils préfèrent réaliser des projets spectaculaires pour être admirés.

2- Redorer le blason politique
Ces projets sont souvent lancés par des présidents impopulaires cherchant à regagner l’estime du peuple. Ils espèrent, à travers ces réalisations, faire oublier leur mauvaise gouvernance, les scandales de corruption ou les violations des droits de l’homme.

II- Les conséquences des éléphants blancs
1- Les souffrances du peuple
Ces projets coûteux sont souvent réalisés dans un contexte de misères extrêmes. L’argent qui aurait pu financer des infrastructures vitales comme des hôpitaux, des écoles ou des routes est englouti dans des œuvres inutiles. Cela perpétue les inégalités sociales et alourdit les souffrances des populations.

2- L’endettement
Ces projets sont fréquemment financés par des emprunts auprès de la Banque Mondiale, du FMI ou de puissances occidentales. Les pays se retrouvent ensuite piégés par des dettes que plusieurs générations devront rembourser, compromettant leur souveraineté économique.

3- Absence d’études d’impact
La plupart de ces projets sont mal conçus et manquent d’études préalables rigoureuses sur leur impact économique, environnemental et social. Ils s’avèrent souvent non rentables et deviennent des fardeaux pour l’économie nationale.

III. Exemples emblématiques d’éléphants blancs
1- La Cellucam au Cameroun
La Cellucam était une usine de production de pâte à papier, créée sous le président Ahmadou Ahidjo. Ce projet, initialement prometteur, a échoué pour plusieurs raisons : 
-Le rôle trouble de la France, qui voyait en cette usine une concurrence à ses propres entreprises.
-Les pannes récurrentes dues à des pièces de rechange indisponibles.
-Le manque de compétence locale et les coûts excessifs.
Ahmadou Ahidjo n' avait pas compris que la France ne tolérerait pas un tel projet qui nuisait directement à ses intérêts. L' industrialisation de l' Afrique sera faite par des régimes qui rompent avec l'occident et non ceux qui sont installés par cet occident.

2- La grande cathédrale de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire
Commandée par le président Félix Houphouët-Boigny, cette cathédrale, coûtant près de 300 millions de dollars, est l’une des plus grandes au monde. Elle contraste avec la pauvreté écrasante de la population ivoirienne et n’a qu’un impact spirituel très limité.

3- Les projets structurants au Cameroun
Le président Paul Biya a lancé plusieurs grands projets dits « structurants » (barrages, autoroutes, ports), financés par des dettes colossales. Beaucoup de ces projets souffrent de retards, de coûts gonflés, et d’une faible utilité économique pour le peuple. Tous ces projets ont échoué et n' ont rien apporté au peuple camerounais, qui a hérité d'une grande dette.

 IV. Mesures de lutte contre les éléphants blancs
1- Favoriser des dirigeants nationalistes
L’émergence de dirigeants patriotiques, soucieux des intérêts de leur peuple, est cruciale. Ces leaders doivent prioriser les besoins essentiels et rejeter les projets inutiles imposés par des intérêts étrangers.

2- Priorité aux projets rentables
Les gouvernements doivent s’orienter vers des projets rentables qui créent des emplois, génèrent des revenus et améliorent les conditions de vie des populations.

3- Développement industriel
L’industrialisation est un levier essentiel pour l’autonomie économique. Les investissements devraient cibler des secteurs stratégiques pour renforcer les économies locales.

4- Mécanismes de souveraineté
Les pays africains doivent créer des institutions fortes pour protéger leurs projets nationaux contre les ingérences étrangères et garantir leur viabilité.

5. Renforcer les études d’impact
Avant de lancer tout projet, des études approfondies doivent être menées pour évaluer son impact sur l’économie, l’environnement et la société.

Conclusion
Les éléphants blancs sont le reflet des priorités mal orientées de certains dirigeants africains. Ces projets, motivés par la recherche de prestige, accentuent les inégalités sociales, plongent les pays dans l’endettement et ne résolvent pas les problèmes de fond. Une gouvernance responsable, centrée sur les besoins du peuple, et une orientation vers des projets viables sont essentielles pour sortir de ce cycle de gaspillage.