Les lois 26 à 30 de la Maât dans l'Égypte pharaonique et les cultures négro-africaines
Introduction
La Maât, dans l’Égypte pharaonique, est à la fois un concept philosophique, un principe de justice et une divinité personnifiant l’ordre cosmique. Elle représente l'harmonie, l’équilibre, la vérité et la justice. Les 42 lois de la Maât, aussi appelées les "Confessions négatives", sont des principes moraux que les Égyptiens devaient respecter pour assurer l’équilibre du monde et garantir une place dans l’au-delà. Les lois 26 à 30 mettent en avant des valeurs telles que le rire, l’amour, l’indulgence, la sobriété et le respect des autres. Ces valeurs se retrouvent également dans les cultures négro-africaines, notamment à travers les principes de l’harmonie sociale et du respect des ancêtres.
I. « J'invoque le rire » (loi 26)
Dans l’Égypte pharaonique, le rire n'était pas seulement une expression de joie, mais aussi un moyen de maintenir l’harmonie cosmique. Les Égyptiens croyaient que les dieux eux-mêmes riaient et que le rire était un outil pour éloigner le chaos. Dans les temples, des prêtres-clowns étaient présents pour divertir et apporter la joie aux rituels religieux et funéraires. La divinité Bès est souvent représenté avec un visage jovial et moqueur. Il était invoqué pour apporter la joie et éloigner les forces négatives. La divinité Hout-Horo a été envoyée pour détruire l’humanité, mais Rê l’a arrêtée en lui faisant boire une bière rouge qui l’a rendue ivre et joyeuse.
Chez les Dogons du Mali, le rire et la danse sont essentiels dans les cérémonies rituelles pour apaiser les esprits des ancêtres. Dans la tradition des griots en Afrique de l’Ouest, le rire est un moyen de transmettre des leçons de vie tout en divertissant.
Le rire est perçu comme un moyen de maintenir l’équilibre social et spirituel, aussi bien dans l’atoumisme que dans les cultures africaines qui en sont dérivées.
II. « Je suis ouvert à l'amour sous diverses formes » (loi 27)
L’amour, dans la tradition égyptienne, ne se limitait pas à l’amour romantique. Il incluait l’amour filial, l’amour divin et l’amour du prochain. La bienveillance et la compassion étaient essentielles pour maintenir la Maât. La divinité Isis incarne l’amour maternel et conjugal. Son amour pour Osiris l’a poussée à le rechercher après son assassinat et à élever leur fils Horus dans la droiture. Le pharaon Akhenaton, dans son culte au Dieu Aton, prône un amour universel, où tous les êtres vivants sont considérés comme égaux sous le soleil. En Afrique du Sud, le concept de "Ubuntu" signifie "je suis parce que nous sommes", mettant en avant l’amour et la solidarité entre les membres d’une communauté.
Chez les Yorubas du Nigeria, la divinité Orunmila enseigne l’importance de l’amour et de la fraternité dans la société. L’ouverture à l’amour est un principe central de l’ordre cosmique dans l’atoumisme et des valeurs africaines traditionnelles.
III. « Je suis indulgent » (loi 28)
L’indulgence est essentielle pour maintenir la paix et l’équilibre dans la société. Elle est associée à la sagesse et à la capacité de pardonner. Osiris, en tant que juge des âmes, accordait une chance de rédemption à ceux qui avaient fauté mais montraient un repentir sincère. Le pharaon Ramsès II, après la bataille de Qadesh contre les Hittites, a choisi la voie de la paix et de la réconciliation en signant le premier traité de paix de l’histoire. Chez les Baoulés de Côte d’Ivoire, les conseils des anciens prônent la médiation et le pardon pour résoudre les conflits. La réconciliation après les guerres en Afrique est souvent accompagnée de cérémonies de purification où le pardon est un élément clé. L’indulgence favorise l’harmonie et l’équilibre, principes fondamentaux de la Maât et des sociétés africaines traditionnelles.
IV. « Je suis peu » (loi 29)
Cette loi peut être interprétée comme une invitation à la modestie et à la tempérance dans la vie quotidienne. Elle rappelle la nécessité de ne pas céder à l’excès ou à l’orgueil. Le pharaon Amenemhat I mettait en garde contre l’excès de pouvoir et recommandait à ses successeurs de gouverner avec humilité. La simplicité de la vie des prêtres d’Atoum, qui vivaient dans la sobriété, est une illustration de cette loi. Chez les Peuls, l’humilité est une qualité essentielle pour être un bon leader. Un chef arrogant est considéré comme un mauvais guide pour son peuple. Dans le royaume du Kongo, les anciens enseignaient que la richesse ne devait pas être une source d’orgueil mais devait être partagée avec la communauté. La tempérance et la modestie sont des valeurs clés dans l’atoumisme et dans les cultures négro-africaines.
V. « J'agis de manière respectueuse envers les autres » (loi 30)
Le respect des autres est un fondement de l’ordre social et spirituel. Il garantit la paix et la prospérité de la communauté. La pesée de l’âme dans le Livre des Morts insiste sur le respect des autres comme critère déterminant pour accéder au paradis égyptien. Le respect des prêtres et des anciens était une règle fondamentale dans la société égyptienne. En Afrique centrale, les salutations sont extrêmement codifiées et marquent le respect envers autrui. Chez les Akan du Ghana, le respect des ancêtres est une obligation sacrée, symbolisée par les cérémonies de libation.
Dans l’atoumisme comme dans les traditions africaines, le respect des autres est une condition essentielle de la vie en communauté et de l’harmonie avec le cosmos.
Conclusion
Les lois 26 à 30 de la Maât illustrent des principes fondamentaux de l’ordre cosmique en Égypte pharaonique et trouvent des échos profonds dans les cultures négro-africaines. Elles rappellent que le bonheur (le rire), l’amour, l’indulgence, la modestie et le respect des autres sont les piliers d’une société équilibrée et prospère. La Maât, en tant que principe religieux et philosophique, transcende l’Égypte antique pour se retrouver dans les traditions africaines où l’équilibre, l’harmonie et la justice restent des valeurs essentielles de la vie communautaire.
Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux questions suivantes :
1- Quelle est la signification principale du rire dans l'Égypte pharaonique ?
A) Un simple divertissement
B) Un moyen d'éloigner le chaos et de maintenir l'harmonie
C) Une forme de révolte contre les dieux
D) Un acte interdit dans les temples
2- Quel dieu égyptien est associé à la joie et au rire ?
A) Rê
B) Osiris
C) Bès
D) Seth
3- Quelle est l'une des fonctions des "djadja" dans les temples égyptiens ?
A) Prédire l’avenir
B) Apporter la joie et divertir durant les rituels
C) Former les futurs pharaons
D) Diriger les cérémonies funéraires
4- Quel concept négro-africain met en avant l’amour et la solidarité entre les individus ?
A) Ubuntu
B) Karma
C) Nirvana
D) Dogonisme
5- Dans la mythologie égyptienne, quel personnage symbolise l'amour maternel et conjugal ?
A) Nephtys
B) Isis
C) Sekhmet
D) Maât
6- Quel événement historique illustre l’indulgence dans l'Égypte antique ?
A) La bataille de Qadesh suivie d’un traité de paix
B) L’expulsion des Hyksôs
C) La destruction des temples d’Akhenaton
D) L’assassinat de Ramsès III
7- Quel principe africain encourage la réconciliation après les conflits ?
A) La vendetta
B) La justice réparatrice
C) Le culte du lignage
D) L’initiation guerrière
8- Que signifie la loi « Je suis peu » dans la Maât ?
A) Se contenter de peu et faire preuve d’humilité
B) S'isoler du monde pour méditer
C) Refuser toute forme de richesse
D) Se soumettre aux prêtres
9- Quel pharaon prônait la modestie et la prudence dans l'exercice du pouvoir ?
A) Akhenaton
B) Amenemhat I
C) Thoutmôsis III
D) Ramsès II
10- Quel concept africain valorise la sobriété et la modération dans la vie quotidienne ?
A) Le Sankofa
B) L’Ubuntu
C) Le Niamakala
D) La Palabre
11- Dans l’atoumisme, pourquoi le respect des autres est-il fondamental ?
A) Il garantit la paix et l’équilibre dans la société
B) Il permet de devenir pharaon
C) Il assure la richesse matérielle
D) Il permet de contrôler la magie
12- Comment les Égyptiens vérifiaient-ils qu'une personne avait respecté les autres après sa mort ?
A) En consultant le Livre des Morts
B) En organisant un procès religieux
C) En interrogeant les prêtres du temple
D) En observant la position du corps dans la tombe
13- Quel rituel africain symbolise le respect des ancêtres et des vivants ?
A) L’embaumement
B) La danse des esprits
C) La cérémonie de libation
D) Le culte du soleil
14- Que représente la pesée de l'âme en Égypte pharaonique ?
A) Un jugement moral sur la vie terrestre
B) Une simple tradition symbolique
C) Un moyen de prédire l’avenir
D) Un rite réservé aux pharaons
15- Quel peuple africain utilise le rire et la danse dans ses cérémonies pour apaiser les esprits ?
A) Les Zoulous
B) Les Dogons
C) Les Bantous
D) Les Massai
16- Quelle est la conséquence de ne pas respecter les principes de la Maât selon les croyances égyptiennes ?
A) Être condamné à errer dans le désert
B) Voir son âme dévorée par Ammit
C) Être transformé en serviteur des dieux
D) Être réincarné en animal
17- Quel peuple africain attache une grande importance au respect des salutations ?
A) Les Peuls
B) Les Mayas
C) Les Vikings
D) Les Mongols
18- Quel est le rôle des griots dans les cultures africaines ?
A) Transmettre des connaissances et divertir
B) Rédiger les lois
C) Servir uniquement les rois
D) Réaliser des sacrifices rituels
19- Dans quelle civilisation les anciens enseignaient-ils que la richesse devait être partagée avec la communauté ?
A) L’Empire du Mali
B) L’Empire Romain
C) La Grèce antique
D) La Chine impériale
20- Pourquoi le respect des autres est-il essentiel dans les sociétés africaines traditionnelles ?
A) Pour garantir l’harmonie et la cohésion sociale
B) Pour obtenir plus de pouvoir
C) Pour éviter d’être exilé
D) Pour devenir chef de tribu
Réponses aux questions :
1- B
2- C
3- B
4- A
5- B
6- A
7- B
8- A
9- B
10- D
11- A
12- A
13- C
14- A
15- B
16- B
17- A
18- A
19- A
20- A

