Les Lois 21 à 25 de la Maât : Une Lecture à la Lumière de l’Atoumisme et des Cultures Négro-Africaines

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Introduction
La Maât est le principe fondamental qui régit la vie en Égypte pharaonique. Elle incarne l'ordre, l'équilibre, la justice, la vérité et l'harmonie universelle. Ces valeurs sont non seulement ancrées dans la religion égyptienne, que nous appelons ici atoumisme (du nom du dieu Atoum, principe créateur), mais elles trouvent également un écho profond dans les cultures négro-africaines.

I- Analyse des lois 21 à 25 dans l'Atoumisme et les cultures africaines

1- « Je répands la joie » (Loi 21)
Dans l’Égypte pharaonique, répandre la joie était un acte sacré. Le bonheur était un signe d'harmonie avec la Maât. Les festivités religieuses en l’honneur des divinités (comme celles dédiées à Hout Horo, divinité de la joie et de la danse) étaient l'occasion d’élever l’esprit des fidèles. Le festival d’Opet célébrait le renouveau du pouvoir divin du pharaon dans une ambiance de fête et de musique. Les chants et danses dans les temples visaient à entretenir la joie divine et l’équilibre cosmique. Dans les cultures négro-africaines, on retrouve cette idée avec la place centrale des fêtes communautaires et rituelles. Chez les Yoruba, le festival d’Osun-Osogbo est dédié à la divinité de la fertilité et de l’amour. Il est marqué par des chants, des danses et des prières pour répandre la joie. Chez les Bamiléké du Cameroun, les danses traditionnelles comme le célèbrent la vie et l’harmonie du peuple avec ses ancêtres.

2- « Je fais du mieux que je peux » (Loi 22)
Dans l’atoumisme, cette loi renvoie à l'idée d'un engagement moral et spirituel envers la Maât. Chacun devait agir avec excellence pour maintenir l’ordre cosmique. Le pharaon était vu comme le premier serviteur de la Maât. Il devait gouverner avec droiture et justice, même face aux défis. Le scribe devait exceller dans l’écriture et la connaissance pour conserver les textes sacrés. Dans les cultures négro-africaines, cette valeur est omniprésente. On la retrouve dans l’idéal de la dignité et du mérite personnel. L'initiation chez les Dogons du Mali exigeait que l’apprenant fasse preuve de patience et d’effort avant d’être considéré comme un sage. L’éthique du travail chez les Akan du Ghana insiste sur le fait que l’individu doit toujours viser l’excellence dans son métier pour honorer la communauté et les ancêtres.

3- « Je communique avec compassion » (Loi 23)
Dans la religion atoumiste, la communication devait être en accord avec la Maât, c’est-à-dire empreinte de vérité et de bienveillance. La divinité Djehouti (Thot), patron de l’écriture et de la sagesse, était aussi la divinité de la communication juste et équilibrée. Lors du jugement des âmes dans la salle de la Double Vérité, celui qui avait causé du tort par ses paroles devait se justifier. Dans les cultures négro-africaines, la parole est sacrée. Elle est vue comme un acte de création et de cohésion sociale. Chez les Bantu, le proverbe « La parole est comme un œuf, elle doit être maniée avec soin » rappelle l’importance de la communication bienveillante. Chez les Mandingues, le djéli (griot) a pour mission de transmettre la parole des ancêtres sans altération, avec sagesse et compassion.

4- « J’écoute des opinions opposées » (Loi 24)
Dans l’Égypte pharaonique, l’écoute des opinions opposées était une marque de sagesse. Le pharaon devait entendre les plaintes du peuple avant de prendre des décisions. Il existait des tribunaux où les citoyens pouvaient exprimer leurs différends. Le conte de l’éloquence d’un paysan illustre un paysan persécuté qui plaide son cas avec éloquence devant les juges, démontrant ainsi l'importance de la tolérance des opinions contraires.
 Dans les cultures africaines, le débat est un élément fondamental des prises de décision. Chez les Massaï, les assemblées de guerriers (Oloiboni) permettent d’entendre toutes les voix avant toute action. Chez les Ashanti, le roi ne prend jamais de décision sans consulter le conseil des anciens qui débat des points de vue opposés.

5- « Je crée l’harmonie » (Loi 25)
Dans l’atoumisme, créer l'harmonie était une mission divine. La Maât elle-même représente cet équilibre. Le pharaon devait maintenir l’harmonie entre le ciel et la terre en respectant les rites sacrés. Le Nil était vu comme une manifestation de l’harmonie divine, car son cycle régulier permettait la prospérité du peuple.
Dans les cultures africaines, l’harmonie est un principe clé des relations sociales. Chez les Bantous, le concept d’Ubuntu (« Je suis parce que nous sommes ») rappelle que chacun doit œuvrer pour l’équilibre de la communauté. Chez les Peuls, la valeur du Pulaaku enseigne la modération et l’harmonie dans les rapports humains.

II- La Dimension Religieuse des Lois 21 à 25
Ces lois ne sont pas seulement des principes moraux, elles sont aussi des impératifs religieux. Dans l'atoumisme, elles garantissent une vie conforme à la volonté divine et permettent d’accéder à l’au-delà bienheureux après le jugement d’Osiris.
Dans les religions négro-africaines, ces principes sont également présents : La joie est un acte spirituel, comme on le voit dans les danses rituelles dédiées aux ancêtres.
L’excellence et l’effort sont des devoirs vis-à-vis des divinités et des ancêtres.
La parole bienveillante et l’écoute des autres sont des conditions pour être un sage respecté.
L’harmonie est essentielle, car un individu en conflit avec la communauté est considéré comme « désaligné » du monde spirituel.

Conclusion
Les lois 21 à 25 de la Maât montrent que la sagesse égyptienne et les cultures négro-africaines partagent des valeurs essentielles : la joie, l’effort, la communication bienveillante, l’écoute et l’harmonie. Ces principes ne sont pas que des règles sociales, mais des principes religieux et spirituels qui assurent l’équilibre entre l’homme, la nature et le divin.
Ainsi, que ce soit à travers l’atoumisme ou les traditions africaines, ces lois nous enseignent que l’ordre universel repose sur des valeurs profondes d’humanité et d’harmonie.

Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux questions suivantes :

1- Quelle divinité égyptienne est associée à la joie et aux festivités ?
A) Osiris
B) Seth
C) Hout Horo 
D) Râ

2- Dans l'Égypte pharaonique, quel festival était célébré pour renouveler le pouvoir du pharaon dans une ambiance de joie ?
A) Le festival de la Vallée
B) Le festival d’Opet
C) Le festival de Bastet
D) Le festival de Louxor

3- Quel principe fondamental régissait l’ordre cosmique et moral en Égypte ancienne ?
A) Le Ka
B) Le Ba
C) La Maât
D) L’Isfet

4- Dans les cultures négro-africaines, quelle tradition incarne l’idée de « répandre la joie » à travers des chants et danses rituels ?
A) Le festival d’Osun-Osogbo
B) Le culte des ancêtres Dogons
C) La cérémonie du Vodoun
D) Le culte de Nyame

5- Quelle valeur est mise en avant dans la loi 22 de la Maât (« Je fais du mieux que je peux ») ?
A) L’excellence et la responsabilité
B) La punition divine
C) L’obéissance absolue au pharaon
D) La richesse matérielle

6- Dans les sociétés africaines traditionnelles, quel groupe est chargé de transmettre la parole des ancêtres avec compassion ?
A) Les prêtres
B) Les guerriers
C) Les griots (djélis)
D) Les chefs de guerre

7- Quel dieu égyptien incarne la sagesse et la communication équilibrée ?
A) Anubis
B) Thot
C) Horus
D) Sobek

8- Quel proverbe Bantu illustre l’importance de la parole bienveillante ?
A) « L’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse. »
B) « La parole est comme un œuf, elle doit être maniée avec soin. »
C) « Celui qui boit l’eau du puits doit remercier celui qui l’a creusé. »
D) « Mieux vaut un oiseau en main que dix dans le ciel. »

9- Dans l’Égypte pharaonique, comment appelait-on l’endroit où l’âme était jugée après la mort ?
A) La salle de la Double Vérité
B) Le temple de Louxor
C) L’Isfet
D) L’Ogdoade

10- Dans les sociétés négro-africaines, quelle institution traditionnelle permet d’entendre les opinions opposées avant une prise de décision ?
A) Le tribunal moderne
B) Le conseil des anciens
C) La cour royale
D) Le marché

11- Quel conte égyptien illustre l’importance de l’éloquence et de l’écoute des opinions opposées ?
A) Le conte de Sinouhé
B) Le conte de l’éloquence d’un paysan
C) Le livre des morts
D) Le mythe d’Osiris

12- Quelle valeur est au centre de la loi 25 de la Maât (« Je crée l’harmonie ») ?
A) La compétition
B) L’équilibre et la paix
C) La vengeance
D) La supériorité sociale

13- Quelle notion africaine est proche de l’idée de créer l’harmonie entre les hommes ?
A) Ubuntu
B) Animisme
C) Totémisme
D) Exogamie

14- Comment les pharaons maintenaient-ils l'harmonie selon l'Atoumisme ?
A) En imposant leur pouvoir par la force
B) En respectant les rites sacrés et la Maât
C) En isolant les opposants politiques
D) En déclarant la guerre aux voisins

15- Quelle valeur guide les relations humaines chez les Peuls et insiste sur l'harmonie et la modération ?
A) Ubuntu
B) Pulaaku
C) Sankofa
D) Kwanzaa

Réponses aux questions
1- C
2- B
3- C
4- A
5- A
6- C
7- B
8- B
9- A
10- B
11- B
12- B
13- A
14- B
15- B