Exercice 18 (Commentaire de texte )
Vous ferez du texte ci-après un commentaire de texte philosophique, à partir de son étude ordonnée, en vous appuyant sur les tâches suivantes :
- Une introduction
- Un examen analytique
- Une réfutation
- Une réinterprétation du texte
- Une conclusion
La négritude senghorienne manifeste ainsi au grand jour sa vraie nature : c'est l'idéologie quasiment officielle du néo-colonialisme, le ciment de la prison où le néo-colonialisme entend nous enfermer, et que nous avons donc à briser. En Afrique aussi c'est le radicalisme iconoclaste, et non le culte superstitieux et mystificateur de la différence et de l'essence de soi, qui, paradoxalement permet de se retrouver, et d'être soi. C'est au Ghana de Nkrumah, en Tanzanie et en Guinée que les pas les plus sérieux vers une renaissance culturelle africaine ont été faits. Comment rendre compte d'un tel paradoxe ?
C'est que la praxis radicale est imagination, audace et courage, énergie dans l'action, et porte ainsi au zénith la liberté de l'homme ; elle est la forme la plus haute de la créativité humaine. Or la liberté, la créativité étant constitutives d'humanité, le radicalisme rejoint tous les mouvements créateurs, toute conduite où l'homme affirme sa liberté. Autrement dit, c'est dans et par le radicalisme que l'homme affirme avec le plus d'éclat son humanité. Et par là la praxis radicale accède à l'universalité, en ce sens qu'elle est la manifestation de l'humain sous sa forme la plus haute et la plus irrécusable. Elle est le feu ardent où sont consumés les éléments morts et caducs du passé, du patrimoine culturel, pour ne laisser subsister que les forces vives, celles qui interviennent encore pour relever le défi du temps et assurer un rapport normal au monde.
Marcien Towa, Essai sur la problématique philosophique dans l’Afrique actuelle, Yaoundé, Clé, édition de 2012, PP 52-53


