Les lois 6 à 10 des 42 lois de la Maât : Une réflexion sur la justice et la vérité dans l’Égypte pharaonique et les cultures africaines

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Les lois 6 à 10 des 42 lois de la Maât : Une réflexion sur la justice et la vérité dans l’Égypte pharaonique et les cultures africaines

Introduction
Les 42 lois de la Maât sont des principes éthiques issus de la spiritualité de l'Égypte pharaonique. Ces lois, inscrites dans les Textes des Sarcophages et le Livre des Morts, reflètent une quête de justice, de vérité et d’harmonie universelle. Elles servaient à guider les individus dans leur vie terrestre et à garantir une existence harmonieuse après la mort. Les lois 6 à 10 mettent en avant des valeurs fondamentales telles que la sincérité, le respect, la modération, et la recherche de vérité. Ces principes, bien qu'ancrés dans la pensée religieuse de l’Égypte ancienne, trouvent des résonances dans d'autres civilisations africaines et à travers les époques et dans toutes les nations qui croient en Atoum Rê comme unique Dieu créateur et incréé.

Loi 6 : "Je donne des offrandes véritables"
Cette loi souligne l'importance de la générosité sincère et non intéressée. Dans l’Égypte pharaonique, les offrandes étaient une pratique courante dans les temples, destinées à honorer les divinités et à maintenir l'équilibre cosmique. Les pharaons et les prêtres déposaient des aliments, de l’encens, ou des objets précieux sur les autels des divinités comme Râ ou Isis. Ces gestes manifestaient leur reconnaissance envers les forces divines. Chez les Yorubas du Nigeria, les offrandes à Orunmila, divinité de la sagesse, suivent le même principe. Les Bamilekes du Cameroun organisent des cérémonies pour faire des offrandes aux ancêtres et aux divinités. La viande grillée, le vin, l' huile ou le sel sont données aux ancêtres et partagés entre les participants. Ces pratiques témoignent d'une relation équilibrée entre l’homme et les puissances supérieures.
Cette loi inspire aussi les actes de philanthropie modernes, comme soutenir des communautés dans le besoin ou partager équitablement les ressources.

Loi 7: "Je vis dans la vérité"
La vérité, dans la vision de Maât, est à la fois une vertu individuelle et un principe cosmique. Vivre dans la vérité revient à aligner sa vie sur l’ordre divin. Dans l’Égypte antique, les scribes, garants de l’administration, avaient l’obligation de rédiger des documents justes et précis, sans falsification. En Afrique de l’Ouest, les griots, gardiens de l'histoire, préservent la vérité des récits et traditions. La vérité devient ici un héritage culturel et moral. Dans le domaine juridique, cette loi se traduit par la nécessité de témoignages honnêtes pour établir la justice.

Loi 8: "Je regarde tous les autels avec respect"
Cette loi traduit la tolérance religieuse et le respect des croyances d'autrui, un concept avancé pour l'époque pharaonique. Les Égyptiens vénéraient plusieurs divinités, et les divinités avaient des autels, comme celui de Ptah à Memphis ou d'Amon à Thèbes. Le respect de ces autels était de rigueur. Dans le monde noir, il y a aussi plusieurs autels dédiés aux ancêtres et divinités qu'il faut respecter. En Afrique traditionnelle, il est courant de respecter les sanctuaires des ancêtres, même lorsqu’ils ne sont pas de sa propre lignée. Dans la société moderne, cette huitième loi de la Maât se reflète dans la coexistence pacifique des cultures et des idéologies. Elle invite à respecter les différences dans tous les domaines : politique, social et culturel.

Loi 9: "Je parle avec sincérité"
Parler avec sincérité, c'est faire preuve d'honnêteté et éviter la tromperie. Lors des procès devant le tribunal divin d'Osiris, le défunt devait prouver qu'il n'avait pas trompé ses semblables. Chez les Akan du Ghana, la parole est sacrée, et mentir peut entraîner des sanctions spirituelles. Cette loi inspire également les valeurs modernes dans la communication professionnelle ou dans la presse, où l’intégrité de l’information est essentielle.

Loi 10: "Je ne consomme que ma juste part"
Ce principe appelle à la modération et à l’équilibre dans l’utilisation des ressources. Les paysans, sous l’œil vigilant des scribes, devaient partager équitablement les récoltes entre les besoins locaux et les réserves pour les temples et l’État. Les Dogons du Mali valorisent une gestion collective des terres et des biens, évitant l’accaparement individuel. En économie, ce principe encourage une répartition équitable des richesses et la lutte contre le gaspillage.

Conclusion
Les lois 6 à 10 des 42 lois de la Maât nous rappellent que la spiritualité égyptienne allait au-delà des rituels religieux. Elle proposait une éthique de vie universelle, applicable dans tous les domaines de la société. Ces principes continuent d’inspirer la quête d’une vie harmonieuse et juste, non seulement dans les autres cultures africaines, mais aussi dans notre monde contemporain. Ainsi, le respect de la vérité, de la sincérité, du partage équitable et de la tolérance religieuse demeure une boussole intemporelle pour construire une société africaine équilibrée.

Avez-vous bien lu ce cours? Répondez aux questions suivantes
1- Quelle est l’idée principale de la loi "Je donne des offrandes véritables" ?
A. La nécessité de faire des sacrifices coûteux.
B. L’importance de donner avec sincérité et sans intérêt personnel.
C. L’obligation d’honorer uniquement les dieux égyptiens.
D. La distribution des biens entre les prêtres et les scribes.

2- Dans l'Égypte antique, les offrandes étaient principalement faites pour :
A. Accroître le pouvoir du pharaon.
B. Maintenir l’équilibre cosmique.
C. Conquérir de nouveaux territoires.
D. Apaiser les scribes.

3- La loi "Je vis dans la vérité" insiste sur :
A. L’acquisition de richesses matérielles.
B. L’alignement de sa vie sur l’ordre divin et la justice.
C. La défense de sa propre version de la vérité.
D. La domination des dieux sur les hommes.

4- Comment se manifeste le respect des autels dans la loi "Je regarde tous les autels avec respect" ?
A. En détruisant les sanctuaires d’autres religions.
B. En ignorant les pratiques religieuses des autres.
C. En tolérant et en respectant toutes les croyances religieuses.
D. En imposant ses propres croyances aux autres.

5- Dans la loi "Je parle avec sincérité", quelle est l’importance de la parole dans l’Égypte antique ?
A. La parole n’avait pas de valeur spirituelle.
B. La parole était sacrée et devait refléter la vérité.
C. La parole n’était importante que dans les affaires commerciales.
D. Mentir était accepté pour protéger les divinités.

6- "Je ne consomme que ma juste part" signifie :
A. L’interdiction totale de consommer des biens.
B. La modération et l’équilibre dans l’utilisation des ressources.
C. L’accumulation des richesses pour les pharaons.
D. La redistribution des richesses uniquement aux prêtres.

7- Quel exemple illustre la loi "Je ne consomme que ma juste part" dans les cultures africaines ?
A. Les Dogons du Mali valorisent la gestion collective des terres.
B. Les Yorubas imposent des offrandes excessives à leurs dieux.
C. Les Akan autorisent l’accaparement individuel des biens.
D. Les Égyptiens interdisent l’usage des récoltes pour les besoins locaux.

8- Dans quel domaine non religieux la loi "Je parle avec sincérité" trouve-t-elle une application moderne ?
A. Le commerce équitable.
B. La communication professionnelle et journalistique.
C. La gestion des terres collectives.
D. Les pratiques rituelles africaines.

Réponses aux questions
1. B
2. B
3. B
4. C
5. B
6. B
7. A
8. B