Définition et origine de la violence

Blog Single
Introduction
La violence est un phénomène complexe et omniprésent dans l’histoire humaine. Qu'elle se manifeste sous forme physique, verbale ou symbolique, elle pose une série de questions philosophiques et morales. Quelle est la nature de la violence ? Est-elle inhérente à l’être humain ou est-elle le résultat de circonstances sociales ? 

I- Définition de la violence

La violence peut être définie comme l'usage délibéré de la force ou de la contrainte, qu'elle soit physique, psychologique, ou symbolique, visant à dominer ou à faire du mal à autrui. Elle implique une atteinte à l'intégrité physique ou morale d’une personne ou d’un groupe. D’après Hannah Arendt, « la violence est par nature instrumentale ; elle prend toujours un caractère d’agression et vise à détruire ou soumettre ». Cette citation met en lumière le caractère intentionnel et destructeur de la violence, qui, par essence, vise à obtenir un résultat par la force. Simone Weil ajoute une perspective morale en soulignant que la violence transforme aussi bien la victime que l’agresseur : « La violence, ce pouvoir qui transforme quiconque en chose, quiconque lui est soumis ». Cela montre que la violence déshumanise ceux qui l'exercent autant que ceux qui la subissent.

II- Origine de la violence

L'origine de la violence est un sujet débattu depuis des siècles. Deux perspectives principales se distinguent : la violence comme caractéristique innée de l'humanité et la violence comme produit des circonstances sociales et culturelles.

1- Perspective innée
Certains philosophes, comme Thomas Hobbes, considèrent que l'homme est naturellement violent. Selon lui, la condition humaine dans l’état de nature est une guerre de « tous contre tous ». « L’homme est un loup pour l’homme ». Joseph de Maistre ajoute : "La main destructive de l'homme n'épargne rien ; il tue pour se nourrir, il tue pour se vêtir, il tue pour attaquer, il tue pour se défendre, il tue pour s'instruire, il tue pour s'amuser, il tue pour tuer ; il a besoin de tout, et rien ne lui résiste.” Cette vision pessimiste montre que la violence découle de l’instinct de survie et du désir de pouvoir.

2- Perspective sociale et culturelle
D'autres, comme Jean-Jacques Rousseau, soutiennent que l'homme est naturellement bon mais que la société et ses inégalités sont responsables de la violence. Il écrit : « C'est la société qui corrompt l'homme et le pousse à la violence. » Il considère que c’est la propriété privée et les rivalités sociales qui créent les conditions de la violence, et non une prédisposition naturelle.

3- Facteurs historiques et culturels
Dans une approche historique, René Girard propose la théorie du bouc émissaire. Selon lui, la violence trouve souvent son origine dans des mécanismes où les individus désirent la même chose, ce qui conduit à des conflits. La violence se déchaîne alors, et une victime expiatoire est désignée pour rétablir la paix au sein de la communauté. La violence naît donc de la rivalité entre les humains.

Conclusion
La violence, qu'elle soit perçue comme une tendance innée ou comme une construction sociale, reste une force omniprésente dans l’histoire humaine. Toutefois, il est essentiel de comprendre que la violence ne se réduit pas à un simple acte de brutalité ; elle résulte souvent de frustrations, de peurs et de désirs inassouvis. Comme le dit Albert Camus, « la violence est injuste en elle-même, elle naît d'un malheur irréparable ». La réflexion philosophique sur la violence nous invite à questionner les systèmes qui la génèrent et à envisager des alternatives non-violentes pour résoudre les conflits humains.

Avez-vous bien lu le cours ? Répondez aux questions suivantes.

1- Comment Hannah Arendt définit-elle la violence dans son œuvre De la violence ? 
A) Comme un acte de défense
B) Comme un moyen de construire la paix
C) Comme un acte de soumission et de destruction
D) Comme une forme d’expression naturelle de l’homme

2- Selon Simone Weil, qu'est-ce que la violence fait à ceux qui y sont soumis ? 
A) Elle les rend plus forts
B) Elle les transforme en choses
C) Elle les aide à surmonter leurs peurs
D) Elle les rend plus humains

3- Quelle est la vision de Thomas Hobbes sur la nature humaine ? 
A) L’homme est naturellement bon
B) L’homme est enclin à coopérer
C) L’homme est un loup pour l’homme
D) L’homme est pacifique dans l'état de nature.

4- Pour Jean-Jacques Rousseau, qu'est-ce qui corrompt l'homme et le pousse à la violence ? 
A) La religion
B) La société
C) La nature humaine
D) La technologie

5- Quelle théorie René Girard développe-t-il pour expliquer l'origine de la violence dans les sociétés ? 
A) La théorie de la violence légitime
B) La théorie de la force mimétique
C) La théorie du bouc émissaire
D) La théorie de la non-violence

6- Quel est l’élément déclencheur de la violence dans la perspective de René Girard ? 
A) La rivalité mimétique
B) La guerre entre les nations
C) La recherche du pouvoir
D) La jalousie naturelle

7- Selon Thomas Hobbes, dans quel ouvrage explique-t-il que l'homme est en guerre de "tous contre tous" ? 
A) Léviathan
B) Le Contrat Social
C) De la violence
D) La République

8- Quelle est la cause première de la violence selon Jean-Jacques Rousseau ? 
A) La propriété privée
B) La nature humaine
C) La science
D) L’inégalité sociale

9- Quelle citation exprime le mieux la perspective de Simone Weil sur la violence ? 
A) « La violence est la mère de la justice. »
B) « La violence, ce pouvoir qui transforme quiconque en chose. »
C) « La violence est l’arme des faibles. »
D) « La violence est un mal nécessaire. »

10- Quel philosophe propose l'idée que la violence est souvent liée à l'inégalité et aux conditions sociales ? 
A) Thomas Hobbes
B) René Girard
C) Jean-Jacques Rousseau
D) Albert Camus

11- Quelle affirmation est correcte selon la théorie mimétique de René Girard ? 
A) La violence est un processus biologique
B) La violence est évitable par la coopération
C) Les désirs mimétiques provoquent des conflits violents
D) La violence est toujours causée par un besoin de sécurité

Réponses aux questions :
1- C
2- B
3- C
4- B
5- C
6- A
7- A
8- A
9- B
10- C
11- C