Correction d'exercices, l'Afrique doit s'unir

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Que vous suggèrent ces propos de Kwame Nkrumah : « L’Afrique doit s'unir »?

Vous ferez une dissertation philosophique dont les grandes lignes reposent sur les articulations suivantes : Une introduction, un développement et une conclusion. (Pour les Terminales C et D, généralement on leur demande de rédiger une seule partie, et généralement le développement. Mais avant de rédiger, les élèves de ces classes devront suivre toutes les étapes.)

I-                   Travail préliminaire

1-      Définition des mots clés

-          Afrique : Continent de 30 millions de km2 situé au centre du monde et peuplé massivement par des nègres.

-          S'unir: Se mettre ensemble, mettre ensemble des forces

2-                      Reformulation du sujet : (Reformuler le sujet n’est pas remplacer les mots du sujet par les mots que vous avez définis. Reformuler le sujet c’est dire le sujet en vos propres termes. Autrement dit, si votre petit frère ou votre petite sœur vient vous demander ce que veut dire le sujet, que lui répondrez-vous ? C’est cela reformuler le sujet. C’est en quelque sorte donner le synonyme du sujet.)

Reformulation de notre sujet : Les Africains doivent former un Etat. Les Africains doivent vivre ensemble. Les Africains doivent s’entraider.

3-                      Le problème philosophique. (Après avoir reformulé le sujet, vous trouvez le problème. Le sujet n’est qu’un prétexte pour découvrir un problème philosophique et le traiter. Le problème est la question centrale du sujet. Autrement dit, c’est de quoi parle le sujet. Si je dis que: « Sali est le meilleur footballeur du monde » (mon point de vue), et que mon ami dise que Sali est un apprenti footballeur (son point de vue), tous les deux nous répondons à un problème, et ce problème c’est la performance de Sali. En disant qu’il est le meilleur, j’affirme qu’il est performant. Et quand mon ami affirme qu’il est apprenti, il estime que Sali n’est pas performant. Le problème se donne de manière déclarative. Il ne se donne pas sous forme de question.)

Problème philosophique de notre sujet. En certifiant avec vigueur que l’Afrique doit s’unir, Kwame Nkrumah donne son point de vue au problème central qui est celui de l’importance de l’unité africaine, ou plus exactement du panafricanisme. Son affirmation montre que pour lui, l’unité de l’Afrique est importante. Le problème est donc l’importance de l’unité africaine. Ceux qui parlent de la valeur de l’unité africaine n’ont pas raté.

4-                      Le plan global du sujet. Ici, l’élève trouve les parties du devoir. Il s’agit des réponses possibles au problème. En cas d’un sujet citation, la première partie est la thèse. C’est le point de vue de l’auteur par rapport au problème. On la résume en une petite phrase. En cas d’un sujet question, il est conseillé de commencer par un point de vue négatif, c’est-à-dire un point de vue qui répond négativement au problème. Mais ceci n’est pas important. L’élève peut commencer par n’importe quelle partie. Ici, il s’agit surtout de trouver la thèse, l’antithèse et la synthèse.

-          La thèse de notre sujet : La nécessité du panafricanisme

-          L’antithèse. Ce sont les limites de la thèse. Vous devez montrer que d’autres personnes n’ont pas pensé de la même manière que l’auteur. C’est la position contraire à celle de l’auteur.

Antithèse de notre sujet : Les dangers du panafricanisme

-          La synthèse. Il s’agit de montrer que la thèse et l’antithèse ne sont pas aussi opposées que cela laisse paraitre, et qu’il peut avoir un lien ou une complémentarité entre elles. Je prends un exemple. A la rentrée, papa a dit qu’on allume plus la télévision. Maman a dit que c’est plutôt le moment de laisser la télévision allumée pour cultiver les enfants. Les deux points de vue sont opposés. La synthèse est qu’on peut allumer la télévision mais réduire les heures de visionnage. A la synthèse, on peut plutôt d’explorer d’autres manières de résoudre le problème à part la thèse et l’antithèse. Si vous n’arrivez pas à faire un lien entre la thèse et l’antithèse, tentez aussi de solutionner le côté négatif. Autrement, que faut-il pour solutionner le côté négatif (thèse ou antithèse). En faisant cela on trouve facilement la synthèse. Rappelez-vous que la thèse, l’antithèse et la synthèse sont les réponses possibles au problème philosophique.

Synthèse de notre sujet : Réorientation du panafricanisme

N.B. : Pour les sujets qui mettent en relation deux termes, ne traitez pas un terme, puis un second. Dans une première partie, il est sage de montrer les points de ressemblance entre les deux termes. Dans une seconde partie, montrez les points de divergence et dans une troisième partie. Exemple : L’Etat a-t-il le monopole de la violence légitime ?

5-      La problématique : ensemble de questions qui tournent autour du problème pour mieux l’éclairer. Il est préférable de transformer les parties du plan en questions. En faisant la problématique, vous n’annoncez plus le plan. D’ailleurs, on n’annonce pas le plan lors d’une dissertation philosophique. La problématique annonce déjà le plan de votre devoir. Il y a plusieurs manières de faire la problématique. La première méthode consiste à poser deux questions. La première annonçant la thèse et l’antithèse, et la seconde annonçant la synthèse. La seconde méthode est de faire que chaque partie corresponde à une question. Certains enseignants n’aiment pas cette méthode. Mais elle est plus facile.

Problématique de notre devoir.

Méthode 1 : Si l’unité de l’Afrique est nécessaire, ne peut-elle pas aussi s’avérer dangereuse ? Ne faudrait-il pas réorienter le panafricanisme ?

 Méthode 2 : Dans quelle mesure pouvons-nous affirmer que l’unité de l’Afrique est nécessaire ? Cependant, ne peut-elle pas s’avérer dangereuse pour l’Afrique ? Comment réorienter le panafricanisme ?

6-      Plan détaillé

Thèse : La nécessité du panafricanisme

Argument: Il met les Africains à l'abri des agressions impérialistes

Citation. Cheikh Anta Diop: « Il faut faire basculer définitivement l’Afrique noire sur la pente de son destin fédéral »

Antithèse : Les dangers du panafricanisme

Argument : Elle pourra renforcer le racisme et entrainer la guerre civile

Citation : Devise de l’association des ulémas d’Algérie : « L'Algérie mon pays, l’Arabe est ma langue, l’Islam est ma religions »

Synthèse : Réorientation du panafricanisme

Argument : En la centrant sur une idéologie

Citation. Kwame Nkrumah : « Le consciencisme est l'ensemble en termes intellectuels, de l’organisation des forces qui permettront à la société africaine d’assimiler les éléments de la culture euro-chrétienne, arabo- musulmane et traditionnelles africaines présentes en Afrique, et de les organiser de manière qu'ils s’insèrent dans la personnalité africaine »

II-                La rédaction du devoir proprement dit

Il est conseillé de rédiger l’introduction et la conclusion au brouillon avant de les mettre au propre. Pour le développement, l’élève peut aller directement s’il le souhaite. En allant au brouillon il peut être confronté au problème de temps et ne pas pouvoir relire son devoir à la fin.

1-      L’introduction

Il s’agit de présenter le problème philosophique que soulève le sujet en soulevant quelques interrogations (les réponses à ces interrogations vont faire l’objet du développement). L’introduction comporte 3 principales parties :

- Amener le sujet. Il s’agit de présenter le sujet dans un contexte philosophique. On peut le faire de plusieurs manières : généralités (partir du général pour aboutir au sujet), contraste (partir d’une idée contraire à celle développée par le sujet), définition (en définissant la ou les notion(s) clé(s) du sujet), par analogie (partir d’une idée similaire à celle défendue par le sujet pour aboutir au sujet). La méthode la plus conseillée en philosophie est de le faire par contraste. Cela témoigne une grande culture philosophique de l’élève. A défaut de le faire par contraste, il est conseillé de le faire par similitude pour la même raison que la première. C’est si on ne peut pas le faire par contraste et opposition qu’on peut le faire par définition. Certains enseignants n’apprécient pas l’amène du sujet par définition des mots clés.

Introduction de notre sujet par similitude :

Cheikh Anta Diop précisait : « Il faut faire basculer définitivement l’Afrique  noire sur la pente de son destin fédéral ». Pour lui, tous les Etats d’Afrique noire doivent s’unir et constituer un Etat fédéral. Kwamé Nkrumah va dans le même sens et ne considère pas seulement l’Afrique noire, mais l’Afrique entière lorsqu’il affirme : « L’Afrique doit s’unir ». Il souligne ici la nécessité pour les africains de s’associer et former un seul Etat. Cette déclaration soulève le problème de l’importance de l’unité africaine. Si l’unité de l’Afrique est nécessaire, ne peut-elle pas aussi s’avérer dangereuse pour les Africains ? Ne faudrait-il pas réorienter le panafricanisme ?

N.B. Quand vous donnez une citation, expliquez-la en une petite phrase pour la rendre compréhensible, et pour montrer comment elle va avec le sujet. En cas de sujet citation, la citation de l’auteur vient toujours en deuxième position. Autrement dit, on n’ouvre pas la dissertation par la citation de l’auteur du sujet.

Introduction de notre sujet par définition :

L’Afrique est un continent de trente millions de km2 peuplé majoritairement par les noirs. Le verbe s’unir renvoie au fait de vivre ensemble, de s’entraider, de vivre en harmonie, de mener des projets communs. Quand Kwame Nkrumah déclare : « L’Afrique doit s’unir », il veut montrer la nécessité pour les peuples africains de vivre ensemble, de former une seule entité étatique. Il soulève en même temps le problème de l’importance de l’unité africaine. Dans quelle mesure peut-on affirmer que l’unité de l’Afrique est nécessaire ? Cependant, ne peut-elle pas s’avérer dangereuse pour les Africains ? Comment réorienter le panafricanisme ?

N.B. Il ne faut pas seulement définir les mots clés et dégager le problème philosophique. Il faut aussi savoir quitter de ces définitions pour arriver au sujet proposé, avant de poser le problème philosophique ensuite. Pour la problématique sous forme de trois questions, il est conseillé de commencer la première question par : dans quelle mesure pouvons-nous affirmer que (et vous mettez le titre de la thèse). Si l’antithèse est affirmative, alors sa question est interro-négative. Il est préférable de commencer la deuxième question par un connecteur d’opposition pour montrer qu’on s’apprête à contredire la thèse, ou à donner ses limites.

2-      Le développement

Comme vous le savez déjà, elle a trois parties : la thèse, l’antithèse et la synthèse. Il y a plusieurs manières de rédiger une partie. Nous vous conseillons de faire une petite introduction partielle où vous précisez l’idée à défendre et l’argument utilisé pour défendre cette idée. Vous allez à la ligne vous développez l’idée et vous soutenez par une citation ou un exemple. Votre devoir doit avoir au moins trois citations. Toute votre dissertation est notée sur 9 points. Donc un seul argument est suffisant. Après une partie, vous devez rédiger la transition pour passer à l’autre partie. La transition résume une partie et annonce une autre partie. Des enseignants vous diront de finir une partie, aller à la ligne, rédiger la transition et sauter une ligne pour rédiger la partie suivante. Nous vous conseillons de sauter deux lignes pour passer de l’introduction au développement et du développement à la conclusion. Au développement quand vous finissez la thèse, sautez une ligne pour faire la transition, et puis sauter une autre ligne pour commencer l’antithèse. Faites pareil pour aller à la synthèse. Ceci est dans le but d’aérer votre copie et ne pas laisser le correcteur chercher seul les parties.

Développement de notre devoir

Le panafricanisme est nécessaire dans la mesure où il met les Africains à l’abri des agressions impérialistes.

En effet, profitant de la faiblesse et de la division des Africains, les impérialistes les ont dominés. Même après leurs indépendances, cette domination a continué sous la forme du néocolonialisme. En s’unissant, les Africains seront assez forts pour résister contre les nouvelles agressions des pays impérialistes et pourront mieux conduire leur développement. Cheikh Anta Diop précise d’ailleurs : « Il faut faire basculer définitivement l’Afrique noire sur la pente de son destin fédéral. » Il souligne ici l’urgence pour les négro-africains de s’unir en un Etat fédéral pour mieux se protéger des agressions étrangères.

L’unité est certes nécessaire pour l’Afrique, mais ne peut-elle pas aussi constituer un danger pour les Africains ?

L’unité peut constituer un danger pour les Africains dans la mesure où elle peut renforcer le racisme et entrainer la guerre civile.

En effet, il y a deux grandes composantes en Afrique : les Noirs et les Arabes, sans oublier les blancs originaires d’Europe en Afrique du Sud. Il y a plusieurs langues, plusieurs systèmes politiques. Réunir tous ces éléments dans un seul Etat pourra créer des guerres civiles, des mésententes sanglantes. Certains pourront avoir l’impression d’avoir perdu leur liberté dans cette unité et engager la guerre pour la reconquérir, ce qui fragilisera l’union. Si nous considérons la devise de l’association des ulémas d’Algérie : « l’Algérie est ma patrie, l’Arabe est ma langue, l’Islam est ma religion », nous pouvons nous demander ce que cette manière de penser pourra créer dans un Etat avec plusieurs religions et plusieurs langues. Les pays avec plusieurs langues, races et religions sont souvent menacés par le racisme et les guerres civiles. Aux Etats-Unis d’Amérique, les populations noires se sentent marginalisées. Le Pakistan s’est séparé de l’Inde à cause de sa religion musulmane, après une guerre civile entre les musulmans et les hindous.

Nous venons de voir que l’unité peut en même temps être utile et dangereux pour les Africains. Comment la réorienter pour qu’elle ne soit pas un problème pour le continent ?

Nous pouvons réorienter l’unité africaine en la centrant sur une idéologie.

En fait, Kwame Nrumah avait déjà répondu à la question des différentes entités culturelles présentes en Afrique. Pour lui, pour que ces éléments puissent cohabiter sans heurts, il faut une idéologie qui les regroupe et les permet de cohabiter sans heurts. Cette idéologie, il l’a appelé le consciencisme. Il écrit à cet effet : « Le consciencisme est l'ensemble en termes intellectuels, de l’organisation des forces qui permettent à la société africaine d’assimiler les éléments de la culture euro-chrétienne, arabo- musulmane et traditionnelles africaines présentes en Afrique, et de les organiser de manière qu'ils s’insèrent dans la personnalité africaine». Le consciencisme a donc pour but de façonner une nouvelle personnalité africaine.

3-      La conclusion

Elle a quatre parties : Rappel du problème, bilan, ouverture de débat et votre position par rapport au débat. Mais la plupart de vos enseignants vous conseillent de faire trois parties, puisque en voulant ouvrir le débat vous remettez en cause tout le travail que vous avez fait. On va donc considérer une conclusion en trois parties. Au bilan, il est préférable de rappeler les trois parties du devoir, chaque partie avec son argument. Rappelez-vous qu’un enseignant peut lire juste votre introduction et votre conclusion et bien vous noter. A l’introduction vous lui dites ce que vous voulez faire dans la problématique. A la conclusion, vous lui rappelez ce que vous devez faire et comment vous avez fait.

Conclusion de notre devoir

Parvenus au terme de notre devoir qui portait sur l’importance du panafricanisme, nous avons vu dans une première partie que l’unité est nécessaire pour l’Afrique dans la mesure où elle met les africains à l’abri des menaces impérialistes. Dans une deuxième partie, nous avons vu que l’unité de l’Afrique peut se révéler dangereuse pour les Africains parce qu’elle peut accentuer le racisme. L’antagonisme de ces points de vue nous a amené à envisager dans une troisième partie la réorientation du panafricanisme en la centrant sur une idéologie. Nous pouvons conclure que malgré son côté négatif, l’unité africaine sera très bénéfique aux Africains.

III-             Le devoir sans les explications

Cheikh Anta Diop précisait : « Il faut faire basculer définitivement l’Afrique  noire sur la pente de son destin fédéral ». Pour lui, tous les Etats d’Afrique noire doivent s’unir et constituer un Etat fédéral. Kwamé Nkrumah va dans le même sens et ne considère pas seulement l’Afrique noire, mais l’Afrique entière lorsqu’il affirme : « L’Afrique doit s’unir ». Il souligne ici la nécessité pour les africains de s’associer et former un seul Etat. Cette déclaration soulève le problème de l’importance de l’unité africaine. Si l’unité de l’Afrique est nécessaire, ne peut-elle pas aussi s’avérer dangereuse pour les Africains ? Ne faudrait-il pas réorienter le panafricanisme ?

Le panafricanisme est nécessaire dans la mesure où il met les Africains à l’abri des agressions impérialistes.

En effet, profitant de la faiblesse et de la division des Africains, les impérialistes les ont dominée. Même après leurs indépendances, cette domination a continué sous la forme du néocolonialisme. En s’unissant, les Africains seront assez forts pour résister contre les nouvelles agressions des pays impérialistes et pourront mieux conduire leur développement. Cheikh Anta Diop précise d’ailleurs : « Il faut faire basculer définitivement l’Afrique noire sur la pente de son destin fédéral. » Il souligne ici l’urgence pour les négro-africains de s’unir en un Etat fédéral.

L’unité est certes nécessaire pour l’Afrique, mais ne peut-elle pas aussi constituer un danger pour les Africains ?

L’unité peut constituer un danger pour les Africains dans la mesure où elle peut renforcer le racisme et entrainer la guerre civile.

En effet, il y a deux grandes composantes en Afrique : les Noirs et les Arabes, sans oublier les blancs originaires d’Europe en Afrique du Sud. Il y a plusieurs langues, plusieurs races et plusieurs systèmes politiques. Réunir tous ces éléments dans un seul Etat pourra créer des guerres civiles, des mésententes sanglantes. Certains pourront avoir l’impression d’avoir perdu leur liberté dans cette unité et engager la guerre pour la reconquérir, ce qui fragilisera l’union. Si nous considérons la devise de l’association des ulémas d’Algérie : « l’Algérie est ma patrie, l’Arabe est ma langue, l’Islam est ma religion », nous pouvons nous demander ce que cette manière de penser pourra créer dans un Etat avec plusieurs religions races et langues. Les pays avec plusieurs langues et religions sont souvent menacés par le racisme et les guerres civiles. Aux Etats-Unis d’Amérique, les populations noires se sentent marginalisées. Le Pakistan s’est séparé de l’Inde à cause de sa religion musulmane, après une guerre civile entre les musulmans et les hindous.

Nous venons de voir que l’unité peut en même temps être utile et dangereux pour les Africains. Comment la réorienter pour qu’elle ne soit pas un problème pour le continent ?

Nous pouvons réorienter l’unité africaine en la centrant sur une idéologie.

En fait, Kwame Nrumah avait déjà répondu à la question des différentes entités culturelles présentes en Afrique. Pour lui, pour que ces éléments puissent cohabiter sans heurts, il faut une idéologie qui les regroupe et leur permet de cohabiter sans heurts. Cette idéologie, il l’a appelé le consciencisme. Il écrit à cet effet : « Le consciencisme est l'ensemble en termes intellectuel, de l’organisation des forces qui permettent à la société africaine d’assimiler les éléments de la culture euro-chrétienne, arabo- musulmane et traditionnelles africaines présentes en Afrique, et de les organiser de manière qu'ils s’insèrent dans la personnalité africaine». Le consciencisme a donc pour but de façonner une nouvelle personnalité africaine.

Parvenus au terme de notre devoir qui portait sur l’importance du panafricanisme, nous avons vu dans une première partie que l’unité est nécessaire pour l’Afrique dans la mesure où elle met les africains à l’abri des menaces impérialistes. Dans une deuxième partie, nous avons vu que l’unité de l’Afrique peut se révéler dangereuse pour les Africains parce qu’elle peut accentuer le racisme. L’antagonisme de ces points de vue nous a amené à envisager dans une troisième partie la réorientation du panafricanisme en la centrant sur une idéologie. Nous pouvons conclure que malgré son côté négatif, l’unité africaine sera très bénéfique aux Africains.