Correction d'épreuves. Philosophie Tle A4
Partie A: Évaluation des ressources
Commentons le texte de Njoh Mouelle
Travail préliminaire
Thème : le temps dans le style de vie moderne
Problème : L'impact du temps sur l'homme dans la vie moderne
Thèse : Dans le style de vie moderne, le temps est devenu harcelant."
Art 1: Le temps prive l'homme du loisir de décider des tâches à accomplir et du temps de leur accomplissement
Art 2: Le temps prive l'homme de l'initiative créative
Conclusion : En perdant l'initiative créative, l'homme succombe à la servitude du temps
Réfutation
Idée : L'homme reste maître du temps dans la vie moderne
Arg: C'est l'homme qui organise son temps
RIT
Se servir de son temps, maîtriser le temps, nous libérer de la servitude du temps, reprendre notre initiative créative.
Sujet rédigé
Le texte soumis à notre analyse est tiré de l'oeuvre De la médiocrité à l'excellence publiée en 1998 aux éditions Clé. Son auteur est Ebenezer Njoh Mouelle. Notre texte à commenter est axé sur le temps dans le style de vie moderne et soulève le problème de l'impact du temps sur l'homme dans la vie moderne. L'auteur soutient la thèse selon laquelle "dans le style de vie moderne, le temps est devenu harcelant". Mais dans ce style de vie, l'homme n'est-il pas le maître de son temps ?
Njoh Mouelle soutient la thèse selon laquelle le temps est devenu harcelant dans le style de vie moderne. Il montre en première partie de son texte que le temps prive l'homme du loisir de décider des tâches à accomplir et du temps de leur accomplissement. Dans une deuxième partie, il montre que le temps prive l'homme de l'initiative créative. Il conclut en précisant qu'en perdant l'initiative créative, l'homme succombe à la servitude du temps.
En affirmant que le temps est harcelant pour l'homme dans le style de vie moderne, Njoh Mouelle semble oublier que c'est l'homme qui est maître de son son temps, car il organise le temps comme il pense. C'est lui décide des tâches à accomplir et le temps pour l'accomplir. Il peut décider de prendre des repos s'il le souhaite.
Malgré la critique formulée, ce texte nous interpelle sur l'action du temps sur nous. Il nous amène à nous libérer de la servitude du temps et reprendre notre initiative créative, pour mieux contribuer à l'épanouissement de notre société.
En définitive, notre texte posait le problème de l'impact du temps sur l'homme dans le style de vie moderne. Nous avons vu avec Njoh Mouelle que le temps est harcelant dans le style de vie moderne. Mais nous avons aussi vu que dans ce style de vie, l'homme reste maître de son temps. Ce texte nous interpelle à nous libérer de la servitude du temps.
Partie B: Évaluation des compétences
Sujet: Que vous suggèrent ces propos de Basile Juliat Fouda : "Il faut entrer dans la vie mondiale en restant africain"?
Définition des mots clés
Entrer dans la vie mondiale : s'ouvrir aux autres entrer en contact avec les autres, interagir avec les autres peuples, entrer dans la mondialisation
Restant africain: gardant sa culture, conservant ses valeurs
Reformulation
Il faut entrer dans la mondialisation en gardant ses valeurs. Il faut s'ouvrir aux autres en conservant sa culture. Il ne faut pas être assimiler quand on entre en contact avec les autres peuples.
Problème
La manière d'entrer dans la vie mondiale
Plan global
I- Il faut entrer dans la vie mondiale en restant africain
III- Il faut s'occidentaliser fondamentalement
III- Il faut pratiquer le syncrétisme
Problématique
Dans quelle mesure pouvons-nous affirmer avec Basile Juliat Fouda que nous devons entrer dans la mondialisation en gardant notre culture ? Cependant, ne serait-il pas mieux de s'occidentaliser fondamentalement ? Ne faudrait-il pas au final pratiquer le syncrétisme culturel dans la vie mondiale ?
Plan détaillé
I- Il faut entrer dans la vie mondiale en restant africain
Arg: La culture est la manière de concevoir le monde d'un peuple
Citation Édouard Herriot : "La culture, c'est ce qui demeure dans l'homme lorsqu'il a tout oublié"
II- Il faut s'occidentaliser fondamentalement
Arg: Pour devenir incolonisable par l'autre
Citation. Marcien Towa : "Pour s'affirmer, pour s'assumer, le soi doit se nier, nier son essence et donc aussi son passé."
III- Il faut pratiquer le syncrétisme
Arg: en cherchant ce qui est bien chez l'autre et chez nous pour façonner une culture hybride
Citation. Cheikh Hamidou Kane: "L'école où je pousse nos enfants tuera en eux ce qu'aujourd'hui nous aimons et conservons avec soin, à juste titre".
Sujet rédigé
Malraux, considérant l'importance de la culture, estime que la culture est un des fondamentaux de l'homme. Il écrit : " la culture est ce qui fait de l'homme autre chose qu'un accident de la nature." Allant dans le même sens, Basile Juliat Fouda déclare: " Il faut entrer dans la vie mondiale en restant africain." Autrement dit, il ne faut pas être assimilé quand on entre en contact avec d'autres peuples. Cette affirmation pose le problème de la manière d'entrer dans la vie mondiale. Dans quelle mesure pouvons-nous affirmer que nous devons nous ouvrir au monde en restant africain ? Cependant, ne devons-nous pas nous occidentaliser fondamentalement au contact des autres? Ne serait-il pas plus utile de pratiquer le syncrétisme culturel?
Nous devons entrer dans la vie mondiale en conservant notre culture, car la culture est la manière de concevoir le monde d'un peuple.
En effet, chaque culture est fonction d'un milieu naturel précis, et chaque peuple a une culture, qui est sa manière de voir le monde, de se comporter, d'agir. Si l'africain arrive dans la mondialisation en perdant sa culture, il sera un égaré. Il aura perdu sa manière propre de voir le monde, pour le voir avec le regard des autres, qui n'est pas adapté à ses réalités. C'est cette importance de la culture qui a amené Édouard Herriot à déclarer : "La culture, c'est ce qui demeure dans l'homme lorsqu'il a tout oublié."
L'africain doit donc s'ouvrir aux autres en conservant sa culture. Mais ne doit-il pas aussi s'occidentaliser ?
Au contact des autres, l'africain doit s'occidentaliser pour devenir incolonisable par l'autre.
En fait, Marcien Towa estime que lors de l'affrontement entre l'Europe et l'Afrique, si l'Afrique a perdu, c'est parce que sa culture n'a supporter celle de l'Europe. Conserver notre culture c'est maintenir la faille qui a fait notre faiblesse. Il conseille de nous renier pour adopter la culture de l'occident afin que, ayant la même culture que lui, il ne puisse plus nous coloniser. Il déclare : "Pour s'affirmer, pour s'assumer, le soi doit se nier, nier son essence et donc aussi son passé."
D'une part il nous faut donc nous ouvrir au monde en conservant notre culture, et d'autre part nous devons nous occidentaliser fondamentalement. Ne faudrait-il pas au final pratiquer le syncrétisme culturel ?
l'Afrique peut s'ouvrir aux autres peuples en pratiquant le syncrétisme culturel en cherchant ce qui est bien dans sa culture et dans celle des autres pour façonner une culture hybride.
En effet, chaque culture a des éléments positifs et négatifs. Nous devons donc chercher ce qui est positif ailleurs pour renforcer notre culture. Kwame Nkrumah propose le consciencisme, qui est un mélange des éléments culturels euro-chretiens, arabo-musulmans et traditionnelles africaines pour façonner une idéologie qui s'insère dans la personnalité africaine. Allant dans le même sens d'hybridation culturel, Cheikh Hamidou Kane écrit : " L'école où je pousse nos enfants tuera en eux ce qu'aujourd'hui nous aimons et conservons avec soin, à juste titre."
En somme, notre devoir portait sur la manière d'entrer dans la vie mondiale. Pour mieux le circonscrire, nous avons montré en première partie que nous devons entrer dans la vie mondiale en restant nous même dans la mesure où la culture est la manière de concevoir le monde d'un peuple. Mais dans une deuxième partie, nous avons montré qu'on peut arriver dans la mondialisation en s'occidentalisant, pour ne plus être colonisable par l'autre. La confrontation entre ces deux idées nous a amené à envisager en troisième partie de faire un syncrétisme culturel, en cherchant ce qui est bien chez l'autre pour mettre dans notre propre culture. Pour nous, le syncrétisme serait le meilleur moyen pour l'africain actuellement de s'ouvrir au monde.


