Exercice commentaire composé 1ère A4

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BITALA : (Essayant de se relever, les gardes le maintiennent à genoux). Inutile, Majesté. D’ailleurs il n’y a pas de témoins. Tu peux croire tes gardes. Ils n’ont point menti. Oui Majesté, j’ai contemplé la jeune épouse de l’honorable conseiller alors qu’elle se baignait. Mais je n’ai obéi qu’à un instinct qui n’est pas facile à réprimer, vous le savez bien. Je reconnais que j’ai désobéi à la loi ; mais je reconnais aussi que nous avons en nous quelque chose d’animal dont il est difficile de se défaire. D’ailleurs le garde qui m’a arrêté, n’est-il pas resté un bon moment à regarder, lui aussi ? Mais évidemment lui, il est garde de sa Majesté et moi un simple citoyen. La loi ne le concerne pas tandis qu’elle existe pour moi. Par ailleurs il a vingt ans. Je n’en ai que seize. Majesté, je ne cherche pas à me disculper ; je dis tout simplement les choses telles que je les vois et les pense. J’ai tort et personne ici ne peut prétendre le contraire. Mais pour en venir aux accusations de ton honorable conseiller Bobolo, je lui dirai qu’à part ce délit, je n’en ai point commis d’autres. Cependant, je sais, toute la jeunesse et tout le monde à Koka-Mbala, même toi, Majesté, le savent, que son propre fils, âgé seulement de quinze ans, a commis deux viols pour lesquels rien n’a été dit. Pourquoi ? Des têtes de sages comme les vôtres n’ont pas besoin qu’on le leur explique. Majesté, notables, encore une fois, je suis coupable, mon sort est entre vos mains.
BOBOLO : Majesté, je proteste contre la procédure que l’on veut instaurer ici aujourd’hui. Depuis quand l’inculpé prend-il la parole avant les juges ? Depuis le début de cette séance j’ai déjà noté deux irrégularités très importantes. D’abord sa Majesté a présenté le délinquant tout en essayant de le protéger et maintenant elle lui permet de parler avant les notables. Où veut-on en venir ? Pourquoi cherche-t-on à passer outre le règlement en vigueur ? Qui veut-on attendrir ici et pour quelle raison ? Pour quel intérêt ? Après la violation presque quotidienne de nos lois sacrées, permettra-t-on à ces jeunes gens de nous marcher sur les pieds et de ne point respecter nos têtes si dignes de vénération ? Jamais ! En tout cas pas aussi longtemps que mes narines humeront l’air de Koka-Mbala.

Guy Menga, La Marmite de Koka-Mbala, Yaoundé, Éditions CLÉ, 1966, Acte I, scène 4. 
          Sans dissocier le fond de la forme, vous ferez de ce texte un commentaire composé. En vous appuyant sur la didascalie, les répliques, les types de phrase, les champs lexicaux, etc., vous pourrez montrer, si vous le voulez, comment les aveux de Bitala suscitent le mécontentement de Bobolo.