Les sciences humaines
Introduction
Les sciences humaines se distinguent par leur objet d'étude : l'homme et ses sociétés. Cet objet est particulièrement complexe, car il est multiple, changeant et influencé par des variables culturelles, historiques et psychologiques. Contrairement aux sciences exactes, qui traitent d'objets matériels plus stables, les sciences humaines s'efforcent de saisir la vérité à travers des phénomènes sociaux, culturels et individuels, souvent « ondoyants et divers », pour reprendre une expression de Montaigne. Cette nature mouvante de l’objet d’étude soulève une question centrale : peut-on se fier à la vérité que produisent les sciences humaines ?
I- L'objet des sciences humaines : un objet instable et diversifié
Les sciences humaines traitent de phénomènes qui, par nature, ne sont jamais figés. Les comportements humains, les institutions sociales, les cultures et les valeurs évoluent constamment dans le temps et varient selon les contextes. Cette complexité rend l'approche des sciences humaines particulièrement difficile. Comment, alors, ces disciplines peuvent-elles prétendre à la vérité ?
1- Un objet changeant dans le temps et l’espace Contrairement à la matière physique, qui obéit à des lois stables, l'homme évolue dans un environnement historique, culturel et social en perpétuelle transformation. Par exemple, la notion de justice diffère d'une époque à l'autre et d'une société à l'autre. Les sciences humaines doivent donc composer avec la relativité des valeurs, des normes et des comportements. Paul Valéry écrivait : " Tout ce qui est humain est, par définition, soumis au changement."
2- L’interprétation des phénomènes sociaux Les sciences humaines s’efforcent de comprendre le sens des actions humaines, mais elles ne peuvent souvent pas offrir de vérité universelle et intemporelle, comme le font les sciences exactes. Chaque phénomène est interprété à la lumière de son contexte, ce qui explique la diversité des théories proposées par les sociologues, anthropologues, historiens... Kant écrit : « L’homme est une énigme pour lui-même. »
3- Le risque du relativisme
Certains critiques soulignent que la vérité en sciences humaines est éphémère ou relative, puisqu'elle dépend des contextes culturels ou historiques étudiés. Ainsi, ce qui est vrai dans une société peut ne plus l’être dans une autre. Le relativisme menace donc la capacité des sciences humaines à atteindre une vérité universelle. Michel Foucault déclare : « Toute société a la vérité qu’elle mérite. »
En plus, le chercheur et son objet d'étude sont de même nature. Ce sont tous les hommes. Le chercheur y met toujours son point de vue personnel (sa subjectivité). Il y a des réalités qu'il décide de taire ou de modifier pour certaines considérations sociales et personnelles. Cette réalité a pour conséquence de rendre la vérité des sciences sociales illusoire. John Locke, allant dans le même sens, affirme que seule l'expérience peut établir une connaissance : "l'expérience : c'est là le fondement de toutes nos connaissances."
II- Les méthodes des sciences humaines : un chemin vers la vérité
Les sciences humaines utilisent une pluralité de méthodes pour approcher leur objet d’étude, et c’est cette rigueur méthodologique qui leur permet de tendre vers la vérité. Ces méthodes peuvent se diviser en deux grandes catégories : les méthodes qualitatives et les méthodes quantitatives.
1- Les méthodes qualitatives
Les méthodes qualitatives sont principalement utilisées pour comprendre des phénomènes complexes et souvent subjectifs. Elles incluent des études de cas, des entretiens, des observations directes, et des analyses de discours ou de textes. Ces méthodes permettent d'explorer en profondeur des comportements ou des structures sociales particulières, souvent dans des contextes spécifiques. En anthropologie par exemple, l’observation participante permet de s’immerger dans une culture pour mieux comprendre les pratiques et croyances locales. Clifford Geertz écrit : « Comprendre, c'est à la fois saisir l'autre dans sa différence et dans ce qu'il partage avec nous. »
2- Les méthodes quantitatives
Les méthodes quantitatives, quant à elles, s’appuient sur la collecte de données chiffrées, souvent à travers des sondages, des enquêtes, des statistiques, ou encore des expérimentations en psychologie. Ces méthodes visent à généraliser des comportements ou des phénomènes à une échelle plus large, en identifiant des régularités à travers l’analyse de grands échantillons. En sociologie, une enquête sur les niveaux de vie dans une société peut révéler des inégalités économiques structurelles en fonction de l’origine sociale des individus. Pierre Bourdieu affirme : " Les statistiques, loin de tout figer, permettent de mettre en lumière des tendances profondes."
Brièvement, la méthode qualitative étudie des cas individuellement, tandis que la méthode quantitative étudie les cas collectivement.
3- La complémentarité des méthodes
Les sciences humaines combinent souvent ces deux types de méthodes pour offrir une compréhension plus complète des phénomènes étudiés. L’approche qualitative permet d’explorer des cas spécifiques en profondeur, tandis que les méthodes quantitatives permettent de tester la validité de ces observations sur de plus grands ensembles. En psychologie sociale, une étude peut d’abord explorer les motivations des individus dans un groupe à travers des entretiens (méthode qualitative), avant de les tester sur un échantillon plus large via des questionnaires (méthode quantitative). Edgar Morin écrit : « La diversité des méthodes en sciences humaines n'est pas un handicap, mais une richesse qui permet d’appréhender la complexité de l’homme. »
4- L'herméneutique et l'interprétation
En sciences humaines, la recherche de la vérité passe souvent par l'herméneutique, c'est-à-dire l'interprétation des phénomènes humains, des textes ou des discours. Contrairement aux sciences de la nature, où l’on cherche à expliquer par des lois universelles, les sciences humaines tentent d’attribuer du sens aux actions et aux événements. En histoire par exemple, l'analyse de documents anciens nécessite une contextualisation et une interprétation des intentions de leurs auteurs. Wilhelm Dilthey déclare: « L'interprétation est l'essence même des sciences humaines. »
III- Peut-on se fier à la vérité des sciences humaines ?
Malgré la diversité et la mouvance de leur objet, les sciences humaines ne renoncent pas à la quête de vérité. Mais cette vérité se distingue de celle des sciences de la nature. En effet, là où la physique cherche des lois universelles, les sciences humaines cherchent à comprendre et à expliquer des phénomènes spécifiques à des contextes particuliers.
1- La vérité comme construction contextuelle
En sciences humaines, la vérité est souvent contextuelle. Les théories sociologiques, par exemple, sont souvent valables dans certaines configurations sociales, mais ne s’appliquent pas universellement. Cela ne signifie pas pour autant que ces sciences ne produisent pas de vérités. Elles atteignent des formes de vérités partielles et conditionnelles, adaptées à l’époque et aux lieux étudiés. Comme exemple, l’analyse marxiste des rapports de production est pertinente pour comprendre les sociétés industrielles du XIXe siècle, mais nécessite des ajustements pour rendre compte des sociétés post-industrielles actuelles. Comme le précisait Pierre Bourdieu : « La vérité est une conquête, non un don. Elle s’obtient à force de luttes. »
2- Les méthodes rigoureuses : un chemin vers la vérité
Les sciences humaines adoptent des méthodes rigoureuses pour approcher la vérité, malgré l'instabilité de leur objet d’étude. Les enquêtes sociologiques, les analyses psychologiques ou encore les études historiques s’appuient sur des données vérifiables et des observations minutieuses. La multiplication des études et des perspectives permet ainsi de mieux cerner la réalité humaine, même si cette réalité est complexe et changeante. L'anthropologie comparée, à travers ses études ethnographiques, montre que certaines vérités humaines peuvent être partagées entre cultures, même si leurs manifestations diffèrent. Clifford Geertz une fois de plus affirme : « La pluralité des perspectives est ce qui nous permet d’approcher le réel dans sa diversité. »
3- La vérité subjective et objective en sciences humaines
Les sciences humaines naviguent entre deux pôles : la subjectivité des acteurs humains, qui sont toujours porteurs de valeurs et de croyances, et l’objectivité que le chercheur tente d’atteindre à travers ses méthodes d’analyse. La vérité dans les sciences humaines est donc souvent un équilibre entre l’objectivité recherchée et la subjectivité inévitable des acteurs sociaux. Pierre Bourdieu reprécise : « Nous devons être conscients que nos analyses sont toujours situées, mais cela ne nous empêche pas d’atteindre des vérités valables. »
Conclusion
Les sciences humaines, malgré l’instabilité de leur objet d’étude, ne sont pas condamnées au relativisme. Elles proposent une forme de vérité, certes contextuelle et évolutive, mais qui demeure précieuse pour comprendre les sociétés humaines. Grâce à leurs méthodes rigoureuses et à leur approche critique, elles permettent d’approcher la vérité de manière plurielle, tout en reconnaissant la complexité et la diversité des phénomènes humains.
Avez-vous bien lu ce cours ? Répondez aux questions suivantes
1- Quel est l’objet d’étude principal des sciences humaines ?
A) Les phénomènes naturels
B) L’homme et ses sociétés
C) Les lois universelles de la nature
D) Les principes mathématiques
2- Pourquoi dit-on que l’objet des sciences humaines est "ondoyant et divers" ?
A) Parce qu’il est figé dans le temps et l’espace
B) Parce qu’il varie selon les époques et les cultures
C) Parce qu’il est défini par des lois immuables
D) Parce qu’il est trop simple à comprendre
3- Quel philosophe affirme que "l’homme est une énigme pour lui-même" ?
A) Emmanuel Kant
B) Paul Valéry
C) Michel Foucault
D) Edgar Morin
4- Quel est le principal danger des sciences humaines selon certaines critiques ?
A) Le relativisme
B) L’objectivité excessive
C) Le manque de données
D) L’incapacité à produire des connaissances
5- Quelle méthode en sciences humaines permet d’analyser en profondeur un phénomène particulier ?
A) La méthode quantitative
B) L’expérimentation en laboratoire
C) L’observation participante
D) L’utilisation des algorithmes
6- Quel penseur associe la quête de vérité avec une "conquête" plutôt qu’un "don" ?
A) Wilhelm Dilthey
B) Clifford Geertz
C) Pierre Bourdieu
D) Michel Foucault
7- Quels types de méthodes sont principalement utilisés pour quantifier les comportements humains dans les sciences humaines ?
A) Les méthodes qualitatives
B) Les études de cas
C) Les entretiens
D) Les sondages et statistiques
8- Quel concept est central pour la méthode herméneutique en sciences humaines ?
A) L’interprétation
B) L’objectivité
C) La quantification
D) L’expérience
9- Pourquoi la vérité en sciences humaines est-elle souvent qualifiée de contextuelle ?
A) Parce que les phénomènes sociaux sont fixes
B) Parce qu’elle s'applique universellement
C) Parce qu’elle dépend du contexte social et historique étudié
D) Parce qu’elle ne peut jamais être déterminée
10- Quelle méthode permet de généraliser des observations à plus grande échelle en sciences humaines ?
A) L’analyse de discours
B) Les méthodes quantitatives
C) L’analyse qualitative
D) L’observation participante
Réponses aux questions :
1- B
2- B
3- A
4- A
5- C
6- C
7- D
8- A
9- C
10- B

Yemele Fometio
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